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Littérature


CHAPITRE 2

Publié par François d'Auberoche sur 22 Septembre 2014, 14:02pm

CHAPITRE 2

Sous une pluie battante, Galaad arrêta Bowmore, son cheval, devant l’auberge du sanglier rieur dont l’enseigne, une hure hilare, se balançait au-dessus de sa tête. Il sauta prestement à bas de sa monture et confia les rênes à un domestique qui s’abritait sous le porche.

  • Occupe-toi de mon cheval et de mon mulet, je te prie, dit le paladin au valet en lui lançant une piécette en bronze. Je vais voir s’il y a une chambre libre et je te rejoins aux écuries.

Sans attendre de réponse, Galaad courut aussitôt se mettre à l’abri dans l’auberge. Celle-ci était noire de monde et bruissante de conversations, mais un silence de mort se fit à son entrée. Tous les clients se retournèrent pour le dévisager.

Une jolie servante le vit et se dirigea vers lui immédiatement, avec un sourire enjôleur.

  • Bonsoir, bel inconnu. Sois le bienvenu, roucoula-t-elle. Tu trouveras ici tout ce dont tu as besoin.
  • Bonsoir, beau chevalier, minauda une deuxième servante, toute mignonne elle aussi. Que cherches-tu ?
  • Bonsoir demoiselles, répondit Galaad en rougissant. Je cherche une chambre et un bon souper.
  • C’est tout ? demanda la première avec une moue ravissante.

« Et ça continue ! Vivement que je trouve ce sacré Graal de malheur. » soupira Galaad.

  • Ségolène et Mégane, arrêtez de parler avec le premier venu ! lança un homme gras, au ventre ceint d’un tablier, qui devait être l’aubergiste. A part tremper mon auberge, qu’est-ce qu’il veut celui-là ?
  • Salut l’ami, le salua Galaad. As-tu une chambre pour la nuit ? Et un bon souper pour un voyageur affamé.
  • Je ne suis pas ton ami, étranger, lui fut-il répondu. Qui es-tu ?
  • Je suis Galaad de Tintagel, chevalier de la table ronde, envoyé spécial de feu le roi Arthur pour retrouver le Saint Graal, lança-t-il d’une voix forte.

Aussitôt plusieurs clients se levèrent et l’entourèrent.

  • Un pays ! s’exclamèrent-ils. Bienvenue chez nous.
  • Comment va la Bretagne ? demanda l’un d’entre eux.
  • Et les envahisseurs ? questionna un autre. Arrive-t-on à les repousser ?
  • L’aubergiste va te donner sa meilleure chambre, affirma un autre. Pas vrai, Quatregros ?
  • Bien sûr, pour un pays, il y a toujours une bonne chambre, affirma ce dernier. Je t’avais pris pour un Franc, excuse-moi. Tu es trempé, je vais te faire monter tout de suite un bain chaud. On te servira ensuite un festin de roi. Après, tu pourras te distraire tout ton soûl. As-tu une monture ?
  • Oui, répondit Galaad. Un cheval et un mulet, je les ai confiés à un valet qui est dehors. Je vais aller les voir et je reviens.
  • Va prendre ton bain d’abord, répondit l’hôtelier. Tu viendras nous rejoindre après. Je vais donner des ordres pour qu’on s’occupe de tes bêtes et que tes bagages soient montés dans ta chambre.
  • Je vous prie de m’excuser Messires, dit Galaad en se dirigeant vers la porte. Je vais donner à votre valet des conseils pour ne pas se faire mordre par mes montures, je me lave et je reviens vous trouver.
  • Prends ton temps. Nous t’attendons, Galaad.
  • Ségolène ! cria Quatregros. Montre au chevalier où est l’écurie. Pendant qu’il y sera, prépare avec Mégane la meilleure chambre. Que l’on monte tout de suite un grand cuveau, de l’eau chaude en quantité, du savon, des brosses, des serviettes, etc. Traitez-le bien. C’est un hôte de marque.

Galaad sortit en suivant la servante, il entendit en passant la porte un consommateur ronchonner :

  • Toujours pareil. On bichonne des étrangers qui ne sont même pas du pays.

Pendant que la conversation reprenait dans la salle, Galaad arriva à l’écurie où il vit que l’on s’occupait déjà de ses montures. Il aida les valets à les bouchonner et à les nourrir. Ensuite, il les caressa, les borda, leur fit un petit bisou et quitta l’écurie. Il rentra dans l’auberge, se fit indiquer sa chambre et monta l’escalier.

Il trouva la chambre facilement, une noria de domestiques y montait de grands seaux d’eau chaude, pour remplir un immense cuveau, tapissé intérieurement d’un fin drap de lin.

Quand il fut seul, le chevalier se déshabilla et se glissa dans l’eau, délicieusement chaude. La porte s’ouvrit et deux énormes femmes entrèrent. Elles avaient l’allure de deux catcheurs sur le retour. Avec leurs moustaches de phoque, leurs bajoues énormes, leurs bras comme des cuisses et leurs seins hypertrophiés, il était difficile de voir en elles des femmes. Pour la première fois de sa vie Galaad, le valeureux combattant, découvrit la peur.

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