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Littérature


Suite du deuxième chapitre

Publié par François d'Auberoche sur 24 Septembre 2014, 17:15pm

Suite du deuxième chapitre

Galaad l’ignora et tenta d’amener la conversation sur la météo pour éviter des disputes.

  • En tout cas, aujourd’hui, il fait beau. Il y a juste un peu de crachin.
  • C’est bien un Breton ! s’exclama Kerozen, un des clients. Trouver ce temps de chien, splendide, et cette pluie torrentielle, du crachin !
  • Quel été pourri ! râla Almanac’h, un autre consommateur.
  • Dans ma jeunesse, il faisait toujours beau, grogna Abiven, un troisième habitué.
  • Si on parlait plutôt d’autre chose, fit remarquer Anorac’h, un autre client. Les Bretons pourront-ils un jour bouter les Angles hors de Bretagne ?
  • Jamais, je le crains. Arthur a joué sa dernière carte en envoyant plusieurs chevaliers de la table ronde, dont moi-même, à la recherche de la solution miracle. Mais nous n’avons toujours pas trouvé.
  • Quelle solution ?
  • Arthur pensait que si nous ramenions le Saint Graal, le vase qui a contenu le sang du Christ, celui-ci nous aiderait à vaincre.
  • Et où est ce vase ?
  • C’est ce que je cherche depuis un temps fou. J’ai parcouru toute la Bretagne à travers les lignes saxonnes et la Calédonie, en fouillant toutes les îles, je n’ai rien trouvé. Je suis allé en Erin, là aussi rien du tout. L’Armorique est ma dernière chance.
  • Mais ailleurs ? A Soissons, par exemple, pourquoi n’y vas-tu pas ? Il y a des vases.
  • Parce que j’ai des renseignements m’assurant que j’aurai de ses nouvelles dans la forêt de Brocéliande.
  • Et tu comptes y aller ? demanda Abiven, affolé.
  • Bien sûr.
  • Tu es complètement fou. Kerozen, viens ici et explique à ce jeune homme ce qu’est la forêt de Brocéliande.
  • Pourquoi, c’est un conteur ? Il cherche des renseignements pour écrire un conte fantastique ? demanda Kerozen.
  • Non, ce dingue veut y aller.
  • Aïe, Aïe, Aïe. Le pauvre. Tu veux te suicider, jeune homme ?
  • Pas du tout, je dois y aller.
  • Eh bien, tout est foutu si les autres chevaliers sont aussi dingues que toi, commenta Almanac’h. Kerozen, convaincs-le de ne pas y aller, que la Bretagne ne perde pas un guerrier pour rien.
  • Almanac’h a raison, répondit Kerozen. C’est facile. C’est la forêt de tous les contes, de la magie, des sortilèges et des monstres. Là-bas tout est possible : les animaux et les choses peuvent te parler et te terroriser. Il y a des ogres, des goules, des dragons, des sorcières, des elfes, des korrigans, des nains, des fantômes, que sais-je encore. Même les arbres sont enchantés et maléfiques. En cinq minutes, il ne restera que tes os, et encore. Tu veux toujours la visiter cette forêt, maintenant ?
  • Ce n’est pas que je veuille, mais je dois.
  • Mais, pense à ta pauvre mère, à ton roi, à ta femme, qui vont te pleurer, insista Anorac’h.
  • Je suis orphelin, mon roi est mort et je suis célibataire. Je le fais pour la Bretagne. J’irai demain.
  • Mais ce n’est pas possible d’être têtu comme ça, lui dit Kerozen. C’est vrai que tu es Breton, mais là tu dépasses les bornes. Ségolène et Mégane ! cria-t-il, venez ici.
  • Oui, on nous demande ? répondirent les servantes en ondulant leurs hanches pour avancer.
  • Ce pauvre gars va mourir demain. Offrez-lui une nuit merveilleuse, des danses, des chants et même des baisers. Un condamné à mort a droit à un peu de chaleur humaine avant son trépas.
  • Oh, le pauvre chou ! s’exclama Ségolène. C’est cette méchante reine qui t'a condamné ?

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