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Littérature


Suite du deuxième chapitre

Publié par François d'Auberoche sur 23 Septembre 2014, 10:51am

Suite du deuxième chapitre
  • C’est toi le sieur Lagalade ? demanda la plus jeune qui aurait pu être sa grand-mère.
  • Presque. Moi c’est Galaad, ma brave dame. Que viens-tu faire céans ?
  • Te laver, tiens, c’te bonne blague, lui répondit-elle en retroussant ses manches sur des biceps d’haltérophile. C’est nous qui lavons les clients de l’auberge.
  • Mais je peux me laver tout seul, protesta le héros.
  • Ben voyons ! Tu peux te frotter le dos toi ? Tu ne peux pas te laver comme nous on va faire, insista l’autre dame qui était la jumelle de l’une. Nous, on est des spécialistes du lavage, tu vas être propre comme un sou neuf.
  • Bon, puisqu’il le faut, allez-y.
  • Où qui sont tes vêtements ? demanda l’une.
  • Sur le tabouret devant la cheminée, ma brave dame.
  • Bien. T’en as d’autres, des propres ?
  • Oui, pourquoi ?
  • Parce que je vais donner ceux-là à laver, mais, même devant le feu, y faudra du temps pour les sécher. Alors, tu mettras les autres tout à l’heure. Bon j’y va et je reviens aussitôt, dit-elle en emportant les vêtements du chevalier.
  • Bon, moi je mouille, dit la première en versant une gigantesque cruche d’eau sur la tête du petit baigneur.

Ensuite, les deux catcheuses se mirent au travail. Elles savaient laver, il fut oint d’un savon de très bonne qualité, certainement préparé avec de la bonne graisse de chèvre mélangée à des cendres fines de bouleau. Le savon ne piquait pas les yeux et moussait abondamment, ce qui préservait la pudeur du jeune héros. Les dames, en revanche, frottaient fort, surtout avec les brosses. Pas un pouce de son corps n’échappa à leurs mains expertes ni, surtout, aux poils des brosses en chiendent.

Il fut ensuite plongé dans le cuveau, noyé et rincé. Elles le sortirent du bain juste avant l’asphyxie, l’enveloppèrent de linge fin et le frictionnèrent. Une fois bien sec, elles l’astiquèrent au gant de crin, le briquèrent et le grattèrent pour le rendre bien rouge et le jetèrent sur le lit.

Il fut alors enduit d’une huile douce et massé avec la délicatesse d’un rouleau compresseur. Galaad s’attendait à chaque instant à ce qu’un bras se détache ou qu’un muscle ne s’arrache, mais il tint le choc. Au final, la plus mince l’immobilisa par une clef au bras, tandis que la plus forte entreprenait de lui marcher sur la colonne vertébrale.

  • Ne gueule pas, p’tiot, c’est pour ton bien, lui fut-il recommandé.
  • Mais je vais me casser.
  • Raconte pas de bêtises. Ça n’arrive qu’une fois sur deux. Le pauv' gars il est infirme mais ses muscles sont dénoués, rigola la marcheuse qui se mit à tenter d’arracher ses vertèbres cervicales avec les orteils.

Curieusement, quand ce fut fini, Galaad se sentit bien mieux.

  • Ouf, soupira-t-il. Ça fait du bien quand ça s’arrête.
  • On te l’avait bien dit, c’est pour ça qu’on le fait, approuva la plus mince en lui donnant une gigantesque claque sur les fesses. Allez, rhabille-toi, c’est fini.

Les mains en conque devant son bas-ventre, le paladin courut vers son sac prendre des vêtements avec ses dents. Les deux lavandières, les poings sur les hanches riaient comme des baleines en voyant les contorsions prises par Galaad, pour s’habiller en protégeant sa pudeur.

Finalement, les deux cétacés sortirent de la pièce en se tordant de rire, laissant un preux fort vexé. Il finit de s’habiller et descendit dans la salle. Il fut accueilli aussitôt par le petit plaisantin :

  • Alors le chouchou s’est bien amusé ?

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