Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

auberoche.overblog.com

auberoche.overblog.com

Littérature


Suite du troisième Chapitre

Publié par François d'Auberoche sur 30 Septembre 2014, 13:11pm

Suite du troisième Chapitre
  • Tenez bon, chevalier. Nous venons à votre secours.
  • Taïaut, hurla une autre voix. De la baston ! Allons vite aider ce preux.
  • Vous pouvez venir, il y a de la place, répondit Galaad qui continua à chanter. Goûtons voir, oui, oui...
  • Continue à chanter, Galaad, lui conseilla Bowmore. Il pleut déjà à verse, ça ne peut être pire. Si les ogres ont l’oreille musicale, ils vont fuir.
  • Goûtons voir, non, non…
  • Génial ! s’écria une troisième voix. Il y a un mulet chargé de nourriture, il faut l’aider. C’est l’odeur qui a attiré les ogres.

Tandis que des têtes d’ogres volaient sous l’action de l’épée magique, Galaad continua de chanter.

  • Goûtons voir, si le vin est bon.
  • Evidemment, râla une voix, les gens ne prennent pas de précautions quand ils chassent dans une forêt infestée d’ogres. Il faut emballer son gibier pour ne pas les avoir sur le dos.

Des nains apparurent alors, tout autour des ogres. Celui qui venait de râler décapita, d’un grand coup de hache, un ogre gigantesque qui avait eu le malheur de se baisser pour éviter l’épée magique.

Un autre nain se jeta dans la mêlée sans rien dire, mais agit aussitôt. Vif comme l’éclair, il assena dans les fesses d’un ogre, un énorme coup de hache, puis un coup de poignard dans le creux des reins. Il se hissa, puis recommença avec un coup de hache en bas des omoplates et un coup de poignard à la base du cou.

Une fois en altitude, il essaya de fracasser le crâne de son ennemi, mais sa hache rebondit tant était dure la boîte crânienne de l’ogre. Celui-ci, sentant une démangeaison, envoya une main gigantesque balayer son chef ce qui faillit jeter son agresseur à terre. Ce dernier se rattrapa de justesse à une oreille en plongeant son poignard dans l’orifice. Puis, en se balançant, il sectionna la carotide de son adversaire à coups de hache. L’ogre, dont le cerveau minuscule n’était plus alimenté, s’écroula immédiatement.

Le nain se reçut en souplesse sur le sol grâce à un roulé-boulé impeccable et chercha un nouvel adversaire.

  • Si je meurs, je veux qu’on m’enterre, continuait Galaad.

Les autres nains, sans doute moins doués pour l’escalade, préféraient tailler les jarrets de leurs adversaires pour les faire chuter. Puis, ils les décapitaient facilement. Le plus âgé, dont les lunettes glissaient de son nez, lançait des coups au hasard qui, heureusement, ne touchaient pas les autres nains.

  • Dans une cave, où il y a du bon vin !

Le plus violent des nains rivalisait avec l’épée du paladin pour abattre le plus possible d’ogres. Mais, au bout d’un moment, sa besogne dut lui sembler monotone car il s’endormit tout en poursuivant sa tâche de mort.

Les ogres qui ne pensaient qu’aux porcelets portés par Aberlour, n’avaient pas remarqué l’irruption des nains dans leur dos, ce qui facilitait l’action de ces derniers. L’un d’entre eux qui ne cessait d’éternuer, ratait régulièrement sa cible :

  • Cochonneries, marmonnait-il, je suis allergique à leurs poils. Il faut éliminer ces saletés.

Un ogre, qui avait échappé à ses coups, l’aperçut et se pencha pour l’éventrer avec ses griffes.

  • E Pericoloso Sporgersi,[1] l’avertit le nain en lui fendant le museau.

En quelques minutes, une trentaine d’ogres gisaient morts, un ou deux, seulement, purent fuir.

  • On les laisse partir, dit un des nains, ils raconteront cela à leurs congénères, ça les calmera peut-être à l’avenir.

Galaad essuya son épée et la remit au fourreau. Celle-ci manifestait une mauvaise volonté évidente :

  • On commençait seulement à s’amuser, c’est pas juste, protesta-t-elle. De plus ces nabots m’en ont piqué au moins le tiers. Ils ont intérêt à me trouver du boulot bientôt, s’ils veulent qu’on soit copains.
  • Excusez mon épée, dit le guerrier, en s’adressant aux nains, elle n’est pas comme cela d’habitude. Depuis que nous sommes dans cette forêt, elle est déchaînée, mes coursiers aussi. Je ne sais pas pourquoi, ils arrivent à me parler.
  • Ce n’est pas difficile à expliquer, répondit le plus âgé. Tu es ensorcelé par la forêt de Brocéliande. Tu viens d’acquérir le langage des animaux, des plantes et des objets. Tu garderas à jamais ce don, même quand tu sortiras de cette forêt.
  • Il y a du pour et du contre, apprécia le paladin. En tout cas, je vous dois une fière chandelle, Messires. Permettez-moi de me présenter, je suis Galaad de Tintagel, chevalier de la table ronde, envoyé spécial de feu le roi Arthur de Cornouailles pour retrouver le Saint Graal. Je vous remercie de votre intervention.
  • Et que fais-tu ici en pleine nuit ?

[1] « Il est dangereux de se pencher » Inscription en Italien près des fenêtres des trains, autrefois.

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents