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Littérature


Suite et fin du deuxième chapitre

Publié par François d'Auberoche sur 25 Septembre 2014, 12:57pm

Suite et fin du deuxième chapitre
  • Mais il faut faire appel, mon biquet ! cria Mégane. Tuer un bel homme comme toi, avec de si beaux yeux bleus, c’est un crime. Mais je vais te faire oublier ça, cette nuit, dans mes bras.
  • Dans les miens aussi ! hurla Ségolène. Je l’ai vu d’abord. Et ses yeux en premier. J’ai craqué tout de suite. Quel beau garçon tu es ! C’en est même écœurant. Et elle veut te tuer. Quelle saleté ! Je ne pourrai donc jamais t’épouser ?
  • Il y a un problème, répondit Galaad. Pour trouver le Saint Graal, je dois rester pur. Donc, grand merci demoiselles pour vos offres de services que j’apprécie à leur juste valeur. Mais je resterai seul cette nuit, en prières.
  • Quoi ! s’écrièrent-elles. Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?
  • Hélas oui. Seul quelqu’un ayant le cœur pur peut trouver le Saint Graal. Aussi, je ne dois commettre aucun péché, ni même me marier, si je veux le trouver.
  • Mais, pour une nuit, dit Ségolène. De plus, ce sera ta dernière.
  • Je me serre la ceinture, ce qui est une façon de parler, depuis des années, rétorqua le paladin. Ce n’est pas pour tout faire rater la veille.
  • Mais tu ne le diras à personne et nous non plus, d’ailleurs.
  • Peut-être que les humains ne le sauront pas. Mais le Seigneur, si, et je ne pourrai pas trouver ce sacré Graal.
  • Et quand tu l’auras trouvé, demanda Ségolène, tu pourras te marier ?
  • Bien sûr, je compte me rattraper.
  • Alors, ce sera moi. Je t’ai vu la première dès que tu es entré.
  • Et moi ? demanda Mégane.
  • On peut tirer au sort, proposa Galaad.
  • En tout cas, rigola Abiven, je me demande si tu ne pêches pas en les regardant. Les yeux te sortent de la tête.
  • Point du tout, riposta le chevalier de la table ronde. Mon cœur reste pur tandis que j’admire ces deux splendeurs de la nature et loue le seigneur de les avoir créées.
  • Ma doué, s’exclama Almanac’h. Tu parles comme un recteur. Tu es un guerrier ou un abbé ?
  • Un guerrier qui vit dans la paix du seigneur, répondit calmement Galaad en sifflant sa cervoise.
  • En tout cas, on te souhaite une bonne dernière nuit, s’esclaffa Abiven.
  • A ce sujet, reprit Galaad. Une des servantes croyait que c’était votre reine qui m’avait condamné à mort. On dirait qu’elle n’est pas très appréciée.
  • C’est le moins qu’on puisse dire, grommela Kerozen. Ce n’est ni une Gauloise ni une Bretonne. Je ne sais où feu le roi, son mari, l’avait trouvée, mais il aurait pu l’y laisser.
  • Elle adore tuer, poursuivit Anorac’h. Voilà la vérité. Pour un oui ou un non, elle fait exécuter le pauvre monde.
  • Et il faut voir comment, surenchérit Abiven. Elle les fait empaler, c’est horrible.
  • Moi, dit l’aubergiste qui s’était approché, je crois que c’est une sorcière. Elle m’a pris mon meilleur cuisinier il y a un an et l’a fait condamner pour avoir servi une viande trop cuite au goût de cette harpie.
  • A mort, pour une viande ? s’étonna Galaad.
  • Je ne sais. Du jour au lendemain il a disparu, comme ont disparu des dizaines d’autres.
  • Si seulement la fille du roi avait vécu, soupira Kerozen. Son père était si gentil et sa mère aussi. Elle ne pouvait être qu’adorable, mais elle est morte d’une grippe il y a un an.
  • Une grippe, mon œil ! affirma Almanac’h. Elle l’a fait tuer, voilà. D’ailleurs, personne au château n’a vu son corps.
  • Je connais des domestiques au château, intervint Ségolène. J’ai plein de copines qui pensent que la pauvrette a été jetée vivante dans une des oubliettes et qu’elle est morte de faim et de soif.
  • Oh oui, surenchérit Mégane. Il sort de drôles de bruits des prisons, paraît-il.
  • J’en arrive même à souhaiter que les Francs viennent nous débarrasser de cette horreur, soupira Abiven.
  • Moi aussi, s’exclamèrent la majorité des convives.
  • Il me semble qu’on dit du mal de notre bien-aimée reine, dit un convive de la table voisine en se tournant vers eux.
  • Ciel ! crièrent les clients en pâlissant.
  • Ah c’est toi, Norbert, dit Kerozen. On ne t’avait pas vu. Tu nous as surpris. Tu n’as rien vu, rien entendu, d’accord ?
  • Bien sûr, dit le Norbert en question. Tu sais bien que je n’ai jamais cafté. Mais vous parlez tous beaucoup trop fort. Et si le bourreau était dans la salle ?
  • C’est vrai ça, dit en tremblant Quatregros. On ne sait pas qui c’est, il travaille toujours avec une cagoule.
  • Il n’est pas de la ville, leur certifia Norbert. Il est arrivé l’an dernier de Béthune. Donc, méfiez-vous des étrangers.
  • Mais qui es-tu ? demanda Galaad.
  • Je peux te retourner la pareille, jeune homme, quoique j'aie suivi toute votre conversation. Je suis employé au château, je suis chasseur.
  • Alors tu connais bien la forêt de Brocéliande ?
  • Oui, j’y chasse souvent. J’ai entendu que tu veux y aller. Tu vas mourir jeune, chevalier.
  • Ne pourrai-tu pas m’y conduire demain ?
  • Non, ce n’est pas possible. Une voyante m’a prédit que demain serait pour moi une très mauvaise journée, aussi demain je ne bougerai pas.
  • Mais, intervint Abiven. Tu es pourtant l’homme le plus chanceux de cette cité. Ne dit-on pas d’ailleurs, avoir une veine de Norbert.
  • Je n’aime pas trop cette expression, car beaucoup me regardent en riant sous cape et en reluquant ma femme. Mais c’est vrai que j’ai beaucoup de chance. Tous les jours, sauf demain.
  • Ne peux-tu au moins, poursuivit Galaad, me donner quelques renseignements me permettant de me débrouiller dans cette forêt ?
  • Ce n’est pas facile à expliquer.
  • Mais si, lança Quatregros. Les nains ! Indique-lui où habitent les nains. Ils viennent ici assez souvent, ils sont très gentils, à part un râleur, et connaissent la forêt comme leur poche.
  • C’est vrai, je sais où ils habitent, mais c’est secret.
  • Allons, fais un beau geste, Norbert, lui demanda Anorac’h. Il est sympa ce petit Breton.
  • Bon, d’accord, mais allons dehors Messire, dit Norbert à l’intention de Galaad. C’est trop secret, les murs ont parfois des oreilles.

Galaad suivit le chasseur dans la cour de l’auberge. Il revint seul, un quart d’heure plus tard.

  • Alors, le questionna Anorac’h. Il t’a donné des renseignements ?
  • Oui, beaucoup. Mais peut-on lui faire confiance ?
  • Oui, c’est la crème des hommes, répondit Anorac’h. Mais il ne faut jamais jouer aux dés ou aux cartes contre lui, il gagne tout le temps.
  • Ses renseignements étaient très précis, je crois que je peux être optimiste.
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