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Littérature


Suite et fin du premier chapitre

Publié par François d'Auberoche sur 20 Septembre 2014, 20:59pm

  • Hélas, soupira la fée. Cela m’est interdit. Ton vœu ne pourra être exaucé, j’en suis bien peinée pour toi. Des forces surnaturelles m’en empêchent. Le Graal ne peut appartenir qu’à celui qui le trouve. Seul un cœur pur pourra y parvenir.
  • Bon, ben tant pis. Au revoir gente dame, j’ai de la route à faire.
  • Attends bel enfant ! Ne pars pas ! cria la fée. Puisque je n’ai pu satisfaire ton vœu, je vais te dédommager en t’épousant, nous serons heureux ensemble pour l’éternité. Viens dans mes bras et embrasse ta fiancée !

Tandis qu’elle lui tendait les bras, Galaad lui tourna le dos et se dirigea vers la porte en disant :

  • Un prêté pour un rendu, fée Lycie. Cela m’est interdit. Ton désir ne pourra être exaucé, je dois me garder pur pour être digne de trouver le Saint Graal.
  • Sois maudit ! Personne ne m’a jamais dit non. Tu vas connaître la vengeance d’une femme repoussée.

Elle se dressa, les cheveux ébouriffés, les doigts, aux ongles vernis de noir, tendus comme pour griffer et proféra :

  • Sois maudit, Galaad ! Tu chercheras pendant des années et des années le Saint Graal sans le trouver. Tu resteras toujours jeune et beau. Les plus belles femmes de la terre voudront t’épouser et tu devras les repousser malgré ton désir, puisque tu chercheras toujours le Saint Graal. Chaque fois, tu regretteras de m’avoir rejetée.
  • Bof, pas tellement. Si je ne t’avais pas rencontrée, j’aurais vieilli et aucune femme n’aurait voulu de moi, alors ça reviendra au même.
  • Sois maudit ! gronda-t-elle. Trois fois maudit, tu n’es pas prêt de trouver ce sacré Graal. Je préviendrai tous mes collègues, sorciers, sorcières, fées et magiciennes, chamans et chamanes, prêtres et prêtresses du côté obscur, ainsi que tous les dieux et déesses. Tous te mettront des bâtons dans les roues, tu chercheras pendant des décennies et des décennies.
  • Oui, mais je trouverai, conclut le jeune homme en claquant la porte.
  • Raaa ! grogna la fée qui se coucha à plat ventre sur son lit en pleurant et tapant des poings.

Galaad continua sa quête, se nourrissant de racines et de charité, sur les traces de cet insaisissable Joseph, questionnant partout et tout le monde.

Les saisons succédèrent aux saisons, les années aux années, Arthur mourut, la Cornouailles tomba, mais Galaad continua. Il parcourut toute la Bretagne, pénétra en Calédonie (Ecosse actuelle) où il crut périr en avalant le fameux Haggis, la panse de brebis farcie. Il alla aux Orcades et poussa jusqu’aux îles Shetland.

Partout de belles dames lui demandaient des services, d’autres, plus audacieuses, demandaient sa main. Ne pensant qu’au Saint Graal, Galaad restait imperturbable. Selon le cas, il remerciait poliment ou refusait encore plus courtoisement. Dans les deux cas, les belles étaient fort courroucées, racontaient des mensonges à leur père ou à leur frère et Galaad devait fuir, les chiens sur ses talons.

Il retourna en Calédonie où il dut même repousser les avances d’une grosse bête qui se baignait dans un bras de mer. Il visita les Hébrides, puis toutes les îles de l’ouest, Skye, Jura, Islay, lieux bénis des amateurs de single malt. Dans l’île de Skye, il rencontra un nain qui lui forgea une épée. C’était Lagavulin, l’épée enchantée dont le nain Oban lui promit des merveilles.

Après avoir visité l’île d’Arran dans le Firth of Clyde, il passa en Erin (L’Irlande des cruciverbistes), où un moine lui donna un jeune cheval blanc, Bowmore, qui galopait plus vite que la marée montante au mont Saint Michel. Il fuit comme la peste les belles rouquines du coin et ne se lia qu’avec la population masculine. C’était une sage précaution, compte tenu du goût immodéré des indigènes pour les belles bagarres.

Au pays de Galles, le roi lui fit don d’un mulet, Aberlour, plus fort qu’Hercule et plus vaillant qu’un lion. Là, il reçut une lettre de Merlin l’enchanteur qui s’était établi en Armorique. Dans cette missive, Merlin l’informait que sa quête pourrait aboutir dans la forêt de Brocéliande.

Tout heureux de ne plus avoir à se cacher des charmantes Galloises, le jeune héros courut au premier port venu, soudoya un pêcheur et cingla vers le continent. C’est ainsi que plusieurs décennies après avoir quitté Tintagel, au milieu du VIème siècle après J.-C, Galaad fit son entrée dans la capitale d’un petit royaume armoricain, non loin de la forêt de Brocéliande.

Suite et fin du premier chapitre

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