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Littérature


La Quête du Saint Graal Tome 1 Chapitre 5 (suite 1)

Publié par François d'Auberoche sur 14 Octobre 2014, 09:50am

La Quête du Saint Graal Tome 1 Chapitre 5 (suite 1)

Poussé par les nains il dut en gravir les marches, où, à chaque degré, il avait l’impression de respirer de l’acier fondu de plus en plus chaud. Maintenu par quatre nains, il dut endurer ce supplice pendant plusieurs minutes qui lui parurent des heures. Enfin, on le fit descendre.

A ce moment Galaad crut défaillir. Les nains venaient de le balancer dans une cuve d’eau bouillante. Il en sortit en hurlant, aussi rouge qu’une écrevisse. On l’allongea sur une table. Là, il fut savonné, étrillé, récuré et massé par des dizaines de mains, tous les recoins de son corps furent nettoyés avec minutie.

Il fut ensuite saisi et replongé dans l’eau chaude d’où il sortit en courant pour être plongé aussitôt à trois reprises dans une cuve d’eau froide tandis qu’il était frotté par d’innombrables brosses. Ensuite on le projeta dans une cuve glacée, située en dehors de la maison. Il y fut maintenu de force plusieurs minutes pendant lesquelles il crut mourir. Enfin, il fut tiré par des mains compatissantes qui l’enveloppèrent dans une serviette et le firent rentrer.

Galaad avait la tête qui tournait un peu, mais se sentait en pleine forme. Les nains conduisirent Galaad dans leur chambre afin qu’il puisse s’habiller. C’était un grand dortoir de plus de dix pas de long et quatre de large, avec quatre lits en bois d’un côté et trois de l’autre. Entre chaque lit il y avait une armoire, un coffre et un tabouret ; au centre de la pièce se trouvait une grande table, avec des chaises en bois tout autour. L’ensemble fleurait bon l’encaustique. Un détail amusa Galaad, au pied de chaque lit était gravé le surnom de l’occupant.

  • Pas mal votre chambre, dit le chevalier, ça me rappelle, en plus petit, le dortoir de l’école des chevaliers. Mais avec une maison aussi grande, pourquoi n’avez-vous pas fait une chambre pour chacun ?
  • C’est plus drôle de vivre ensemble, répondit Joyeux. Le soir, on peut se raconter des histoires, jouer aux cartes ou faire des batailles de polochons.
  • Et, si je ne suis pas indiscret, pourquoi chaque lit porte gravé votre surnom ?
  • Pour ne pas se tromper les soirs de grand vent.
  • Les soirs de grand vent ?
  • Oui, quand la nourriture a été plus liquide que solide et que nos lits font la toupie.
  • Je comprends, mais il n’y a pas de lit pour moi. Bof, j’irai dormir à l’écurie. Je suis habitué à la dure.
  • Mais non, intervint Prof, on te fera un lit dans mon bureau, tu y seras très bien. Le seul problème, c’est que Blanche Neige doit le traverser pour aller à sa chambre. Quand elle est arrivée nous lui avons aménagé deux pièces pour elle, chambre et boudoir, à l’endroit le plus facile qui était à la suite de mon bureau. Mais, ne t’en fais pas, elle ne te gênera pas : elle ne ronfle pas. Pour l'instant, changeons-nous. Ce soir, nous allons faire la fête, il faut être beau.

Un peu plus tard, la grande salle commune, longue de dix pas et large de 5, bourdonnait comme une ruche, il y régnait une chaleur d’enfer. Gourmand était devant la cheminée, large de 2 pas et haute de 8 pieds, 2 palmes, (une grande cheminée). Gourmand surveillait la cuisson des trois porcelets enfilés sur une broche. Il les arrosait régulièrement avec la sauce qu’il recueillait dans la lèchefrite. Timide, assis sur un tabouret, était préposé à la rotation du tournebroche. Comme les flammes étaient gigantesques, ils crevaient de chaud et de soif. Gourmand, en nain bien élevé, avait demandé à Galaad ses préférences :

  • Quel vin préfères-tu boire avec les porcelets ?
  • Un vin léger ira très bien.
  • Un vin de Loire, ça te va ?
  • J’aime beaucoup, répondit le héros. J’ai d’ailleurs bu à midi un splendide Saumur Champigny.
  • Alors, on va changer pour un Beaujolais. Un Brouilly sera parfait.

Maintenant Gourmand et Timide se désaltéraient en se versant régulièrement de grandes rasades de Brouilly. L’effet en était déjà visible : Gourmand avait tendance à arroser à côté des gorets et Timide ne respectait plus un rythme régulier. Vu la conversation nourrie qu’il avait avec Gourmand, sa timidité habituelle l’avait bel et bien quitté.

Blanche Neige, s’était changée. Elle portait une robe longue bleu pâle, fermée par deux belles fibules[1] d’or cloisonnées de brillants. Deux autres fibules ansées fermaient la robe à hauteur des hanches. Sa taille était ceinturée par une belle châtelaine d’or fin d’où pendait un énorme diamant gros comme une pomme - La châtelaine, une chaîne, était le symbole de la maîtresse de maison, elle y accrochait les clés - . Blanche Neige, n’avait plus son tablier et avait relevé ses cheveux en chignon, maintenus par une grande épingle d’or, à tête d’oiseau en rubis. Un ravissant collier de perles amincissait encore son cou gracile et de longues boucles d’oreilles en or et brillants pendaient de ses lobes délicats. Pour l’instant, elle dressait la table avec le concours des autres nains. Galaad s’était proposé pour aider, mais on lui avait dit aussitôt :

  • Qu’il ne savait pas où était les affaires.
  • Qu’il était trop grand et qu’il risquait de gêner.

[1] La fibule est une agrafe, généralement en métal, qui sert à fixer les extrémités d'un vêtement.

La Quête du Saint Graal Tome 1 Chapitre 5 (suite 1)
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