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Littérature


La Quête du Saint Graal Tome 1 Chapitre 5 (suite 4 et fin)

Publié par François d'Auberoche sur 17 Octobre 2014, 11:08am

La Quête du Saint Graal Tome 1 Chapitre 5 (suite 4 et fin)
  • Mais non, Tu vas avoir une fluxion de poitrine ou une pneumonie ou pire. Tu peux en mourir.
  • Le chevalier a la peau dure, intervint Gourmand, et cet abruti de Dormeur aussi. Cet idiot s’est endormi à son poste et a mis en péril la cuisson des porcs. J’ai dû le remplacer à la manivelle tout en continuant à arroser les gorets, ce qui m’a obligé à me contorsionner pour arriver à remplir ces deux fonctions. Tu nous dois le hanap de Galaad, qu’il a lâché pour te sortir des flammes, et le mien, imbécile heureux.
  • Et mon amphore ! Je l’ai lâchée pour les aider, hurla Timide en se précipitant dehors.
  • Dormeur, si l’amphore est brisée, tu n’es pas prêt de dormir de sitôt. Nous allons travailler à ta place, mais au lieu de te sécher tout de suite devant la cheminée comme nous, tu vas nous servir un coup à boire, les émotions, ça creuse.

Heureusement pour tout le monde, l’amphore n’était pas cassée et la cuisson des porcelets se poursuivit sans autre incident. Enfin Gourmand put annoncer :

  • C’est cuit, on peut passer à table.
  • Voyons, dit Blanche Neige. Comment allons-nous nous répartir ? D’abord, Galaad, mets-toi à ma droite, les autres, où vous voulez. Tout le monde est placé ? Oui, Asseyons-nous.
  • Alors, dit Gourmand, je mets les porcelets sur un plat et je les apporte. Joyeux, sers à boire en attendant. Fais-toi aider par cet imbécile de Dormeur, ça l’empêchera de s’endormir.
  • C’est un ordre que j’exécute toujours avec plaisir.
  • Si Dormeur dort, je peux le remplacer, dit Timide avec vivacité.
  • On le sait que tu aimes le vin, crapule, mais tu ne pourras jamais te servir plus haut que le bord. N’aie crainte, tu ne seras pas oublié.

Joyeux et Dormeur foncèrent déboucher les amphores et commencèrent le service.

  • Joyeux, dit Blanche Neige, je t’ai dit cent fois que les hanaps les plus grands étaient les hanaps à eau et non à vin rouge.
  • Peut-être chez les buveurs d’eau, mais pas ici, Blanche Neige. Tes hanaps à vin sont vraiment trop petits. On ne sent rien en bouche !
  • ça y est, attention, laissez passer, c’est chaud ! dit Gourmand en courant pour déposer au milieu de la table un énorme plat où trônaient les trois petits cochons.

Ceux-ci n’auraient jamais imaginé avoir l’honneur d’être, un jour, invités à dîner à la table d’une princesse. Il est certain que s’ils l’avaient su, ça leur aurait fait un beau jambon.

  • Tu trinques avec moi, Galaad ? demanda Blanche Neige.
  • Bien sûr.
  • Alors cul sec ! Et fais un vœu !

Galaad s’exécuta de bonne grâce, car le Brouilly était délicieux, mais la tête lui tournait un peu quand il reposa son hanap. Les canons avalés avant le repas avaient tendance à faire effet.

  • Allez, cria Gourmand qui n’était pas resté inactif, tendez vos assiettes, j’ai partagé, on a droit à un cochon pour trois. L’ennui c’est que l’un d’entre eux était un peu plus maigre. J’ai tiré au sort, c’est celui de Blanche Neige, Galaad et de Timide. Ton assiette Blanche Neige, s’il te plaît.
  • Pas trop, je te prie.
  • Ne m’embête pas avec des histoires de régime. Pas ce soir. Vite, on se dépêche, il faut que j’aille voir mon four.
  • Qu’y a-t-il dans ton four ?demanda Galaad que la curiosité, autant que la faim, dévorait.
  • Tu le sauras plus tard. Commence à manger et bois un verre avec le porcelet, c’est délicieux.

Galaad regarda son assiette où une énorme portion de cochonnet l’attendait et se dit qu’il aurait bien besoin de tout cela pour arriver à éponger tous les hanaps de Brouilly. Lui qui ne buvait que de l’eau, il ne supportait pas tout le vin absorbé.

Gourmand revint avec un gigantesque plat de lentilles et annonça qu’ensuite il y aurait les volailles, un plateau de fromages et des tartes aux abricots et aux pêches, ce qui rassura Galaad. Il pourrait éponger, alors il resservit sa voisine et s’offrit un grand hanap.

Le reste du repas se passa dans la bonne humeur générale vite accentuée par l’effet du Brouilly sur les convives qui, tous, sifflaient leur hanap cul sec. Même Blanche Neige, dont le teint pâle virait progressivement au cramoisi.

En même temps, son regard devenait de plus en plus langoureux en regardant Galaad et elle avait tendance à se rapprocher de lui. Galaad qui nageait dans le bonheur le plus total, sans doute occasionné par l’ingestion de près d’une urne de Brouilly, d’un setier de Pommard avec le fromage et d’un hanap de Gewürztraminer avec le dessert, se laissait faire. Lorsque l’eau de vie de prune arriva, il avait sa main jointe à la menotte de Blanche Neige.

L’attention de Galaad fut alors attirée par l’arrivée sur la table de petits objets en bois. Ceux-ci étaient cylindriques avec un trou au centre, un tuyau était emmanché à leur base. Prof s’en servit le premier. Il plongea cet instrument dans un grand pot en faïence rempli d’herbe sèche et le remplit avec celle-ci. Il alla ensuite à la cheminée, prit un tison et enflamma l’herbe avec, tout en inspirant au bout du tuyau. Il souffla ensuite un énorme nuage de fumée avec une satisfaction évidente.

  • Quelle est donc cette coutume ? demanda le paladin à Prof.
  • Ce n’est pas une coutume. Dernièrement, nous avons vendu des diamants à des touristes venus du nord. Ils étaient venus sur des bateaux étroits dont la proue était ornée d’une tête de dragon. Ils nous ont dit qu’ils avaient rapporté cette herbe d’un lointain pays d’au delà les mers, là où le soleil se couche. Les habitants de ce pays avaient l’habitude d’en user, ils l’ont essayée et adoptée. Nous avons fait pareil, c’est merveilleux à la fin d’un repas. Nous aimons tous cela, même Blanche Neige. Veux-tu essayer ?
  • Ma foi, je veux bien. Il faut tout essayer dans la vie.

Quelle erreur ! A partir de ce moment, les pensées de Galaad devinrent un peu plus confuses. Le lendemain matin (mais on n’y était pas encore) il se souviendrait d’avoir toussé comme un vieillard cacochyme, d’avoir eu une sensation de chaleur intense au visage, tandis que tout tournait autour de lui et d’avoir murmuré :

  • Ça ne va pas du tout.

Il se souviendrait un peu d’avoir été porté par sept nains qui couraient comme des fous en dehors de la chaumière et d’avoir été frictionné avec de la glace par Blanche Neige, pendant que Grincheux faisait remarquer que lorsque l’on ne tient pas le setier, on ne boit pas une amphore.

Puis ce fut le trou noir, et ce fut bien dommage, car il manqua la vision de Blanche Neige le berçant doucement, en lui frictionnant la figure et en disant :

  • Ces imbéciles de nains avaient bien besoin de l’achever avec leur herbe. C’est un chevalier au cœur pur, il n’a pas l’habitude de boire ni de fumer, le pauvre amour.

Il manqua aussi la réflexion de Joyeux avouant à Gourmand :

  • J’ai peut-être eu tort de mélanger son herbe avec le chanvre acheté au marchand africain.

Il manqua également le spectacle du rire homérique de Grincheux qui avait entendu. Il rata sa mise au lit où une seule personne voulut le déshabiller, le border et lui souhaiter une bonne nuit en soupirant.

Ce dont il se souviendrait bien, en revanche, c’est d’avoir eu l’impression toute la nuit que son lit roulait et tanguait au milieu du pire cyclone de la création.

La Quête du Saint Graal Tome 1 Chapitre 5 (suite 4 et fin)
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