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Littérature


La Quête du Saint Graal Tome 1 Chapitre 6 (suite 2)

Publié par François d'Auberoche sur 22 Octobre 2014, 09:55am

La Quête du Saint Graal Tome 1 Chapitre 6 (suite 2)

~~Il fit un demi-tour réglementaire et partit en sifflotant. Un garde entra à ce moment.

- Oui, ma reine ?

- Fonce aux cuisines, trouve-moi des pommes. Réveille, s’il le faut, le Chef, les cuisiniers, les marmitons, les gâte-sauce, etc., mais je veux un panier de pommes dans dix minutes sur mon bureau.

- Bon, des pommes. Oui, je sais où il y en a. Dans la glacière. J’en ai pris une, il n’y a pas cinq minutes.

- Il en reste, au moins ?

- Tout plein. Quelle espèce vous ferait plaisir ? Majesté.

- Je m’en fiche ! Non ! En y pensant. Les plus belles, les plus rouges, les plus appétissantes, les moins ridées, sans vers, sans tâches. Bref, je veux une pomme qui donne envie de la croquer tout de suite. Et puis, tu m’expliqueras pourquoi tu me voles des pommes, hein, salopiaud. Tu n’irais pas aussi visiter ma cave à vins, par hasard ? Tu as le teint bien rouge.

- Que nenni, je ne me le permettrais pas, ô ma Reine. En ce qui concerne les pommes, c’est pour me tenir éveillé pendant la garde, Majesté. De plus, c’est bon pour les humeurs du sang. Ne vous fâchez pas, je cours vous rapporter un panier de Reine des Reinettes.

- Fais vite, je ne suis pas patiente.

Il disparut pendant que le chambellan arrivait en sifflotant.

- Alors ma Reine, il paraît que Norbert va nous quitter ?

- Ce n’est pas possible, tout se sait dans ce château. Pour être heureux comme ça, tu dois avoir à te plaindre de lui.

- Pas du tout, mais il avait un peu trop de chance au jeu cet animal. C’est le mari de votre camériste, je crois.

- Oui, il faudra la prévenir gentiment qu’elle va être veuve. C’est une bonne servante et j’ai confiance en elle.

- Elle ne restera pas veuve longtemps, belle comme elle est. Je la préviendrai tout à l’heure. Mais parlez et commandez, nul ne saura quels ont été vos ordres.

- Bien. Premièrement, prends ce parchemin et envoie-le de suite par chauve-souris voyageuse à Mélusine, forêt de Brocéliande. J’attends la réponse. Il est presque une heure, je pense que nous l’aurons vers trois heures. Il faudra me l’apporter immédiatement. Deuxièmement, fais le nécessaire pour un vol de nuit. Prépare tout. Je pense décoller vers quatre heures. Je serai absente toute la journée. S’il y a besoin de me joindre, tu pourras contacter Mélusine.

- Entendre, c’est obéir, ô ma Reine.

Une fois seule, la reine prit un chaudron et commença à rassembler les ingrédients qu’elle râpa, pila ou broya suivant les indications du grimoire. Le garde vint lui apporter les pommes, mais le sang, élément indispensable, se faisait toujours attendre. Elle se rendit alors dans la salle de tortures. Nous ne décrirons pas cette salle qui était d’une banalité affligeante. Il y avait l’habituelle collection de chevalets, brodequins, pinces et tenailles en usage dans ce genre d’endroit. Dans la cheminée, sur le feu, un chaudron chauffait. Il répandait une agréable odeur d’huile chaude. Norbert était assis dans une chaise en fer, attaché et bâillonné, le torse nu. Ses pieds étaient nus également. Le bourreau et ses deux assistants jouaient aux dés sur une table. Ils sautèrent sur leurs pieds lorsqu’ils virent leur reine.

- A vos rangs. Fixe ! hurla le bourreau.

- Qu’est-ce que vous fichez, bon sang, j’attends à côté depuis une éternité.

- Ben, il a fallu allumer le feu, donc aller chercher du bois, le couper, le fendre et le porter. Maintenant, on attend que l’huile soit bouillante pour lui plonger les pieds et le questionner.

- Par Belzébuth, je vais vous apprendre votre métier, bande d’abrutis. Toi, mon salopiaud, tu vas m’expliquer comment il se fait que j’ai vu Blanche Neige vivante, il n’y a même pas une demi-heure. Réponds vite, sinon je t’arrache le cœur à mains nues.

Et la reine s’avança vers le pauvre Norbert qui tremblait d’effroi. Mais quand elle s’approcha, il s’arrêta de trembler, car les fameux ongles longs de la reine avaient disparu, rongés. Elle posa sa main droite sur la poitrine et commença à serrer. A ce moment elle s’aperçut qu’elle était désarmée.

- Un scalpel et vite !

- Attention, Majesté, celui-là, il coupe ! Prenez-le bien par le manche.

- Alors, jeune homme, je commence à couper ou tu me fournis des explications.

- Hé ha hihicile, hé hu hihié helle. Hé ha hu ha hué. Hé hun heur he hiche he hé hahehé, dit Norbert à toute vitesse en roulant des yeux désespérés.

- Articule imbécile ! Je n’y comprends rien.

- C’est normal, Majesté, il a encore son bâillon. Je l’enlève tout de suite. On lui a mis tout à l’heure quand il est arrivé. Il n’arrêtait pas de crier qu’il voulait un tabellion.

- Un tabellion ! N’importe quoi. Pourquoi pas un greffier ou un prêtre. Ici, on n’a droit à rien. Ici, on me doit tout.

La Quête du Saint Graal Tome 1 Chapitre 6 (suite 2)
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