Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

auberoche.overblog.com

auberoche.overblog.com

Littérature


La Quête du Saint Graal Tome 1 Chapitre 6 (suite et fin)

Publié par François d'Auberoche sur 24 Octobre 2014, 03:45am

La Quête du Saint Graal Tome 1 Chapitre 6 (suite et fin)
  • Il jouait vraiment trop bien aux dés. Sauf avec moi. Belle soirée funèbre. Et la viande, d’où vient-elle ?
  • Quand ils m’ont dit que j’étais veuve, répondit Fanchon, j’ai amené le bourreau et ses aides chez moi. Norbert avait mis ces jours-ci dans la glacière un bœuf. Oui, sa vue baissait un peu et il l’avait pris de loin pour un chevreuil. Il n’avait pas voulu s’en vanter. Je n’aurais pas pu manger ça toute seule. Je me suis dit qu’il fallait mieux partager.
  • C’est bien, Fanchon, tu n’es pas égoïste. Je ne vais pas m’attarder, je mange un morceau, je bois un coup et je m’en vais. J’ai de la route à faire et du boulot à l’arrivée. Passez-moi des tenailles que je trempe un morceau de viande dans l’huile. Oh ! Vous ne vous embêtez pas ! Ce Chambolle-Musigny, ne viendrait-il pas de ma cave ? Servez m’en donc un hanap au lieu de me regarder d’un air stupide.

Une demi-heure plus tard, la Reine arrivait en haut du donjon. Elle était en pleine forme. Peut-être avait-elle bu un peu trop de bourgogne ? Mais elle était en état de piloter. Elle se dirigea rapidement vers un petit groupe qui entourait son balai. Un maréchal-ferrant procédait au dernier réglage. Le balai ronronnait doucement.

  • C’est prêt ?
  • Oui, votre majesté. Les vers luisants de position sont en pleine forme. On a fait le plein maxi d’énergie magique. Vous aurez donc de la marge. Vous serez, peut-être un peu lourde au décollage, mais si vous n’avez pas trop de bagages ça ira. Vous avez un petit vent de face qui vous aidera bien. On n’attend plus que votre ordre pour éclairer la terrasse.
  • J’ai juste ce panier de pommes. Il paraît que les cuisiniers ont apporté un sac. Tenez, mettez ce panier dans le sac. Où est mon chapeau que je me prépare. Chambellan, avez-vous prévenu Mélusine ?
  • C’est fait, ô ma reine. Vous pouvez partir tranquille.
  • D’accord, on y va, allumez ! Je reviendrai la nuit prochaine, si tout va bien. De toute façon, vous recevrez un message.

La reine attendit que les lanternes soient allumées pour mieux voir la terrasse. Quand ce fut fait, elle coiffa son chapeau pointu, accessoire magique indispensable, se mit à califourchon sur le balai, prononça une incantation magique. Le balai se souleva et se mit à avancer. La reine vit tout de suite qu’elle était un peu lourde. Toujours à califourchon, elle dut courir pour soulager le balai et lui faire prendre de la vitesse. Mais elle s’essoufflait et ne courait pas assez vite, le bord de la tour approchait, la vitesse n’était pas suffisante.

« Cela ne fait rien, pensa la reine, je l’ai déjà fait, je vais prendre de la vitesse en piqué. »

Arrivé au bout de la terrasse, le balai plongea vers le sol à toute allure. En quelques secondes, il y eut suffisamment de portance pour que la reine puisse faire une ressource à vingt pieds des douves.

« Largement suffisant. Je ne pilote pas souvent, mais ça ne s’oublie pas. Maintenant on prend de l’altitude. »

Elle fit le tour du château royal en montant en spirale. Les fenêtres et la cour étaient noires de monde qui lui souhaitait bon voyage. Dans la nuit calme, elle entendait distinctement leurs voix :

  • Hourra !
  • Bon voyage !
  • Prenez votre temps. On n'est pas pressé !
  • Ouf ! Un jour de repos !
  • J’ai perdu, je ne penserais pas qu’elle y arriverait.
  • Bourreau, tu me dois dix sols.

Parmi les silhouettes qui la saluaient, il lui sembla reconnaître Norbert, fiché sur son pal qui agitait un mouchoir.

  • Je dois rêver, ce n’est pas possible. A trois cents pieds, je dois mal voir, ou bien c’est le bourgogne.

Arrivée à une altitude de mille pieds, elle s’orienta grâce aux étoiles et mit le cap vers l’Ouest – Sud-ouest, en prenant sa vitesse de croisière. Maintenant, elle n’avait plus qu’à garder le cap pendant vingt minutes en évitant de s’endormir, ce qui était le plus difficile.

Moins de vingt minutes plus tard, dans l’aube naissante, elle aperçut la tache sombre de la forêt de Brocéliande que les premiers rayons du soleil commençaient à éclairer. Il était temps qu’elle descende pour ne pas affoler les populations locales. Elle ralentit et amorça sa descente. Il lui sembla apercevoir des lumières en bordure de la forêt. Elle se dirigea vers elles.

A cinq cents pieds le doute n’était plus permis. C’était bien là, à moins d’un mille devant elle, on apercevait les lumières caractéristiques d’un balisage. L’accueil avait bien fait les choses. Une lampe à chaque coin d’un rectangle. Elle le trouva très large, mais un peu court. Ce serait juste.

Elle se mit dans l’axe de la piste et descendit. Arrivée à vingt pieds, elle fut dans le noir total. Ses yeux, éblouis par le soleil levant, ne voyaient pas le sol qui était encore dans l’obscurité. Elle termina son arrondi au jugé en se basant sur les lampes, mais ne réussit pas un atterrissage parfait. Disons le tout net, la reine se cassa la figure purement et simplement, à la façon des albatros, dans un bruit d’enfer.

Elle était complètement sonnée et elle entendit à peine une voix qui l’interrogeait :

  • Pas trop de mal, Majesté ?

Une sphère de quatre pieds de diamètre était penchée sur elle et lui parlait. Elle perdit connaissance juste après avoir entendu Mélusine dire :

  • Tu deviens aveugle ma pauvre Léonie ? On n’a pas idée d’atterrir par le travers de la piste.
La Quête du Saint Graal Tome 1 Chapitre 6 (suite et fin)

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents