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Littérature


La Quête du Saint Graal Tome 1 Chapitre 7

Publié par François d'Auberoche sur 27 Octobre 2014, 10:36am

La Quête du Saint Graal Tome 1 Chapitre 7

Où l’on verra que l’horreur continue à se manifester
dans ce livre auparavant si tranquille et poétique.

Blanche Neige se réveilla de bonne heure. Elle avait oublié de fermer ses volets et le soleil taquin qui venait mêler ses rayons d’or à sa chevelure de jais, faisait battre ses cils comme deux papillons effarouchés. Les gazouillis d’une mésange la tiraient doucement des bras de Morphée. Mais, au fur et à mesure que la Princesse émergeait du sommeil, elle comprenait les chants harmonieux de l’oiseau :

  • Oh, Blanche Neige, tu te lèves ou quoi ? J’ai la dalle !
  • Mmm, ouahh...
  • C’est pas une réponse, arrête de bailler et lève toi grosse paresseuse. Les copains et moi, on s’impatiente.
  • Mmm... Il y a des moments où je regrette d’avoir appris le zoziau. Quand j’étais au château, vos airs étaient plus mélodieux. C’est comme les chansons étrangères, c’est souvent beau parce qu’on ne comprend pas les paroles.
  • Trêve de philosophie, tu te remues le popotin. On t’attend en bas pour le p’tit déj.

En maugréant, Blanche Neige émergea de sa couche et s’étira comme une chatte. La mémoire lui revint d’un coup. Son bel amour était endormi dans la chambre voisine. La perspective de le réveiller en lui faisant un petit bisou la rendit toute guillerette. Elle vérifia dans son miroir si elle était irrésistible et après avoir reçu une réponse muette mais positive, elle entrebâilla doucement la porte du bureau de Prof.

Elle s’avançait doucement sur la pointe des pieds pour réveiller Galaad par un doux baiser de ses lèvres purpurines quand elle eut un haut le cœur. Ses sens olfactifs venaient d’être agressés par des effluves d’alcool et de tabac mélangés. Elle s’approcha tout de même et vit dans la pénombre que le doute n’était plus permis. Le beau chevalier ronflait comme une forge, il n’était pas rasé, son visage bouffi était pâle et fripé. A chaque ronflement, des relents de vieille distillerie emplissaient la pièce.

  • Beuarrk, dit-elle, en portant précipitamment ses mains à la bouche, tandis que ses jambes effectuaient, en un millième de seconde, un demi-tour suivi d’un repli stratégique vers sa chambre.

Après avoir procédé à des ablutions qui calmèrent les spasmes de son estomac, elle mit une robe de chambre, colla à ses narines un mouchoir imbibé de parfum et, en retenant sa respiration, franchit le bureau à la vitesse de l’éclair. Elle traversa la salle commune à la même vitesse et alla dehors respirer de grandes goulées d’air pur.

Tout aurait été parfait si la volaille, (mésanges, moineaux, chardonnerets, bouvreuils et autres fringillidés, passeridés, paridés, ou turdidés) l’avait laissée tranquille. Seul un gentil rouge-gorge lui chanta un air de bienvenue désintéressé. Devant leur insistance, elle dut se résoudre à aller chercher une poignée de graines dans la réserve de l’écurie.

Quand elle y pénétra, elle n’en crut pas ses yeux. Elle n’eut qu’un cri :

  • Bethsabée ! auquel ne répondit que des hennissements.

Sa belle jument partageait son box avec un magnifique étalon.

  • Mais ce n’est pas vrai ! Et qui est ce jeune homme ? A-t-il une bonne situation ? Ce doit être le cheval de Galaad, mais ce n’est pas une raison pour venir te retrouver dans ta stalle.
  • C’est mon fiancé, précisa Bethsabée.
  • Tu aurais dû me demander mon avis, râla Blanche Neige.
  • Mes hommages, gente dame, dit Bowmore. Puis-je vous demander la main de mademoiselle Bethsabée, ici présente.
  • Oh, ouiiiii ! s’exclama la jument.
  • Nous reprendrons cette conversation plus tard, en présence de Galaad. Toi, l’étalon, tu sors de cette stalle, je ne veux plus t’y voir.

Blanche Neige, rouge de colère, rafla quelques graines et sortit en claquant la porte.

  • Bowmore. A quoi penses-tu ? demanda Bethsabée.
  • A toi mon amour.

Et il se mit aussitôt à ronfler.

  • Oh, comme il est beau quand il dort. Il est mignon et si fort. En y pensant, moi aussi je ferais bien un petit somme.
  • C’est ça, vous nous avez embêté toute la nuit avec vos roucoulements et maintenant il va falloir supporter vos ronflements, fit remarquer Aberlour.

Un peu chagrine Blanche Neige distribua les graines aux oiseaux et se dirigea vers la maison pour mettre la soupe à chauffer. Sa dépression fut accentuée par l’aspect de la salle commune qui, non seulement avait grand besoin d’être aérée, mais dégageait aussi la tristesse habituelle des lendemains de fête.

La Quête du Saint Graal Tome 1 Chapitre 7
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