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Littérature


Suite du chapitre quatre

Publié par François d'Auberoche sur 9 Octobre 2014, 14:45pm

Suite du chapitre quatre

RETOUR EN ARRIÈRE

La cour de l’auberge le matin même, Galaad s’apprête à monter à cheval quand les deux servantes se jettent dans ses bras et l’embrassent à bouche que veux-tu.

  • Non, Galaad, pleure Ségolène. Ne va pas dans cette forêt maudite. Je ne veux pas te perdre.
  • Mais je reviendrai.
  • Avec ce sacré Graal ? demande avidement Mégane, la larme à l’œil.
  • Bien sûr.
  • Alors, tu reviens pour ta promesse ? lui rappelle Ségolène.
  • Mais oui, c’est promis.
  • Et on se marie ? le questionne Mégane.
  • Ce qui est promis est promis. Je vais là-bas. Je tue les monstres, je prends le Saint Graal et je reviens vous voir.
  • Et on te joue aux dés, conclut Ségolène, puisque, après l’avoir trouvé, tu pourras te marier avec la gagnante.
  • Tu as besoin d’être en forme pour tuer les ogres et autres sales bêtes, je t’ai préparé un sac, lui dit Mégane.
  • C’est gentil. Qu’est-ce qu’il y a ?
  • De quoi grignoter, lui répond-elle, en lui confiant un immense sac plein de charcuterie.
  • Moi, lui chuchote Ségolène, j’ai mis sur ton mulet deux amphores de vin. Mais chut, le patron n’est pas au courant.
  • Vous êtes deux amours, remercie Galaad. On s’embrasse et j’y vais, je ne veux pas conduire de nuit dans la forêt.
  • Surtout sois prudent, recommande Ségolène. Ne parle pas aux dragons que tu ne connais pas.
  • Et couvre-toi bien. Dans la forêt, les nuits sont fraîches, ajouta Mégane.

Après deux énormes baisers, le chevalier franchit le porche tandis que les servantes agitent leurs mouchoirs et qu’Aberlour râle comme un pou :

  • De quoi grignoter ! Mon œil, tu peux soutenir un siège d’un mois et te soûler tous les jours. Je les retiens tes copines.
  • Tais-toi et trotte, lui crie Galaad.
  • Je ne vais pas y arriver, je suis en surcharge.
  • Alors, on prend le galop.

FONDU ENCHAINE

Fin de la matinée, le héros, sur son beau cheval blanc, arrive au grand galop à l’entrée d’un village. Derrière, tirant une langue d’une coudée, suit un mulet qui fait semblant de peiner sous le poids de sa charge. L’équipage ne tient pas compte de l’inscription portée sur un panneau : « PLOUCORNEC Ralentir Ecole ».

De toute façon, les montures ne savent pas lire et Galaad a les yeux qui pleurent à cause de la vitesse. Ils s’engagent donc à fond de train dans la grande rue (la seule) de l’agglomération, alors que la cloche de l’église sonne l’angélus. Les rues sont noires de monde, paysans, bétail, enfants, vieillards, volaille, etc. qui regardent arriver la chevauchée fantastique.

Voyant que celle-ci ne ralentit pas, mais fonce sur eux, tel un contrôleur des impôts sur un patron de P. M. E., la débandade s’organise. Comme par un beau matin d’encierro, dans les rues de Pampelune, lorsque les taureaux sortent des corrals pour se rendre au toril, la foule grimpe aux murs, aux arbres, aux poteaux et certains au ciel.

Bowmore saute par-dessus les volailles et avec ses postérieurs les expédie vers Aberlour qui les bloque sur le chargement. En quelques secondes le petit village est dépassé, le chevalier se retourne et, apercevant le nuage de plumes, demande :

  • Bowmore, tu n’as blessé personne, j’espère ?
  • Non, j’ai bien évité.
  • Et toi, Aberlour ?
  • Moi non plus. J’ai seulement recueilli six canards et deux oies en mal d’affection.
  • Ton bon cœur te perdra. Tiens, je vois un pré sympathique en bordure de la forêt. Si on allait casser la croûte ?
  • Ce n’est pas de refus, répondent les deux montures.
Suite du chapitre quatre
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