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Littérature


Suite et fin du troisième chapitre

Publié par François d'Auberoche sur 2 Octobre 2014, 20:40pm

  • J’aurais l’air malin. Je ressemblerais plus à un pompier qu’à un guerrier, avec une grande échelle dans le dos. Pourquoi pas des tuyaux, aussi ?
  • On peut faire quelque chose de pliant, très simple et pratique. J’ai déjà dans la tête un projet que je vous soumettrai.
  • Merci beaucoup, pour l’instant il faut s’occuper des bêtes.
  • Un peu de respect, s’il vous plaît, envers vos fidèles montures, Messire le héros, fit remarquer Aberlour.

Joyeux coupa court :

  • Atchoum et moi, on s’occupe du petit bavard. Vous, Messire, avec Timide et Dormeur, du cheval. Prof leur donnera des soins s'ils ont été blessés.
  • Oui, à vue de nez j’ai du travail, le cheval a sur les jambes de belles estafilades et le mulet un méchant coup de croc au poitrail.
  • Hé oui. Je ne suis pas comme certains chouchous qui ont besoin d’être protégés par un guerrier et une épée, alors qu’ils sont grands, forts et...
  • Arrête de râler, sinon tu vas déguster un coup de sabot que ta tête, elle fera trois tours ! le menaça Bowmore.

Les nains et Galaad calmèrent les deux équidés et s’occupèrent d’eux. On enleva d’abord la selle de Bowmore et le bât d'Aberlour, on passa ensuite aux soins. Ils eurent droit à la totale : douche, shampooing, rinçage, séchage, bouchonnage, brossage, curage, etc. Puis, Prof vint appliquer un onguent sur leurs plaies qui, heureusement, n’étaient pas trop graves. Ils se retrouvèrent ensuite attablés devant une appétissante mangeoire pleine de bon foin et d’avoine. On leur servit aussi un seau d’eau fraîche et pure, puis on leur souhaita une bonne nuit.

  • Et mon bisou ? demanda Aberlour.
  • Bizz, Bizz, s’exécuta le paladin avant de fermer la porte.

Au même moment, bien loin de l’Armorique, tout en haut de l’Olympe, Zeus recevait. Le souper avait été une réussite. Les plats les plus rares avaient été servis dans de la porcelaine fine et les meilleurs millésimes de vins rarissimes dans de la cristallerie totalement anachronique. Ce qui ne gêne personne, car les dieux vivent en dehors du temps et de l’espace.

Le café était servi sur la grande terrasse, d’où l’on jouissait de la meilleure vue pour se moquer des mortels. Maintenant les déesses disaient du mal des autres, tandis qu’un peu plus loin, les dieux jouaient aux cartes en buvant de grands verres d’Armagnac et en tirant d’énormes bouffées de leur cigare.

Ils n’étaient que sept à la table de jeux : Zeus, Poséidon, Arès, Dionysos, Héphaïstos, Hadès et Eros[1]. Apollon préférant discuter avec Aphrodite, et Hermès en service.

Eros avait quatre As et un roi. Il dit tranquillement :

  • J’ouvre de 1.000 drachmes.
  • Je me couche, dit Zeus qui était très méfiant et n’avait de la chance qu’en amour.
  • Idem, lança Arès qui n’avait que des petites cartes.
  • Moi, je prendrai bien un verre, déclara Dionysos.
  • Ce n’est pas une annonce ça, lui fit remarquer Zeus. Qu’est-ce que tu veux ?
  • Encore de l’Armagnac, répondit le pochard.
  • Eros ! appela Hermès qui venait d’entrer en volant. Un message pour toi.
  • Donne ! dit Eros à Hermès. Excusez-moi, je suis de permanence ce soir, lança-t-il aux autres joueurs.

Le petit dieu lut rapidement la missive, se leva et s’excusa :

  • Désolé, une urgence. Je dois y aller tout de suite. Tu veux bien me remplacer, Hermès ?
  • Avec joie, j’adore le poker. Fais voir ton jeu. Génial ! chuchota-t-il. Qu’est-ce que tu as fait ?
  • J’ai lancé de 1.000 drachmes.
  • OK, je te remplace.

Eros courut trouver Aphrodite :

  • Excuse-moi, Maman ! Je sais que je suis de permanence mais c’est encore pour Galaad. Comme c’est toi qui as passé un accord avec la fée Lycie, il faudrait que tu prennes une décision. Je ne vais pas y aller toutes les cinq minutes.
  • Tu as raison, mais la concurrence devient rude, il ne faut pas perdre un client en le mécontentant. Je viens avec toi, j’ai une idée qui va régler l’affaire définitivement.
  • Tu as le texte de cette malédiction, Maman ? Que je l’étudie.
  • Bien sûr ! Tiens lis ça : « Sois maudit, Galaad ! Sois maudit ! Tu chercheras pendant des années et na, na, na, tu regretteras de m’avoir rejetée. Sois maudit ! Trois fois maudit, tu n’es pas prêt de trouver ce sacré Graal, na, na, na, tu chercheras pendant des décennies et na, na, na, etc. »
  • Pas de problème, elle l’a bien rédigé, ça tiendrait en Cassation. On doit l’aider à embêter ce jeune homme !

La mère et le fils décollèrent rapidement et se perdirent dans la nuit.

[1] Voir en fin de volume les fonctions de chaque dieu et déesse.

Suite et fin du troisième chapitre

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