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Littérature


La Quête du Saint Graal Tome 1 Chapitre 10 (suite 2)

Publié par François d'Auberoche sur 19 Novembre 2014, 05:01am

La Quête du Saint Graal Tome 1 Chapitre 10 (suite 2)
  • Oh flûte, on venait juste de rentrer de l’enclos, on s’apprêtait à dormir. Comment on va faire maintenant ? hurla Oscar, le poney de Grincheux.
  • Pas d’accord, ici c’est une écurie, pas une décharge à ordures ! hennit Praline, la ponette de Dormeur.
  • On ne vous demande pas votre avis, intervint Grincheux.
  • On n'a déjà pas bien dormi la nuit dernière, dit Dalta, la ponette de Prof. Pas d’accord, allez la laver ou on fait grève pendant une semaine.
  • Si elle aussi s’en mêle c’est sérieux ! dit Prof. C’est vrai qu’elle pue. Que faire ? On ne peut pas la faire coucher dehors et je me vois mal la déshabillant pour la laver.
  • Ce pourrait être une punition pour les deux ostrogoths qui ont créé tous ces problèmes, dit Grincheux. On la pose devant l’abreuvoir, Gourmand et Dormeur se débrouilleront.

Quelques instants plus tard, la mère Denis s’affala avec un bruit de méduse devant l’abreuvoir. Joyeux courut chercher une brosse en chiendent, un savon noir et tendit le tout aux pauvres punis. Ces derniers, surmontant leurs nausées, entreprirent le dépiautage de la lavandière. Un demi-siècle plus tôt, la maman de celle-ci devait adorer dégrafer les vêtements de demoiselle Denis et lui faire de tendres bisous sur son petit ventre rose, mais ce ne fut pas le cas de ceux qui la déshabillèrent ce soir là. A la vue du quintal de viande noirâtre qui s'échappa de ses habits, les deux nains faillirent s’évanouir, ils en lâchèrent la belle. Une agréable odeur de dame jamais lavée s’éleva jusqu'à leurs narines. Les spectateurs qui s’étaient mis à distance respectable virent nos deux pauvres nains courir vers le ruisseau.

  • La truite ne va pas être contente, dit Joyeux.
  • Allons les repêcher, dit Atchoum, sans éternuer. C’est génial, elle m’a enlevé mon rhume.

Après le énième sauvetage de la journée, il fut décidé de s’y mettre tous, en prenant la précaution de se poser devant les narines un mouchoir imbibé d’eau de lavande. Puis, tandis que les habits de la belle étaient mis à bouillir dans un grand récipient, l’habitante de ceux-ci était fourrée dans l’abreuvoir.

Nous vous épargnerons le spectacle pénible de la nudité de la mère Denis, sachez seulement qu’elle se mit à glapir, malgré son coma éthylique, dès qu’elle fut plongée dans l’eau pure. Son instinct la poussait à refuser l’eau, dont elle avait pourtant grand besoin.

  • C’est quand même vache ce qu’on lui fait, reconnut Kerbauzon, l’eau, c’est fait pour être dessus, pas dedans.
  • D’accord avec toi, admit Joyeux, mais la mère Denis ne s’est jamais fait laver par les embruns.

Il fallut la brosser, la savonner et l’étriller pendant une bonne heure pour enlever la couche de crasse qui recouvrait sa peau. Evidemment, elle n’était pas blanche, elle était même rouge vermillon, tant les nains l’avaient grattée avec la brosse. Mais au moins elle ne sentait plus le vieux mollusque. On poussa même le luxe jusqu'à la badigeonner d’eau de lavande. Ensuite, roulée dans une couverture, elle fut jetée sur un tas de paille dans l’écurie, sous la garde de Bowmore attaché à côté. Aberlour intervint :

  • Si elle ne ronfle pas d’accord, on voudrait dormir.
  • Si elle ronfle, dit Prof, vous nous appelez, on la déménagera.

Puis, les sept nains et leur invité retournèrent dans la salle commune pour le souper. Pendant ce temps, la pauvre Blanche Neige, à genoux à côté de la couche de son chevalier favori, pleurait en priant, ou priait en pleurant selon son humeur.

Vers minuit, après avoir épuisé toutes les larmes de son corps, elle s’affala sur le lit à côté du héros et s’endormit aussitôt. Les nains qui avaient fini leur repas allèrent en faire autant dans leur lit respectif et l’amiral s’allongea sur la table, après avoir prétendu qu’il dormirait sur le pont. Peu après, le silence régnait dans la maison des nains.

Ce fut le moment que choisit Galaad pour se réveiller. L’onguent n’avait pas calmé la douleur et les soins de la mère Denis avaient eu peu d’efficacité. Bref, cela le brûlait de partout et il se sentait très fatigué. Il bougea la tête sur l’oreiller et eut l’impression d’être chatouillé. Il porta la main à sa tête et fut étonné d’y trouver des crevasses mais encore plus de sentir plein de poils qui le caressaient. Il ferma la main sur eux et ramena une poignée de cheveux.

Il se dressa d’un bond, il vit Blanche Neige assoupie à côté de lui, mais cette vision enchanteresse ne le calma pas pour autant. Il regarda son oreiller et le vit couvert de cheveux. En revanche sa main n’en détectait pas un seul sur son crâne. Il eut aussi la sensation d’avoir quelque chose qui lui manquait, mais il ne savait pas quoi.

Il sortit des draps de soie et regarda son corps. Il avait été blessé maintes fois, mais jamais autant. Partout, sa chair n’était qu’une plaie, rouge et purulente. Il se souvint d’avoir admiré Blanche Neige et d’avoir couru se plonger dans le bain, ensuite le trou noir. Plus rien ne lui revenait.

« J’ai dû me brûler, l’eau était trop chaude. » pensa-t-il. « Ce n’est pas possible, elle devait être bouillante pour que je sois dans un pareil état. » Il se leva doucement, car la tête lui tournait un peu et, à la lueur d’une lampe à huile, se dirigea vers le boudoir de Blanche Neige.

« Il doit y avoir un miroir. Je voudrais savoir combien je suis navré. »

Il y avait, effectivement, un grand miroir dans le boudoir. Il faillit lâcher la lampe quand il se vit, il poussa alors un hurlement gigantesque :

  • Ouah ! Mon nez ! Et mes oreilles aussi ! Par les cornes de Lucifer, sans cheveux, sans nez et sans oreilles, j’ai tout l’air d’un cadavre.

Blanche Neige, réveillée par ses cris, accourut.

  • Enfin, tu es debout. Oh Galaad, comme je suis heureuse. Tu es guéri.
  • Hein, je suis guéri. Tu as vu ma tête, une tête de mort !
  • Mais cela va revenir puisque tu vas mieux.
  • Ecoute, les cheveux ça repousse, mais pas le nez ni les oreilles. Je ne sais pas pourquoi ils sont tombés, mais je sais que jamais ils ne reviendront.
  • Tu as été ébouillanté. C’est très grave, mais tu es vivant et tout reviendra comme avant. Je le sais Galaad, puisque je t’aime.
  • Je t’aime moi aussi, mais tu es si belle et moi si horrible. Je rêvais qu’un jour, après ma recherche, tu serais ma compagne. J’abandonne ce rêve et je pars continuer ma quête. Chevalier solitaire j’étais, chevalier solitaire je resterai, jusqu'à la fin de mes jours. Bien, je serai un précurseur, le premier chevalier à la triste figure. Allons, je m’habille et je pars.
  • Non, je ne pourrai jamais vivre sans toi, je ne pourrai pas, ne pars pas, j’en mourrai, un instant sans toi et je n’existe pas. Mais mon amour, ne me quitte pas.
  • Si ! Je ne peux t’infliger ce spectacle. Adieu, Blanche Neige. Tu trouveras bien un prince charmant, avec un nez et des oreilles.
  • Non, Galaad, mon amour est plus fort que tout, il te guérira.
  • Je ne crois pas aux miracles, hurla Galaad. Je m'en vais.

Et il quitta la chambre pour chercher ses vêtements. Ne les trouvant pas, il passa dans le bureau de Prof à leur recherche. Blanche Neige était accrochée à sa jambe droite et se faisait traîner pour l’empêcher de partir.

  • Lâche-moi les poulaines, Blanche Neige, je dois partir.
  • Je ne te lâcherai jamais Galaad. Je suis une princesse fidèle, je t’aimerais même si tu étais lépreux.
  • C’est pire, je suis en bonne santé et tous mes membres tombent.
  • Mais cela ne fait rien, Galaad, ce n’est pas le corps qui compte, l’important, c’est la beauté intérieure, je suis sûre que si j’étais grosse, moche, sale, répugnante, tu m’aimerais quand même.
  • Ben, c’est pas sûr.

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