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Littérature


La Quête du Saint Graal Tome 1 Chapitre 9 (suite 2)

Publié par François d'Auberoche sur 12 Novembre 2014, 06:00am

La Quête du Saint Graal Tome 1 Chapitre 9 (suite 2)
  • Mélusine, pose-moi, mais nettoie cette cour au lance-flammes auparavant.

Mélusine, brave fille, se contenta de souffler le bûcher d’un jet de flammes puissant et précis. Ce fut suffisant. Tous cessèrent immédiatement leurs occupations et s’égayèrent dans toutes les directions.

  • Chambellan ! Capitaine ! Au pied, tout de suite ! hurla la reine, tandis que la dragonne se posait à côté du brasier.

Seuls des bruits de course éperdue répondirent à cette injonction comminatoire. Avisant le garde le plus proche qui dévorait un gigot d’agneau, elle l'appela:

  • Trouve-moi le capitaine ou tu finis la nuit en crapaud pustuleux !
  • Ouiiiiiiiii, ma, ma, ma reine, bredouilla-t-il et il partit en sautant comme une grenouille vers le fond de la cour.

Le garde revint bientôt, tenant son gigot d’une main et le capitaine de l’autre. Sans le secours de son garde, ce dernier n’aurait pas pu se déplacer, ses jambes flageolantes ondulaient en tentant de suivre son corps tiré par le col. Le garde lâcha son fardeau au pied de la reine et détala vers la cave la plus lointaine. Le capitaine s’affala comme une chique en émettant un rot sonore et odoriférant, puis il continua son somme.

  • Je vais devenir folle, hurla la reine.
  • Calme-toi, Léonie, ce n’est pas bon pour tes liftings. Tiens, regarde aux murailles. Tu as des gardes qui sont en uniforme et qui ont l’air à jeun. J’en appelle un. Sergent, descends ! cria-t-elle en désignant un jeune sous-officier.

Celui-ci qui, malgré sa jeunesse, avait compris la dangerosité de la situation ainsi que les opportunités, sauta immédiatement dans la cour au risque de se rompre les os. Il se redressa d’un bond et, se plantant à six pas de la reine, se mit au garde à vous et la salua en hurlant :

  • Sergent La Fève au rapport. Chef du quatrième groupe, seconde section, compagnie royale des gardes, à vos ordres Majesté.
  • Bien, petit ! Sais-tu où est le chambellan ?
  • Oui, ma reine, dans la cinquième oubliette.
  • Qu’est-ce qu’il fait là-dedans ?
  • Il y a été poussé.
  • Par qui ? Pourquoi ?
  • Par le capitaine et le bourreau. Le chambellan ne voulait pas que les autres fassent la fête comme ça.
  • Brave chambellan. Et toi, pourquoi ne faisais-tu pas la fête ?
  • J’étais de garde, Majesté.
  • Hé bien ! Tu as eu de la veine, Capitaine La Fève ! Tu prends le commandement de la garde du château à partir de maintenant. Ecoute mes ordres et exécute-les sur l’heure. Tout d’abord, fais clore et garder toutes les issues du château. Personne ne doit sortir sous peine de mort. Ensuite, fais rassembler par tes gardes tout le personnel du château dans la cour. Puis, tu arrêtes le bourreau, tu nommes à sa place le moins ivre de ses aides et, avec lui, tu décimes tout le personnel. Mort par le pal. Tu as compris ?
  • Oui, je décime par le pal tout le personnel.
  • Ne sont pas comptabilisés dans la décimation, le chambellan que tu fais libérer et que tu m’envoies, le capitaine qui doit obligatoirement être empalé ainsi que le chapelain et surtout le bourreau. C’est clair ?
  • Tout à fait clair Majesté. J’empale le chambellan et je vous l’envoie. Pour les autres, j’ai un doute.
  • Mais non, triple buse. Tu empales les autres et tu m’envoies le chambellan.
  • Le chambellan, empalé ou non ?
  • NON ! Vivant, sinon c’est toi que j’empale ! Compris ?
  • Entendre c’est obéir, ô ma reine, répondit La Fève, en claquant des talons.
  • Je vais dans ma chambre, envoie-moi une chambrière. A jeun, je précise. Mélusine, peux-tu me porter dans ma chambre, s’il te plaît.
  • Oui, mais je dois me changer, sinon je ne passerais pas les portes.

Après avoir posé la reine délicatement sur le sol, Mélusine s’apprêta à reprendre son apparence de jolie femme. Mais la reine hurla avant :

  • Ouïe, Ouaïe, Ouïouïe, Mélusine, il y a des braises là-dessous.
  • Mince et Zut. Excuse-moi, je n’avais pas fait attention. Ça fume, attends, je vais souffler pour éteindre.
  • Noooon ! Ne souffle pas.
  • Ah, oui, vite les fesses dans l’eau. Voilà ça va ma grande ?
  • Une jambe cassée, les fesses brûlées, mon château saccagé, mon meilleur vin bu, Blanche Neige toujours vivante et tu me demandes si ça va ! Mais c’est ma mort que tu veux ?
  • Reste calme, je me change, je t’amène dans ta chambre et je te soigne. On verra pour le reste des ennuis plus tard. Chaque chose en son temps.

Quelques minutes plus tard, la reine était à plat ventre sur son lit tandis que Mélusine lui tartinait les fesses avec un onguent à base de pavot.

  • Ça devrait te faire moins mal.
  • Oui, ça soulage, mais comment est la brûlure ?
  • Pas très belle, la peau est brûlée profondément. Ce qu’il te faudrait c’est un guérisseur qui t’enlève cette brûlure.
  • Tu en connais ?
  • Ben oui, en bordure de la forêt, à Ploucornec, il y a la mère Denis.
  • C’est trop loin, je n’attendrai pas qu’on me l’amène. Passe-moi mon miroir, je vais me soigner toute seule. Je sais enlever les brûlures, moi aussi.

Mélusine prit le miroir et le tint de façon à ce que la reine puisse apercevoir le bas de son dos. En veine d’espièglerie, elle demanda :

  • Miroir, dis-moi qui est la plus belle ?

Le génie du miroir apparut en baillant, visiblement toujours de mauvaise humeur.

  • C’est quoi encore ? Vous avez vu l’heure ? Je ne me lève pas comme les poules, moi. J’ai des horaires normaux. Qu’est-ce qui se passe encore ? J’espère que c’est pour une urgence. Mais qui es-tu ? Je ne te connais pas, dit-il au postérieur de la reine.
  • Imbécile, tu parles à mes fesses. Rendors-toi, on ne t’a pas sonné.
  • Faudrait voir à être polie. Je n’ai pas rêvé, si tu fais un faux numéro, faudrait s’excuser. Mais moi à ta place, si j’avais un derrière comme tu as la figure, j’aurais honte à caguer.
  • Nom de Zeus ! Elles ne sont pas belles mes fesses ?
  • T’excite pas Léonie ! Mille excuses, Messire le génie, pour cette erreur.
  • Ouais, ça va pour cette fois. Mais on vérifie avant d’appeler pour ne pas déranger ceux qui dorment. J’ai eu une sale nuit, avec l’autre affreuse qu’arrête pas de me questionner. Allez, je me recouche. Ciao !
  • Ce n’est pas vrai ! On n’est plus servi. Si je pouvais, il passerait un sale quart d’heure, tout génie qu’il est.
  • Voyons, voyons, Léonie, calme-toi. Tu dois garder des forces pour te soigner.
  • Oui, tu as raison. Incline un peu en bas à gauche ! C’est pas beau en effet, c’est bien brûlé. Il va falloir que je me concentre. Bon allons-y. Soignator ! Usor ! Dilapidator ! Dentor ! Concisor ! Devorator ! Seductor et Seminator ! Semeurs de brûlures, qui êtes ici dans mon royal séant, vous qui infusez le feu et propagez les flammes, je vous en conjure et vous l’ordonne, par la grande ténébreuse et son époux cornu, allez, partez et volez ! Faites ce que je vous commande !
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