Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

auberoche.overblog.com

auberoche.overblog.com

Littérature


La Quête du Saint Graal Tome 1 Chapitre 9 (suite 4)

Publié par François d'Auberoche sur 14 Novembre 2014, 03:09am

La Quête du Saint Graal Tome 1 Chapitre 9  (suite 4)

Cette passionnante conversation fut interrompue. Le capitaine suivi d’une cagoule sur pattes, fit son entrée en courant. Tous les deux étaient couverts de sang.

  • Vous nous avez demandés, Majesté ? A vos ordres. Ah, Majesté, la servante, qui est venue nous chercher, vous a quittée.
  • C’est pas vrai ? Pourquoi ?
  • Ben, elle a glissé dans une flaque de sang et a basculé dans les douves. Elle a coulé à pic.
  • Mince. Tu iras m’en quérir une autre, imbécile.
  • Ben, entre celles qui se sont noyées et les empalées, je crains qu’il n’en reste pas en état de vous servir.
  • Nom de Zeus de nom de Zeus. Qu’est-ce que tu m’as fait comme carnage. Et qu’est-ce que c’est que cette cagoule ?
  • Le nouveau bourreau, Majesté, répondit La Fève en soulevant la cagoule qui dévoila un gamin tout souriant, aux incisives centrales supérieures largement espacées.
  • Mais, il a quel âge ?
  • J’aurions dix ans à la Saint Michel, répondit le môme.
  • Un bourreau de dix ans ! Tu n’as pas trouvé mieux, imbécile ?
  • Ben non. Tous les aides bourreaux étaient torchés, il ne restait que Nicolas, ce jeune apprenti. Il connaît pas grand chose, c’est pas du travail précis, mais il est plein de bonne volonté.
  • Au moins, il ne boit pas. C’est bien mon petit.
  • Ben, j’aurions ben voulu, mais la grosse Marie, la cuisinière, elle m'a forcé à tourner la broche. Moi, un apprenti bourreau !
  • Oh, ça suffit. Alors, il paraît que tu as fait un vrai massacre.
  • J’vous raconte pas. Pour un début, c’est un sacré début. J’étions apprenti seulement depuis les rameaux. J’avions pas encore vu beaucoup d’empalages. Comme disait le bourreau, à Pâques, c’est la morte saison. J’ficelions seulement les condamnés et, encore, que les petits. Mais aujourd’hui, je m’suis rattrapé, j’avions abattu un sacré boulot. Heureusement que les gardes m’ont aidé, car les condamnés étaient ben trop lourds pour moué. C’était pas facile sans rien voir, car cette saleté de cagoule est trop grande. J’avions pas les yeux en face des trous. J'ai planté à l’aveuglette, mais le principal c’est qu’ils soient embrochés, quel que soit le trou. Il y en a même par les oreilles. D’accord, c’est pas du travail d’artiste, c’est du travail d’apprenti, mais le travail est fait. On a presque fini.
  • Quoi ?
  • J’savions pas compter, mais il en reste pas plus que les doigts de mes mains.
  • Sergent, comment se fait-il qu’il y ait plus de deux cents empalés sur les murailles de mon château ? questionna la reine d’une voix cinglante.
  • Je ne suis plus capitaine ?
  • On verra. Pour l’instant, réponds !
  • Ben, j’sais pas, Majesté. Moi, j’ai décimé.
  • Ne me raconte pas de bêtises. Il y a environ deux cent cinquante personnes qui vivent dans le château. Si tu décimes normalement, en tuant un sur dix, ça doit faire vingt-cinq empalés. Seuls les journalistes croient que décimer, ça veut dire : tuer tout le monde. Tu ne sais donc pas compter ?
  • Si, mais pas très bien. Je sais compter que jusqu’à deux, j’en ai mis deux de côté et tous les autres au pal. L’important, c’était de décimer. Le chapelain a voulu ramener sa science, on l’a trucidé le premier avec le bourreau, le gamin avait un compte à régler.
  • Tu m’as tué tout le monde ? Triple âne. C’est pas possible, comment se fait-il, que, toi un sergent, maintenant simple soldat, tu ne saches compter que jusqu'à deux ?
  • C’est ce que l’on nous demande à l’examen d’entrée de l’école des sergents, c’est suffisant pour marcher au pas. A Un, c’est le pied gauche qui se pose, à Deux c’est le droit, ça suffit ! On sait compter pour marcher au pas.

La reine avant de s’effondrer dans ses oreillers eut encore la force de crier :

  • Journaliste !

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents