Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

auberoche.overblog.com

auberoche.overblog.com

Littérature


L’EVASION

Publié par François Auberoche sur 30 Mars 2015, 07:05am

L’EVASION
  • Avons-nous des chances ? demanda Claire
  • Je ne sais pas, mais qui ose, gagne !
  • Alors, au travail ! s’écria Claire. Les garçons, venez ici.
  • Oui ! répondirent ensemble Antoine et Basile. Qu’y a-t-il ?
  • Nous avons décidé, dit Adeline, de nous évader d’ici. Quelqu’un a-t-il une idée pour y arriver ?
  • Je l’ai dit en arrivant ! s’exclama Antoine. Les bardeaux de la cage tiennent avec des lianes. Nous rongeons ces lianes, nous faisons un trou et nous nous évadons.
  • Bravo, lui dit Basile. Comment fais-tu ? La cage est accrochée à une branche d’un grand pin à vingt mètres du sol.
  • Facile, lui répondit Antoine. On fait comme avec une balançoire. On balance la cage jusqu’à ce qu’elle touche l’arbre voisin et on s’en va.
  • Pas bête du tout, approuva Claire. Mais comment descendre de ce pin ? Il n’y a pas de branches, c’est lisse jusqu’au sol.
  • Comment font les pompiers ? demanda Antoine. Ils se laissent glisser le long du tronc en freinant avec les bras et les jambes.
  • Moi et Adeline, ça va, lui dit Claire. Mais Basile et toi, vous n’allez pas rire, vous êtes en short !
  • On va trouver une solution, répondit Antoine. Pour l’instant, on se met au travail ! Où va-t-on faire la sortie ?

Après plusieurs observations complètes de la cage, des pins avoisinants, des lianes, etc. les quatre prisonniers aboutirent à la décision de créer un orifice sur le côté opposé de l’entrée, à cinquante centimètres du sol. Cette sortie devrait faire au moins soixante centimètres de large et autant de haut si possible. Antoine décida que puisqu’il avait eu l’idée, c’était à lui de commencer. Cinq minutes après, il décida de s’arrêter parce que c’était au tour de Basile. Dix minutes plus tard, les quatre détenus convinrent de s’arrêter avant d’avoir les gencives en sang. Ils demanderaient le lendemain l’aide des écureuils qui, étant des rongeurs, devaient avoir de meilleures dents qu’eux pour trancher ces lianes plus dures que du fil de fer.

Après une excellente nuit agrémentée de rêves d’évasion, ils accueillirent avec joie les quatre écureuils qui, ponctuels, étaient venus avant l’aube avec des plantes pour soigner Adeline et d’autres pour la digestion. Le jeune écureuil et sa sœur allèrent essayer leurs dents sur les lianes indiquées par Antoine. En cinq secondes, le nœud d’un bardeau* fut tranché. On décida de s’arrêter là pour la journée, les écureuils reviendraient le soir pour faire l’ouverture juste avant la nuit. Ainsi le projet d’évasion ne serait pas décelé dans la journée et les captifs pourraient fuir dans les ténèbres.

L’EVASION

La journée se passa donc en attente. Elle fut interminable. Ils répétèrent cent fois dans leur tête ce qu’ils devraient faire le soir. Ils avaient tous fait au moins une fois de l’accrobranche, ce loisir acrobatique forestier qui consiste à grimper et à se déplacer dans les arbres. Ils ne seraient donc pas surpris, mais ils savaient qu’il y aurait en plus du stress de l’évasion, le risque de se faire reprendre. Quand arriva enfin le repas du soir, les quatre prisonniers poussèrent un ouf de soulagement et surprirent les gardes en se ruant sur la nourriture et en se resservant avant même qu’on leur propose. Une fois leurs assiettes vides, les captifs attendirent impatiemment que les gardiennes s’en aillent pour faire signe aux écureuils de venir et débuter la procédure d’évasion.

Mais ce furent les gardes qui les surprirent. Elles leurs lièrent les mains, appelèrent quatre autres dryades et les firent sortir de la cage par la passerelle réservée aux gardes. Sous bonne escorte, ils furent emmenés dans la cabane de la matriarche et forcés à se coucher à ses pieds.

L’ancêtre les tâta, les palpa, les pinça partout, les bras, les cuisses, les joues, le ventre, etc. tout en grognant. Cela dura cinq bonnes minutes. Elle s’attarda plus longtemps sur les deux garçons et les palpa de nouveau. Puis elle s’exclama :

  • Vous croyez que je vais vous nourrir longtemps à ne rien faire ? Nos chasseurs s’épuisent à trouver du gibier et vous n’engraissez pas ! Cela suffit ! Je vais manger demain les deux jeunes hommes et vous, les deux femmes grossissez ! Egorgez ces deux petits !

Elle désigna Antoine et Basile qui devinrent livides. Une dryade s’avança avec un couteau en pierre taillée et s’approcha d’Antoine.

L’EVASION

Adeline se releva d’un bond, se mit devant le coutelas et dit à la vieille.

  • Patience, ô grande souveraine ! Vois comme lui et l’autre garçon ont pris rapidement du poids. Nous engraissons lentement, c’est vrai, mais tu auras ta récompense dans un jour ou deux. Pas plus. La viande et la graisse fondront dans ta bouche. Ne gâche pas ton plaisir par trop de précipitation. Avec la viande donne-nous, en plus, des herbes qui font grossir. Je peux te montrer lesquelles demain.
  • Tu parles sagement femme ! Soit, j’attendrai et quand je sucerai ta viande je bénirai ton esprit pour ta sagacité*. Tu iras cueillir ces herbes. Qu’on les ramène !

L’ancêtre fit un geste et les prisonniers furent reconduits dans leur cellule. Ils titubaient sur leurs jambes. Antoine et Basile avaient échappé à la mort de peu ! Une fois détachés, les deux garçons se jetèrent dans les bras d’Adeline en pleurant. Claire vint les embrasser. Tous les quatre étaient émus, ils tremblaient encore de peur.

  • Il faut se ressaisir, intervint Adeline. Nous devons fuir ce soir. Vite Antoine, appelle les écureuils !

Antoine donna un coup de sifflet et les quatre écureuils arrivèrent au galop. Sans perdre un seul instant ils se mirent au travail. Une porte de plus d’un mètre de haut sur soixante de large fut faite dans le fond de la cage, en moins de temps qu’il n’en faut pour le lire. Les prisonniers se mirent aussitôt à l’ouvrage pour faire osciller la cage. S’accroupissant au bord de celle-ci, ils se relevèrent tous les quatre ensemble et progressivement firent osciller leur prison.

Ce balancement s’amplifia rapidement et l’arbre voisin fut rapidement atteint. Claire sauta la première avec un écureuil et réceptionna Basile au balancement suivant.

Celui-ci commença sa descente, freinant celle-ci avec la semelle de ses sandales plaquées fortement contre le pin ; ses mains ne lui servant qu’à garder son équilibre. C’était la méthode qu’ils avaient mis au point en discutant dans la journée même. Ce fut ensuite au tour d’Antoine, qui arrivé au sol rejoignit Basile sous un arbousier. Adeline clôtura la série avec le dernier écureuil. Arrivée sur le pin, elle fit descendre Claire et la suivit peu après.

Regroupés tous les quatre sous l’arbuste* où étaient les garçons, ils partirent silencieusement dans la nuit en file indienne. Chacun avait un écureuil sur son épaule.

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents