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Littérature


LES RECHERCHES

Publié par François Auberoche sur 9 Mars 2015, 08:00am

LES RECHERCHES

Le jour se levait sur la marina de Talaris. Peu de personnes avaient dormi. Le bruit des vedettes et des compresseurs* des plongeurs qui fouillaient les crastes et les petits étangs avait été incessant. Un hélicoptère équipé d’une caméra thermique* avait survolé longtemps et bruyamment le lac et les abords de la marina, à la recherche de corps flottant à la surface.

 Maintenant des renforts de plongeurs de la gendarmerie, de la sécurité civile et de la Marine nationale venaient d’arriver par moyen aérien.

Le lac allait être fouillé totalement par des plongeurs. Tous ses environs allaient faire l’objet de recherches à l’aide de caméras thermiques embarquées à bord d’hélicoptères.

Il faut dire que la mère de Basile et les parents de Claire et d’Antoine n’avaient cessé de faire le siège des autorités pour que leurs enfants soient retrouvés. Pour l’instant, il n’y avait aucun résultat, aucun indice. Antoine avait disparu sous l’eau du port, c’était certain. Adeline et Claire l’avaient vu tomber à l’eau. Alors il aurait dû être retrouvé. S’il s’était noyé, le corps n’aurait pu dériver bien loin. Il n’y a presque pas de courant dans le craste du pont des tables et encore moins dans le lac de Lacanau.

LES RECHERCHES

La piste de Basile, d’Adeline et de Claire s’arrêtait au bord de l’eau dans les petits étangs au nord du belvédère. Fouillés en entier durant toute la nuit par des plongeurs maintenant exténués, aucune trace des disparus n’avait été découverte. Aucune explication logique, aucune piste ne pouvait être privilégiée. Des plaisanciers avaient confirmé la présence dans le lac d’un silure, aperçu de temps en temps à différents endroits du lac. Même si cette présence était inexplicable, elle était la preuve qu’Adeline aurait bien vu cet énorme poisson et qu’il aurait pu entraîner Antoine sous l’eau. Mais qu’avaient fait ensuite la jeune fille et les deux enfants ? Auraient-ils vu le silure et tenté de le rejoindre ?

LES RECHERCHES

Pour avoir des réponses, il fallait chercher et c’est ce que le préfet avait ordonné de faire en priorité. Les plongeurs nouvellement arrivés commencèrent à explorer les fonds lacustres* en s’éloignant de la marina. Deux vedettes tirèrent chacune une barre de remorquage à laquelle se tenait un groupe de cinq plongeurs pour ratisser le fond du lac.

Pendant ce temps, deux hélicoptères équipés de caméras thermiques commencèrent à faire le tour du lac en balayant une zone proche de la rive. Tout corps d’être humain et d’animal, vivant ou mort récemment, serait détecté. Ces caméras détectaient la chaleur des corps, permettaient de grossir l’image et de faire rapidement le tri entre des animaux et des humains.

Pour les sauveteurs la matinée fut épuisante. Fouiller un lac en plongée n’est pas de tout repos et scruter l’écran de contrôle d’une caméra thermique* use considérablement les nerfs de l’utilisateur. Il doit sans arrêt demander au pilote de l’hélicoptère de ralentir ou de faire un vol stationnaire pendant qu’il zoome sur un point suspect qui se révèle être un lapin, une mouette ou un adepte du bronzage.

LES RECHERCHES

Vers onze heures du matin, l’équipage de l’hélicoptère qui patrouillait vers le sud du lac appela le PC des secours, installé par la gendarmerie sur le parking de la marina près du belvédère. Un énorme poisson mort correspondant à la description d’un silure venait d’être découvert échoué sur la rive d’une petite anse, vers le sud-est du lac.

Le commandant de gendarmerie qui dirigeait les secours sur le terrain, embarqua aussitôt dans un hélicoptère avec trois gendarmes et l’équipe cynophile* pour effectuer des recherches sur place. En quelques minutes ils furent arrivés, le silure fut formellement authentifié. Des traces de pas furent décelées et suivies par le berger allemand de l’équipe cynophile. Les enquêteurs reconnurent formellement les empreintes de pas de Basile, d’Adeline et de Claire relevées à la marina. Le chien, heureux de retrouver les traces identifiées la veille, amena rapidement les gendarmes dans une clairière où quatre poteaux et des cordes attestaient que quatre personnes y avaient été attachées.

Sur l’un de ces poteaux des traces de sang furent relevées. Les poteaux furent aussitôt enlevés pour être analysés et comparés à des échantillons de cheveux des quatre disparus ; afin de savoir si le sang appartenait à l’un d’entre eux et si des cheveux ne s’y trouvaient pas.

LES RECHERCHES

Le sol avait été tassé par des dizaines et des dizaines de frappes minuscules, comme de tout petits pieds, suggéra un gendarme farceur. Le chien ne parvint pas à retrouver les traces des disparus. Il accompagna les enquêteurs qui suivirent les traces de frappes sur plusieurs centaines de mètres en direction du sud-ouest, avant qu’elles ne disparaissent mystérieusement dans un bosquet de pins.

C’était comme si les auteurs de ces traces s’étaient envolés, pas un indice au sol, ni dans les pins. Le chien décrivit un large cercle autour du lieu de cette disparition et ne trouva rien. Le commandant de l’hélicoptère reçut pour mission de patrouiller tout autour de ce lieu. Il tourna pendant plus d’une heure élargissant progressivement le rayon d’action de ses recherches à cinq kilomètres. Ce fut en vain.


On envoya les équipes de plongeurs pour fouiller les petites mares, les crastes, les chenaux*, le canal des étangs et le sud du lac de Lacanau. A la fin de la journée, il fallut se rendre à l’évidence : les trois enfants et Adeline étaient introuvables.

LES RECHERCHES

Le plan « épervier » fut déclenché : c'est-à-dire que toutes les routes dans un rayon de cent kilomètres autour de Lacanau furent contrôlées. Tous les points de passages obligés furent tenus par la police et la gendarmerie. Une compagnie de CRS et deux escadrons de gendarmerie mobile vinrent renforcer les unités territoriales. Tous les ponts de la Garonne, de la Gironde et de la Dordogne furent barrés. Tous les véhicules qui les empruntèrent - autos, motos, camions, autocars, etc. - furent arrêtés et fouillés. Les gares, l’aéroport de Bordeaux-Mérignac, les petits terrains d’aviation furent surveillés en permanence. Il en fut de même pour les bacs comme ceux de Royan - Le Verdon, Blaye - Lamarque, Arcachon - Cap Ferret, etc.

LES RECHERCHES

Toutes les maisons, villas, fermes, cabanes et autres demeures, furent perquisitionnées dans un rayon de trente kilomètres autour de Lacanau. Les résultats des analyses parvinrent en vingt-quatre heures. C’était bien le sang d’Antoine, ses cheveux et ceux des trois autres disparus qui étaient sur les poteaux. Au bout de deux jours de recherches infructueuses, le commandant du groupement de gendarmerie de la Gironde, la mort dans l’âme, annonça aux parents que le dispositif allait être allégé et qu’il n’y avait pas beaucoup d’espoir de retrouver les quatre disparus.

Où se trouvaient donc nos quatre disparus ? Vite, tournez la page !

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