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Littérature


FUITE DES DRYADES

Publié par François Auberoche sur 27 Avril 2015, 07:00am


Ils furent conduits à leur prison où on leur donna de l’eau et une marmite de pot au feu. Il ne leur restait plus qu’à profiter de leur dernière journée et à se préparer à leur fin prochaine. En fin de matinée, un bruit sympathique leur redonna de l’espoir : on entendait un hélicoptère qui tournait au-dessus de la forêt, là où se trouvaient la cave des fantômes. Bientôt, il les survolerait ! On entendait aussi des bruits de moteur de gros véhicules tout-terrain. Les gendarmes voulaient les retrouver rapidement et mettaient les moyens. Malheureusement, les dryades le comprirent aussitôt.

FUITE DES DRYADES

Elles décidèrent de quitter leur camp avant l’arrivée des enquêteurs. Huit dryades vinrent en vitesse les prendre et partirent au galop en se relayant pour les porter. Toutes les dryades fuyaient, même l’ancêtre portée par ses congénères. Elles partirent d’abord vers le sud puis tournèrent vers l’est au bout d’un kilomètre. Enfin elles achevèrent de brouiller leur piste en remontant vers le nord.

FUITE DES DRYADES


Elles évitèrent soigneusement le bord du lac de Lacanau, slalomèrent entre les nombreuses villas et sautèrent la route qui mène à l’océan. Elles coururent vers le nord pendant quatre heures et arrivèrent dans la réserve naturelle nationale des dunes et des marais d’Hourtin, au nord-ouest du lac du même nom. Elles avaient semé les gendarmes. Cela se voyait à la tête des gardiennes qui les attachèrent par les pieds et les mains à la cime de quatre grands arbres. Elles se moquèrent ouvertement des détenus. Claire explosa :

 

  • Bon sang ! Vous devez traiter correctement ceux que vous allez manger ! Un peu de compassion !
  • Elles s’en fichent, fit remarquer son frère.

Les dryades avaient dû comprendre et riaient aux éclats. Elles continuèrent leur travail et construisirent rapidement une cage sommaire. Elles portèrent un soin attentif au camouflage.

FUITE DES DRYADES


Les captifs, plongés dans la pénombre, étaient invisibles du ciel. Pour plus de précaution, elles leur attachèrent les mains dans le dos. Pour comble chacun d’entre eux fut lié à l’un des arbres. Quand elles furent parties, Antoine résuma bien la situation en disant :

  • Ce coup là, je sens qu’on va y passer.
  • On fait des paris ? proposa Basile.
  • J’aimerais bien que Basile gagne, souhaita Claire.
  • Moi aussi, dit Adeline, mais je ne vois pas comment.
  • J’ai une très longue ligne de vie, précisa Basile. Donc on va être sauvés !
  • Je te parie dix euros qu’on va être bouffés, avança Antoine.
  • Vingt, que non ! surenchérit Basile.
  • Moi, proposa Claire, je parie tout mon livret de caisse d’épargne que nous serons délivrés.
  • Nous verrons bien, dit Adeline. Quoi qu’il en soit, restez optimistes, c’est bien !

Pour passer le temps, Antoine lança des appels en écureuil et bientôt il fut en pleine conversation avec un couple de ces sympathiques animaux. Lui et Basile oublièrent ainsi ce qui les attendait le lendemain. Claire et Adeline passèrent le temps du mieux qu’elles purent, mais furent tenaillées toute la journée, par l’angoisse de ce qui les attendait le lendemain.

Le soir venu les dryades avaient trouvé le moyen de faire à manger chaud. Il n’y en avait pas beaucoup car elles avaient dû abandonner leurs provisions en fuyant. Mais ce fut amplement suffisant pour les quatre condamnés qui n’avaient pas trop le cœur à manger. L’avantage était d’avoir de nouveau les mains libres pour pouvoir s’alimenter. Afin d’éviter une séance de gavage pénible, tout le monde se força. Quand les porteuses revinrent pour emporter la marmite, celle-ci était vide. Une partie avait été jetée discrètement mais nul ne le vit.

Quand les dryades voulurent attacher de nouveau les mains des prisonniers, ceux-ci protestèrent avec véhémence :

  • Pas question ! hurla Antoine. Je ne pourrai pas dormir.
  • Bas les pattes ! cria Basile. Nous ne sommes pas des poulets.

Les deux filles joignirent leurs cris à ceux des garçons et accrochées aux garçons entamèrent une ronde de protestation qui empêcha les dryades de les ligoter. Finalement les dryades cédèrent pour respecter leur dernière volonté. Ce qui n’empêcha pas les détenus de passer une nuit blanche. Ils cédèrent au sommeil peu avant l’aube, épuisés par l’angoisse qui leur nouait le ventre depuis vingt-quatre heures.

Les dryades vinrent les réveiller vers neuf heures. Il faisait un temps splendide. Le soleil brillait, éclairant largement la clairière où les captifs furent conduits. Un gros tas de braises était entassé dans une fosse. Au-dessus de celle-ci, quatre grandes broches attendaient.

  • Beau temps pour mourir, crâna Claire.
  • Alors Basile, dit Antoine, ton pari tient toujours ?
  • Plus que jamais, répondit Basile.
  • Pourvu que les enfants s’en sortent, soupira Adeline.

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