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Littérature


Mystères à Beynac chapitre 1 (suite2)

Publié par François Auberoche sur 14 Juin 2015, 18:22pm

Mystères à Beynac chapitre 1 (suite2)

Minuit sonnèrent à la grande pendule de la salle commune. Marine se réveilla un peu avant le douzième coup de minuit.

  • Zut, réfléchit-elle. Ça va être dur pour se rendormir.

A peine avait-elle pensé cela qu’elle entendit le chien hurler à la mort, puis quelqu’un marcher devant la chambre, suivi d’un second.

  • Les garçons sont réveillés, se dit-elle.

Mais les gémissements et les pleurs qui suivirent ne pouvaient pas être le fait de ses amis, ni du chien, pas plus que les ricanements qui la terrifièrent. Tremblante d’effroi, elle quitta l’abri de ses couvertures et vint dans le lit de Claire pour y trouver du réconfort.

  • Antoine, fiche-moi la paix, marmonna Claire qui crut dans son sommeil que c’était son petit frère.
  • Claire, c’est moi Marine, chuchota son amie.
  • Mais tu trembles, répondit Claire normalement. Qu’est-ce qu’il y a ?
  • Chut, tu n’entends pas ? murmura Marine.
  • A, a, a A ! A, a, a A !
  • Qui a fait ça ? demanda la rouquine.
  • Soi jo, damisèla[1], dit le ricaneur. A,a !
  • Matteo et Timothée ! Vos blagues stupides ne font rire personne, cria Claire.
  • A, a, a, damisèla, sabes qui ei açi ?[2]
  • Je vais vous faire arrêter ces bêtises, dit Claire, en sautant du lit et en courant à la porte.

Mais, en allumant la lumière du couloir, la rouquine ne vit personne. Elle ouvrit aussitôt la porte de la chambre des garçons et constata en les secouant qu’ils dormaient à poings fermés.

  • M’as vist, Puncèla ?[3]
  • Qui que tu sois je vais te trouver ! cria la rouquine en courant vers la salle commune.

Dans celle-ci, à peine éclairée par la lumière du couloir elle devina deux formes pâles qui s’enfuirent en gémissant à travers la porte qui menait à la cave, tandis qu’une silhouette blanc sale se dressait au centre en ricanant :

 

[1] C’est moi, demoiselle.

[2] Ah, ah, ah, demoiselle, sais-tu qui est ici ?

[3] M’as-tu vu, pucelle ?

Mystères à Beynac chapitre 1 (suite2)
  • Lavetz mainada, gausas tostemps te passejar soleta la nueit ?[1]

Sur cette question l’ectoplasme s’évanouit à travers la porte de la cave, sans que Claire ait eu le temps de s’avancer. Marine s’approcha timidement d’elle et lui demanda :

  • C’était quoi ?
  • Ben, des fantômes ou un truc qui les imite bien, répondit la rouquine. Quoiqu’il en soit, c’est parti par là, je vais aller voir.

Marine la tira en arrière en criant :

  • NON ! Tu es folle. C’est l’escalier de la cave derrière cette porte. On ne doit JAMAIS descendre dans les caves la nuit, quand il y a des fantômes !
  • Où y-a-t-il des fantômes ? demandèrent Matteo et Timothée, enfin debout.
  • Ce n’est rien, dit Marilyn qui venait d’arriver, réveillée par les cris de Marine. La maison est vieille, elle craque et notre imagination fait croire n’importe quoi à notre esprit mal réveillé.
  • On a pourtant entendu des gémissements, …commença la rouquine.
  • C’était le vent, assura Marilyn, ou Grincheux.
  • Des pleurs, …
  • La girouette du toit qui grince.
  • Des ricanements et il m’a parlé.
  • Ce n’est que ton imagination.
  • J’aime mieux ça, dit Marine.
  • Dommage, on n’a rien vu, dirent les deux garçons.
  • Retournez vous coucher, leur intima Marilyn. Il n’y a rien de surnaturel ici. J’y habite depuis un an et je n’ai jamais vu quoi que ce soit de bizarre.
  • Bizarre, elle a dit bizarre, comme c’est bizarre, pensa la rouquine. Il y a du louche là-dessous.

En maugréant, elle retourna dans sa chambre suivie par Marine un peu rassurée. Marilyn dut insister pour que les garçons quittent la salle commune, déçus de n’avoir rien vu ni entendu, ils voulaient fouiller la maison de fond en comble. Marilyn y mit vite le holà :

  • Allez vite, au lit ! Les chevaux se lèvent de bonne heure et nous avant eux ! Puis j’ai sommeil, j’ai pris un somnifère et vos bêtises m’ont réveillée.

La rouquine, couchée dans son lit cherchait une explication logique à ces étranges événements, aucune de celles données par la maîtresse de maison ne lui convenait. Il devait y avoir une explication rationnelle plus logique que des grincements de girouette ou des craquements de parquet ; et elle ne délirait pas, on lui avait bien parlé dans une langue inconnue. Bâillant un peu, elle se tourna dans son lit en se disant qu’elle avait une semaine pour trouver et elle se rendormit.

 

[1] Alors gueuse, oses-tu encore te promener seule la nuit ?

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