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Littérature


Mystères à Beynac chapitre 2 (suite et fin)

Publié par François Auberoche sur 29 Juin 2015, 06:00am

Mystères à Beynac chapitre 2 (suite et fin)
  • Maman, pensa-t-elle livide. Au secours ! Qu’est-ce qu’il va m’arriver ?

Sa mère, restée à Bordeaux, n’entendit pas cet appel de détresse lancé par la pauvre rouquine, juchée sur un splendide palefroi, près d’un célèbre château fort. Marilyn, d’ailleurs, répondit à sa question en leur annonçant le programme des festivités.

  • Maintenant, les débutants, vous allez vous habituer à être sur une selle. Vous allez acquérir l’assiette.
  •  ? ? ? ? pensèrent très fort les quatre Bordelais.
  •  L'assiette est la qualité qui permet au cavalier de demeurer maître de son équilibre, en toutes circonstances, quelles que soient les réactions du cheval, précisa Marilyn.

Hugo lui chuchota :

  • Les cavaliers ont un langage compliqué, ça veut simplement dire : apprendre à ne jamais tomber.
  • C’est possible ? questionna la rouquine.
  • Bien sûr que non. C’est comme en vélo : au début tu tombes tout le temps, ensuite de moins en moins. Puis pratiquement jamais, mais ça peut toujours arriver.
  • Et bien, on va essayer que ce soit tout le temps jamais.
  • Alors écoute Marilyn, je te conseillerai aussi. N’aie pas peur, tout se passera très bien.
  • Croisez vos étriers sur la selle et mettez vos rênes dessus, dit Marilyn, vous n’en aurez pas besoin. Vous pouvez vous tenir au pommeau, mais on ne touche pas aux rênes !

Commença alors pour les quatre stagiaires une série d’exercices qui leur firent totalement oublier la grosse bébête qui était en dessous d’eux. Les chevaux marchaient tranquillement au pas tandis que les élèves croisaient les jambes, faisaient tourner les bras, se mettaient à genoux sur la selle, s’asseyaient en amazone, à l’envers, se couchaient vers l’avant pour faire un câlin à leur monture, ou sur le dos pour faire la sieste, etc. Progressivement Marilyn fit accélérer l’allure pour aboutir à un trot soutenu tandis que les débutants continuaient des activités de plus en plus acrobatiques. Au bout d’un certain temps elle demanda aux Beynacois de faire ralentir les montures puis de les arrêter. Elle demanda alors aux quatre jeunes Bordelais :

  • Alors, jeunes gens ? Ça vous a plu ? Combien de temps êtes-vous restés sur votre monture ?
  • Oui sympa ! Un bon quart d’heure, fut la réponse unanime des Girondins.
  • Presque, dit Marilyn en riant. Une heure et demie !
  • C’est pas vrai ! dirent-ils à l’unanimité.
  • Si, regardez vos montres ! Il n’est pas loin de onze heures. Vous allez descendre, aidés par vos coéquipiers. C’est leur tour, profitez-en pour vous reposer en regardant ce qu’ils font.
Mystères à Beynac chapitre 2 (suite et fin)

La rouquine juchée sur sa monture se demandait comment elle allait descendre. Hugo vint à sa rescousse et, se plaçant à gauche de Byzance, lui demanda :

  • Alors, tu aimes le cheval ?
  • Oui, en lasagne, rigola Claire. Où est la sortie ?
  • Idiote, s’esclaffa Hugo. Ce genre de plaisanterie est très mal vu dans un centre équestre. Mets tes deux jambes à gauche et saute, je te rattrape.
  • Comment je fais ?
  • Prends appui de la main gauche sur l’encolure, la main droite sur la selle à hauteur du pommeau. Penche le haut du corps vers l’avant et lance ta jambe droite en arrière en faisant attention à ne pas toucher la croupe du cheval.
  • Pas facile, dit Claire en s’exécutant. C’est sacrément dur sans tomber, ses fesses sont énormes.

Pour ne pas toucher son cheval, la rouquine se pencha trop à gauche et tomba droit dans les bras d’Hugo qui avait vu venir la catastrophe. Atterrir dans les bras d’un beau garçon n’était pas désagréable, mais la rouquine fut vexée car elle fut la seule - avec Marine - à le faire. Les deux garçons évitèrent la croupe de leur monture et sautèrent avec dignité devant les deux Beynacoises.

  • Comment avez-vous fait ? demanda-t-elle à Matteo et Timothée.
  • Facile, gamine ! répondit Matteo.
  • Il suffit d’avoir la classe, ajouta Timothée.
  • Bande de petits salopiauds, répondit la rouquine. Vous n’êtes plus mes copains. Allons regarder comment les autres se débrouillent !

Ils se juchèrent sur la barrière qui clôturait la carrière et regardèrent leurs nouveaux amis. Très vite, ils les admirèrent car ceux-ci, après un départ tranquille au pas, étaient passés au trot rapide et galopaient maintenant à toute allure, le tout sans étriers en faisant les mêmes exercices acrobatiques qu’eux auparavant.

Mystères à Beynac chapitre 2 (suite et fin)
  • Vas-y Hugo, cria la rouquine.
  • Allez Thomas, hurla Marine.

Matteo et Timothée, eux aussi, ne ménagèrent pas leurs voix pour encourager Julie et Emma. Marilyn, en riant, s’adressa aux quatre amis :

  • Venez ici jeunes gens. Prenez ces poutres avec des pieds, ça s’appelle des cavaletti, et mettez-les à côté des barrières.
  • Ça sert à quoi ? demanda la rouquine toujours curieuse.
  • Les cavaletti sont de petits obstacles utilisés pour le dressage de base du cheval, en particulier pour le saut d’obstacles.
  • Ben, j’ai encore appris quelque chose aujourd’hui.

Les quatre Bordelais se chargèrent de ces poutres bizarres et les mirent perpendiculairement à la barrière suivant les indications de Marilyn, puis ils s’éloignèrent et contemplèrent les Beynacois sauter aisément les obstacles que, selon les instructions de la monitrice, ils réglèrent de plus en plus haut.

Mystères à Beynac chapitre 2 (suite et fin)
  • Comment font-ils pour ne pas tomber ? demanda Marine. Ils n’ont même pas d’étriers.
  • Ils serrent les jambes, on n’a pas besoin d’étriers pour tenir en selle. Les étriers ont été créés pour le confort, intervint Marilyn qui avait entendu la conversation. Pendant longtemps les cavaliers n’en ont pas eu, ils ne sont arrivés en Europe qu’au VIIème siècle.

Au bout d’une petite heure, où nos quatre amis purent admirer tout à loisir la dextérité des jeunes Beynacois, Marilyn donna le signal de fin.

  • C’est fini pour la matinée. Vous ramenez les chevaux à l’écurie, enlevez les selles, nettoyez les chevaux, etc. Les Beynacois vont vous montrer avant de rentrer déjeuner chez eux. Pendant ce temps là, je prépare le repas pour les Bordelais. A table à une heure. On se retrouve à deux heures.

La rouquine conduisit sa monture à l’écurie avec l’aide de son nouvel ami. La matinée avait été si passionnante qu’elle en avait oublié les événements de la nuit passée jusqu’à ce qu’Hugo lui demande :

  • Alors comment s’est passée ta nuit avec les fantômes ?
  • Avec les fantômes ?
  • Tout le monde à Beynac sait que cette maison est hantée. C’est pour ça que Marilyn a pu l’acheter pour une bouchée de pain.
  • Mais Marilyn nous a dit que c’était notre imagination.
  • Normal, elle n’a pas voulu vous affoler. Cet après-midi on ne doit faire qu’un peu d’équitation, ensuite on ira visiter le château et après, on ira voir ma grand-mère. Elle te racontera l’histoire et répondra à tes questions.
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