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Littérature


Mystères à Beynac (suite chapitre1)

Publié par François Auberoche sur 8 Juin 2015, 07:00am

Le Land Rover s’arrêta et ils prirent tous les quatre des photos de ce splendide château qui, juché sur une falaise de plus de cent mètres, veillait sur la vallée.

Mystères à Beynac (suite chapitre1)

 

  • Mais nous l’avons vu du train, tout à l’heure ! s’exclama la rouquine. C’était juste après une gare, alors pourquoi avons-nous été jusqu’à Sarlat ?
  • Exact, la gare de Saint-Cyprien est à côté de Beynac, mais, comme je devais faire des courses pour votre séjour, j’ai demandé à vos parents de vous prendre des billets pour Sarlat où il y a un grand hypermarché.
  • Imprenable, ce château ! s’exclama Timothée.
  • Exact, dit Marilyn, depuis sa reconstruction au XIIIème siècle, il n’a jamais été pris.
  • Même pendant la guerre de cent ans ? demanda Matteo.
  • D’après les historiens, jamais ! Maintenant nous allons à la maison.
  • Et comment tu sais tout ça ? demanda la rouquine.
  • Parce que je suis une périgourdine qui aime son pays et qui cherche à le connaître. C’est important de connaître son pays et de l’aimer.

    Tout en parlant, ils avaient traversé le village de Beynac, petite agglomération coincée entre la falaise et la Dordogne. La route passait à ras des maisons, ce qui fit dire à Marine :

Mystères à Beynac (suite chapitre1)
  • En été ce doit être sacrément dangereux. On passe à quelques centimètres des maisons. Les piétons doivent se faire écraser par centaines.
  • Ils ont la rivière pour eux, dit Matteo en riant.
  • Même pas, dit Marilyn. La Dordogne voit passer tous les jours des centaines de canoës et de kayaks qui la descendent et, de plus, il y a beaucoup de bateaux collectifs, des copies des gabarres d’autrefois. C’étaient des bateaux à fond plat, de dix à vingt mètres, servant au transport des marchandises. Maintenant, ils n’ont plus de voiles et transportent des touristes.
Mystères à Beynac (suite chapitre1)

Tout en parlant la conductrice engagea son véhicule dans une petite route à droite, en plein milieu du village. Aussitôt la route se mit à grimper fortement en zigzagant. Elle traversa le parking du château et prit à droite une petite route, dépassa le cimetière et arriva en quelques minutes au sommet d’une colline où il y avait quelques maisons. La vue était superbe, on surplombait la vallée de la Dordogne et le château de Beynac.

  • Nous y voilà, dit Marilyn. Ma maison est juste derrière.

C’était une très vieille maison périgourdine qui donnait sur la petite rue du hameau. Marilyn fit passer le Land Rover sous un porche et le gara dans une cour, bordée de bâtiments bas qui formaient un U.

  • Au fond, les écuries, annonça Marilyn. A gauche, la sellerie et tout le nécessaire pour soigner et entretenir les chevaux. A droite, les granges, avec la paille, le foin et l’avoine. Derrière les écuries, j’ai un grand pré pour lâcher les chevaux et une carrière pour l’entraînement. On visitera tout à l’heure. Prenez vos sacs et direction la maison.
Mystères à Beynac (suite chapitre1)

De la cour, un escalier extérieur menait à la grande salle commune qui faisait aussi cuisine. A côté se trouvaient trois chambres et une salle de bains. Marilyn octroya la première chambre à Marine et Claire, la deuxième, juste en face à Matteo et à Timothée. Et elle leur dit :

  • La chambre juste à côté de celle des filles, c’est la mienne. Au fond, ce sont les toilettes, et en face de ma chambre, à côté de celle des garçons, c’est la salle de bains. On pose ses affaires sur les lits, on se lave les mains et tout le monde vient m’aider à préparer le repas et à mettre la table.

Le repas eut lieu une demi-heure plus tard, dans la bonne humeur générale. Au menu : rillettes de canard, confit de canard avec des pommes à la sarladaise et pour finir des petits fromages de chèvre, les cabécous, avec une salade à l’huile de noix.

  • Pas trop lourds ? demanda Marilyn. Alors, on se change au galop : tenue d’équitation.
  • Youpi, crièrent les quatre amis, qui coururent vers les chambres.

Un quart d’heure plus tard, ayant enfilés les culottes et les bottes, ils retrouvèrent Marilyn dans la cour.

  • Les chevaux sont dans le pré, nous allons les mettre dans la carrière. Venez les retrouver.

Dans la prairie cinq magnifiques chevaux jouaient en se courant après.

  • Voici Bayard, mon cheval. Un très bel étalon alezan. Regardez, je vais lui mettre un licol pour l’amener dans la carrière. Ensuite, j’aiderai chacun d’entre vous à faire pareil.
Mystères à Beynac (suite chapitre1)

Cela sembla facile aux quatre amis, mais ils réalisèrent qu’ils avaient un handicap de taille : les chevaux étaient beaucoup plus grands qu’eux. Que ce soit Byzance, une belle jument alezane que mena la Rouquine, Avalon, une splendide jument grise, prise en charge par Marine, Nahila, une superbe jument baie, menée par Matteo et Apsara une magnifique jument alezane dont s’occupa Timothée.

Mystères à Beynac (suite chapitre1)

Bref, tous ces superbes chevaux les dépassaient d’une bonne tête (de cheval).

  • Je vous aiderai au début pour les brider et les seller, sinon vous allez toucher leurs oreilles et ils n’aiment pas ça du tout. Maintenant tenez le licol et présentez-vous à votre cheval.
  • Comment on se présente ? demanda la rouquine.
  • D’abord ne le fixez pas dans les yeux. Les animaux n’aiment pas ça. Marchez normalement droit vers lui, ni trop vite, ni trop lentement. Il viendra vous sentir. Faites pareil et soufflez-lui dans le nez. Ensuite, il vous reconnaîtra. Parlez, c’est important. Pas trop fort, dites : bonjour Apsara et caressez-la franchement sur le flanc. Pour le cou et la tête : faites seulement des gratouilles !
  • Et surtout parlez, continua-t-elle. C’est plus efficace que bien des gestes. Les intonations et la rapidité du débit ont bien sûr plus d’importance que les mots eux-mêmes. Ainsi les mots prononcés lentement et calmement ont un effet apaisant. A l’inverse les éclats de voix l’énervent et peuvent le mettre sur la défensive. Les mots prononcés avec violence sont perçus comme une punition. Les mots calmes sont vécus comme une récompense. Il faut donc parler aux chevaux, quitte à leur dire n’importe quoi !
  • Ça va être facile pour la rouquine ! s’esclaffa Matteo.
  • C’est malin ! Tu t’entends parler, toi ?
Mystères à Beynac (suite chapitre1)

Pendant l’heure qui suivit, les quatre amis firent connaissance avec leurs chevaux avec force caresses et discours, chacun dans son coin. Marilyn vint les voir les uns après les autres et donna aux jeunes cavaliers, un morceau de pomme et une carotte en leur apprenant à donner ces friandises aux chevaux sans se faire mordre. Après cette heure de câlins et de rencontres Marilyn leur apprit les rudiments pour faire marcher un cheval au licol ou en longe, sans se faire bousculer, marcher sur les pieds, ou tracter. Bref, se faire respecter par le cheval.

Après trois tours de carrière, Marilyn les fit conduire au pré et les lâcher. C’était la récréation pour les chevaux qui pendant une heure coururent et s’amusèrent, encouragés par les quatre amis.

Mystères à Beynac (suite chapitre1)

La récréation finie, Marilyn, rassembla les chevaux au centre du pré et aida les stagiaires à leur passer le licol. Ils furent alors conduits à l’écurie où Marilyn apprit à ses stagiaires comment les étriller et les panser.

Puis on leur donna du foin, des granulés et de l’eau.

  • Avec l’herbe qu’ils ont mangée au pré, ce sera suffisant dit Marilyn. Maintenant c’est notre tour. A la douche et on se change ! On fera une partie de cartes avant le dîner.

Pendant que Marilyn s’activait en cuisine, les quatre amis firent quelques parties de menteur puis donnèrent un coup de main à la maîtresse de maison en mettant la table. Après une soupe de légumes, une omelette aux cèpes, un peu de cabécou et une pomme. Ils eurent droit à quelques parties de cartes puis Marilyn les envoya se coucher à vingt-deux heures :

  • Ici, on se lève tôt. Alors jeunes gens, au lit !

Un quart d’heure plus tard, nos quatre amis dormaient du sommeil du juste.

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