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Littérature


MYSTERES A BEYNAC

Publié par François Auberoche sur 1 Juin 2015, 07:00am

MYSTERES A BEYNAC

« Sem de Bainac e n’avem pas paur ! »

« Nous sommes de Beynac et nous n’avons pas peur »

 

Devise de Beynac

MYSTERES A BEYNAC

Le Train Express Régional Bordeaux-Bergerac-Sarlat s’arrêta en gare de Sarlat. Appelée aussi Sarlat-la-Canéda, par ceux qui ont du temps à perdre pensa la rouquine. Il était plus de onze heures en ce beau samedi d’avril, premier jour des vacances de Pâques.

Partie de Bordeaux à huit heures et des poussières, la rouquine trouvait que l’appellation Train Express était un peu exagérée. Elle le dit à ses compagnons de voyage :

  • Contente d’arriver enfin. Plus de trois heures pour faire cent soixante kilomètres ! Un véritable escargot ce train, le T.E.R. doit signifier : Train Enormément Ralenti.
  • De plus, surenchérit Marine, il est parti presque à l’heure et il est en retard.
  • Bof, on n’avait rien d’autre à faire qu’à dormir, dit Matteo.
  • Sauf Claire qui a lu pendant tout le trajet, rectifia Timothée.
  • Pourvu que celui qui doit venir nous chercher ne soit pas parti, espéra Claire.

Sur le quai de la gare, une grande blonde d’une quarantaine d’années brandissait une immense pancarte où était écrit :

« Centre Equestre de Beynac»

  • Ne te fais pas de bile, la rouquine, dit Matteo. On nous attend.
  • Exact, affirma Marine en découvrant la pancarte.
  • Au moins, elle est patiente et elle a l’air sympa, constata Timothée.
  • On a dû lui dire que je portais des lunettes, c’est pour ça qu’elle a une énorme pancarte, dit Claire en riant.

La dame qui tenait la pancarte les entendit et les vit descendre du train. Elle s’avança vers eux :

  • Bonjour jeunes gens, je pense que vous êtes mes stagiaires bordelais, leur dit-elle.
  • Bonjour Madame, oui m’dame, répondirent-ils en chœur.
  • Bienvenue dans le Périgord. Je suis Marilyn Vitrac, mais on va se tutoyer et s’appeler par nos prénoms. Quel est le tien, ma belle rousse ?
  • Claire, surnommée la rouquine, répondit celle-ci.

Avec son jean, ses baskets converse et son T-shirt bleus, son foulard blanc et sa chevelure écarlate, Claire était l’incarnation du drapeau national, rappelé par sa peau blanche, ses yeux bleus et quelques taches de rousseur. Seule sa veste verte, style militaire, dépareillait l’ensemble. Ses lunettes posées sur son petit nez pointu cachaient mal son regard espiègle, brillant d’intelligence et d’humour. Grande pour ses douze ans, un mètre soixante, elle était fine et attirait les regards des garçons dans la rue et la cour du collège.

  • Moi, c’est Marine.

Marine, une brune piquante, de la même taille que Claire, aussi fine et futée que la rouquine, était son alter ego. D’accord sur tout, elles se comprenaient d’un coup d’œil.

  • Matteo, M’dame. Pardon Marilyn.

Matteo, était l’ami d’enfance de Claire, un grand brun de douze ans, d’un mètre soixante-cinq.

  • Timothée, M’da..lyn.

Timothée était un blond aux yeux bleus qui à douze ans atteignait un mètre soixante-dix. Tous les quatre étaient amis de longue date et, fidèles parmi les fidèles, faisaient sans discuter tout ce que la rouquine demandait

  • Vous vous y ferez, dit Marilyn. J’ai un peu moins de quarante ans. Je suis encore jeune, je crois.
  • Ben voyons, pensèrent les quatre amis.
  • Oui, M’da …. Marilyn, répondit la rouquine.
  • Alors on va chez moi, en voiture Simone !
  • En route, mauvaise troupe, dit la rouquine.

Le quatuor empoigna ses sacs et suivit la blonde qui les guida jusqu’à un Land Rover Defender garé juste devant la gare.

MYSTERES A BEYNAC

La rouquine voulut prendre le siège du passager avant, mais il était occupé par un Border Collie magnifique qui gronda pour garder sa place.

MYSTERES A BEYNAC

La rouquine dut rejoindre ses compagnons à l’arrière, ce qui n’était pas du tout son intention première. Marilyn se mit à rire devant sa tête.

  • On n’arrivera pas à lui changer ses habitudes. Il est devant depuis qu’il est né, de plus il a un sale caractère.
  • Comment s’appelle-t-il ?
  • Grincheux. Il a trois ans.

En entendant son nom, celui-ci aboya et remua la queue tout content. Marilyn démarra et demanda :

  • Qui parmi vous connaît le Périgord ?
  • Moi, répondit la rouquine. Je suis venue en vacances, il y a deux ans avec mes grands-parents.
  • Qu’est-ce que tu as vu de beau ?
  • Surtout des grottes. C’était pendant les vacances de la Toussaint. On a vu Lascaux, le gouffre de Proumeyssac, la grotte de Rouffignac, la Roque Saint Christophe, et des châteaux : le château de l’Herm et le château de Bonaguil, et plein d’autres choses splendides. On s’était bien amusé.
  • Nous allons dans un endroit que tu n’as peut-être pas vu. La région du château de Beynac. Pendant la guerre de cent ans Beynac était français. De l’autre côté de la rivière, la Dordogne, il y avait les Anglais. Connaissez-vous l’histoire de la guerre de cent ans, vous qui venez de Bordeaux ?
  • Ben, dit Matteo. C’était les Anglais contre les Français.
  • En rugby ou en foot ? demanda Marilyn en riant.
  • Mais non, c’était la guerre, la vraie, précisa Timothée.
  • Avec des avions et des tanks ? redemanda Marilyn, en riant de plus belle.
  • C’était il y a très longtemps, dit sérieusement Claire. A l’époque ils se battaient avec des épées et des arcs.
  • Ils avaient même des armures et des boucliers, précisa Marine.
  • On progresse, approuva Marilyn. C’était quand ?
  • Il y a très longtemps, dirent ensemble les deux garçons.
  • Plus précisément ?

Personne ne répondit. Marilyn se mit à rire.

  • Je vais vous le dire, puisque vous n’apprenez plus rien à l’école. C’était de 1 337 à 1 453.
  • Mais, calcula Matteo, ça ne fait pas cent ans. C’est plus long.
  • Bravo, heureusement, ils ne se battaient pas tout le temps. Et pourquoi, y-a-t-il eu cette guerre ?
  • Dites M’dame, demanda Timothée, pouvez-vous arrêter ? On est en vacances et on est venu pour un stage d’équitation, pas pour un stage d’histoire.
  • Timothée, tu as tout faux, s’exclama la conductrice. D’abord, on dit Marilyn, ensuite on se tutoie, et dans la vie on profite de chaque occasion pour s’instruire. Maintenant, regardez le paysage nous allons arriver en vue de la vallée de la Dordogne.

 

MYSTERES A BEYNAC

Pendant cette discussion, la route qui montait dans les bois, en tournant sans arrêt depuis Sarlat, était descendue dans une grande vallée plantée de noyers et traversait le village de Vézac avec de belles maisons périgourdines aux toits incurvés à la base.

  • Nous allons bientôt voir le château de Beynac, annonça la conductrice.
  • Oui, je vois un château sur la falaise, dans le fond à droite, s’exclama la rouquine.
  • Il y a un panneau à notre droite qui l’indique tout droit.
  • Plus qu’un kilomètre, dit la conductrice.
  • Et on sera arrivé ? demanda Timothée.
  • Non encore un kilomètre jusqu’au village de Beynac, là-bas nous serons à cinq cent mètres de la maison.

La route qui menait à Beynac était bonne, avec de simples courbes que le Land Rover prit rapidement et bientôt, ils purent admirer le célèbre château, mélange de château fort médiéval et de château renaissance.

  • Superbe, dirent-ils tous. Arrêtez-vous s’il vous plaît. On veut le photographier.
  • D’accord, mais vous devez me tutoyer.
MYSTERES A BEYNAC
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