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Littérature


Mystère à Beynac chapitre 3

Publié par François Auberoche sur 6 Juillet 2015, 07:00am

Mystère à Beynac chapitre 3

Après le déjeuner les quatre stagiaires découvrirent avec une joie mitigée le trot assis sans étriers. Heureusement Marilyn cessa vite la leçon pour ne pas fatiguer leur dos et les envoya au bout d’une heure visiter le château avec les jeunes Beynacois.

Ils furent accueillis par un vieux monsieur sympathique, Alfred, l’oncle de Thomas, qui tenait à s’occuper d’eux personnellement.

  • Je m’excuse de vous importuner pendant vos vacances, leur dit-il. Je dois vous faire un cours d’histoire avant de visiter ce château, c’est indispensable.
  • Cela ne fait rien, répondit Timothée en souriant. Depuis hier je commence à m’habituer à ces leçons.
  • Tant mieux, approuva l’oncle Alfred. L’endroit où nous sommes est un endroit facile à défendre et pratique aussi pour rançonner ceux qui naviguent sur la rivière, et cela depuis l’âge du bronze.
  • C'est-à-dire ? demanda Timothée.
  • L’âge du bronze commence vers 3 000 av. J.-C., cela fait donc cinq mille ans. On pense que le premier château fut implanté en 1 050 par Hélie de Beynac, premier seigneur connu. Son fils Adhémar mourut sans héritier en 1 190. Le roi d’Angleterre, Richard Ier, dit « Cœur de Lion », s’empara du château en 1 197 et le donna à son chef de routiers, Mercadier, qui avait veillé sur ses terres d’Aquitaine quand il était prisonnier.
Mystère à Beynac chapitre 3
  • Qu’est-ce que faisait un roi d’Angleterre en France ? demanda Matteo.
  • Et c’est un Bordelais qui me demande ça ! Milediou. Ben, si on a fini ce soir j’aurai de la chance. Je résume : en 1 152 le roi de France, Louis VII, un sinistre imbécile, se brouille avec sa femme Aliénor, duchesse d’Aquitaine, et fait annuler son mariage. Ça va jusque là, jeunes gens ?
  • Oui monsieur, dirent-ils en chœur.
  • Ce que n’avait pas prévu le roi, c’est que la duchesse d’Aquitaine rentrerait chez elle en ramenant sa dot, c’est-à-dire son duché. De plus, elle épousa le duc Henri de Normandie, qui devint le roi Henri II d’Angleterre en 1 154. C’est ainsi que l’Aquitaine, dont la capitale était Bordeaux, devint anglaise. Compris ?
  • Oui monsieur, c’est quoi une dot ?, répondit Matteo.
  • La dot était ce qu’amenait une femme à son mari pour constituer le patrimoine du couple. Comme, théoriquement, seul l’homme travaillait, la femme devait compenser cela en apportant des terres, du linge, de l’argent, etc. Dans le cas d’Aliénor, c’était toute l’Aquitaine. Compris ?
  • Oui, monsieur !
  • Vous êtes moins bêtes que Louis VII, constata Alfred. Revenons à Richard Cœur de Lion : après avoir pris Beynac, il partit avec Mercadier vers le nord et assiégea le château de Châlus (Haute-Vienne actuelle). Le 6 avril 1 199 il s’approcha trop près du château et fut blessé mortellement par un carreau d’arbalète. Vous savez ce que c’est, un carreau d’arbalète ?
Mystère à Beynac chapitre 3
  • Une flèche, s’aventura la rouquine.
  • Presque, c’est le projectile envoyé par l’arbalète. C’est très court (30 cm) et très lourd, la pointe possède 4 pans sur une base carrée, d’où le nom. Ce projectile a été conçu pour transpercer les armures. Bref, le roi mourut quelques jours plus tard et Mercadier se mit au service du nouveau roi d’Angleterre, Jean sans Terre.
Mystère à Beynac chapitre 3
  • Jean sans Terre ? Quel drôle de nom s’exclama Matteo.
  • Il faut que vous lisiez « Ivanhoé » de Walter Scott, cela vous amusera et vous apprendra cette histoire. Ce roi fut surnommé ainsi par son père, Henri II d’Angleterre, car il était le cadet et ne devait pas hériter de grand-chose. Finalement il devint roi et perdit beaucoup de terres : la Normandie, l’Anjou, le Maine et le Poitou. On peut continuer ?
  • Oui, monsieur, s’écria la rouquine, vivement intéressée.
  • Revenons à Beynac : après le désastre de Châlus, Mercadier tenta de se faire bien voir d’Aliénor d’Aquitaine, la mère de Richard Cœur de Lion. Il se rendit un an plus tard, le 10 avril 1 200, le lundi de Pâques, à Bordeaux, pour lui présenter ses respects. Là, un homme de main de Brandin, un capitaine mercenaire rival, l’assassina dans une ruelle. Il ne sera jamais retrouvé.
  • Donc le château n’avait plus de propriétaire, conclut la rouquine.
  • Théoriquement cela aurait dû être le cas puisque Adhémar de Beynac était mort sans héritier. Mais, peu après la mort de Mercadier, un homme à la tête d’une troupe d’hommes armés vint s’installer au château et se fit appeler seigneur de Beynac. On pense que ce devait être un cadet de la grande famille voisine de Commarque. A cette époque, on devenait seigneur d’un château facilement si l’on avait une bonne troupe bien entraînée.
  • Pas bête le cadet, approuvèrent les garçons.
  • Oui, mais le nouveau seigneur de Beynac ne jouit pas longtemps de son beau château. En 1 214, arriva une armée gigantesque conduite par le terrible Simon de Montfort, c’était la croisade contre les Albigeois.
Mystère à Beynac chapitre 3
  •  ? ? ? ?, s’étonnèrent les quatre amis, dont la tête en s’allongeant refléta immédiatement leur ignorance.
  • Allez Alfred, au travail ! s’exclama Alfred. A cette époque le midi ne dépendait pas du roi de France. De Toulouse au Rhône des comtés plus ou moins indépendants, riches de surcroît, attiraient la convoitise des seigneurs du nord. Compris ?
  • Pas de problèmes.
  • A Toulouse, Albi, Béziers, Carcassonne et autres villes une nouvelle religion, qualifiée d’hérétique par le Pape s’était répandue. On appela plus tard ses membres « Albigeois » ou « Cathares » mais eux se nommaient : « Bons Hommes » ou « Bons Chrétiens ». Les cathares revendiquaient une religion plus proche de la chrétienté primitive respectant l’idéal de vie et de pauvreté du Christ. Cette croyance reposait sur l’existence de deux mondes : l’un était bon et l’autre mauvais. Le premier était le monde invisible des créatures éternelles résultant de la création de Dieu le Père. L’autre était le monde visible, qui est l’œuvre du diable.
Mystère à Beynac chapitre 3

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