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Littérature


Mystères à Beynac chapitre 3 (suite et fin)

Publié par François Auberoche sur 13 Juillet 2015, 06:13am

Mystères à Beynac chapitre 3 (suite et fin)
  • En quoi c’était gênant ? demanda la rouquine.
  • Ils critiquaient l’église, une horreur pour les prêtres ! La religion cathare fut rapidement considérée comme une hérésie par l’Eglise romaine, qui l’estimait beaucoup plus dangereuse que les infidèles juifs et musulmans, car elle remettait en cause la religion catholique. Des prédicateurs furent envoyés, mais devant leur échec le Pape lança une croisade contre les Albigeois.
  • Une croisade contre des chrétiens ? s’étonna Marine. Je croyais que les croisades se faisaient contre les musulmans.
  • Bien sûr, mais le Pape utilisa ce terme pour les combattre et avoir le plus de troupes possible. Les barons du nord de la France saisirent l’occasion d’une guerre sainte pour s’emparer des richesses du midi.
Mystères à Beynac chapitre 3 (suite et fin)
  • Des sauvages ! s’exclama la rouquine.
  • Cette mentalité existe toujours, répondit Alfred. Voyez les guerres actuelles en Afrique. Leur but est de s’emparer de richesses d’un pays comme du pétrole, de l’uranium ou autres matières intéressantes, avec souvent des prétextes religieux.
  • C’est vrai, constata Timothée. Et cette croisade dura longtemps ?
  • La croisade dura vingt ans (1 209 – 1 229). Des villes entières furent détruites, des populations massacrées, Béziers incendié et sa population exterminée, Carcassonne dut se rendre et son chef le vicomte Raymond-Roger Trencavel trouva la mort en prison.
  • Et alors ? demanda Timothée qui prenait goût à l’histoire.
  • Je reprends, dit Alfred. En 1 214 Simon de Montfort, chef de la croisade, arriva devant Beynac, surnommé « l’arche de Satan » par le moine Guy des Vaux de Cernay. Les Beynacois effrayés se rendirent aussitôt. Pas fous, ils savaient ce qui était arrivé aux villes qui avaient résisté et voulaient garder la vie sauve. Ils sauvèrent presque tous leur peau, mais Montfort ne voulait pas d’un château sur ses arrières, il le rasa et incendia le village.
Mystères à Beynac chapitre 3 (suite et fin)
  • Et ça c’est quoi ? demanda la rouquine en montrant le château et le village.
  • C’est le résultat des efforts faits par des générations de Beynacois depuis 1 214. Allons entrons ! Voici la plus vieille partie, le donjon reconstruit aussitôt après le passage de Simon de Montfort.
Mystères à Beynac chapitre 3 (suite et fin)
  • A propos, questionna la rouquine. Comment cette croisade s’est-elle terminée ?
  • Très mal bien sûr, sauf la mort de Simon de Montfort en 1 218, lors du siège de Toulouse. Dès 1 226, le roi Louis VIII, qui a succédé à Philippe-Auguste en 1 223, prit part à la croisade avec plus de chevaliers. Raymond VII, comte de Toulouse, excommunié et affaibli, dut signer le traité de Paris avec Blanche de Castille en 1 229, pour mettre fin à la croisade. Ses terres devinrent possession de la Couronne. L’église ayant créé l’ordre des dominicains en 1 215 (domini canes : les chiens du Seigneur) chargés de lutter contre l’hérésie, ce fut l’Inquisition. Des centaines de cathares furent brûlés, notamment à Montségur en 1 244 où 207 « parfaits » refusèrent d’abjurer leur croyance et moururent sur un gigantesque bûcher. Finalement le dernier cathare mourut en 1 321.
Mystères à Beynac chapitre 3 (suite et fin)
  • C’est une horreur ! s’exclamèrent Claire et Marine.
  • C’était quoi un parfait ? demanda Matteo.
  • C’étaient les membres du clergé de cette religion. Ils préféraient se nommer Bons Hommes ou Bonnes Femmes. Ce sont les inquisiteurs qui les appelèrent ainsi pour « Parfaits Hérétiques ». On continue la visite de château ?
  • Oui, assez de morts, dirent les deux filles
  • Vous avez raison, dit Alfred. On estime à deux millions le nombre de tués à cause de cette croisade. Allons visiter ce château qui s’est agrandi pendant plusieurs siècles. Nous commencerons par le donjon du XIIIème siècle, puis le grand corps de bâtiment du XIIIème et XIVème siècle, nous continuerons par le manoir seigneurial du XVème, agrémenté au XVIème d’une façade renaissance avec de belles échauguettes.

Ils commencèrent leur visite par la salle des gardes faiblement éclairée par des lampes à huile.

Mystères à Beynac chapitre 3 (suite et fin)
  • Génial, dit Matteo en admirant les panoplies de hallebardes.

Ensuite, par un escalier en colimaçon ils montèrent à la salle des Etats, recouverte par 170 m2 de parquets. Sa voûte en arceau brisé lui donnait un aspect solennel.

Mystères à Beynac chapitre 3 (suite et fin)
  • Beynac était l’une des quatre Baronnies du Périgord, leur dit Alfred. Ici se réunissait les Etats.
  • Quelles étaient les autres baronnies ? demanda Matteo
  • Nous avons Beynac et Biron au sud, Mareuil et Bourdeilles au nord du comté du Périgord.
  • Qu’est-ce que c’était ces réunions des Etats ? demanda la rouquine.
  • Sous la royauté, les habitants de la France étaient classés en trois ordres ou états (état voulant dire position). Le premier état rassemblait les nobles, le deuxième rassemblait le clergé, le tiers état le peuple. En réalité, seuls les bourgeois étaient représentés. La population des cultivateurs, des saisonniers, les « croquants » n’avaient pas de représentants dans ces assemblées qui votaient les impôts, et les taxes que payaient les croquants. Ces réunions faisaient aussi parvenir des doléances au comte du Périgord, au duc d’Aquitaine ou même au roi de France.
Mystères à Beynac chapitre 3 (suite et fin)

Puis, en montant toujours, ils visitèrent une série de pièces dont un salon meublé de style Louis XIII. Ensuite, ils montèrent au chemin de ronde, là, les garçons se virent aussitôt au XIIIème siècle, avec des arcs et des boucliers, repoussant un agresseur imaginaire.

La vue sur la Dordogne était splendide et s’étendait sur des dizaines de kilomètres. Alfred leur montra au loin la bastide de Domme, brillante sous le soleil, et plus près les jolis châteaux de Castelnaud et des Milandes.

Mystères à Beynac chapitre 3 (suite et fin)
  • Voyez, leur dit-il, comme la place de Beynac était stratégique. D’ici, on contrôle toute la vallée.

En redescendant ils virent la cuisine du XIVème siècle avec ses deux cheminées. Après cette dernière visite, ils prirent congé d’Alfred :

  • -      Merci beaucoup, c’était très intéressant monsieur, dit la rouquine au nom du groupe.
  • Tout le plaisir était pour moi, répondit Alfred. Bon séjour à Beynac. Où allez-vous maintenant ?
  •  Chez ma grand-mère, répondit Hugo.
  • Chez Madame Bordas ! Oh, je vais vous y rejoindre !
Mystères à Beynac chapitre 3 (suite et fin)

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