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Littérature


Mystères à Beynac chapitre 4

Publié par François Auberoche sur 20 Juillet 2015, 06:02am

Mystères à Beynac chapitre 4

Hugo les entraîna par de petites ruelles jusqu’à une splendide maison en pierre calcaire dans une rue qui descendait du château vers la Dordogne.

Ils furent accueillis par une vieille dame charmante, aux cheveux blancs, tassée et ridée comme une vieille pomme. Tous les enfants tombèrent aussitôt sous le charme de cette petite femme adorable qui riait en les recevant.

  • C’est l’heure du goûter les enfants. Que voulez-vous boire ? J’ai du chocolat, des jus de fruits et même du cola – Hugo aime ça ! -. Je vous ai fait un gâteau périgourdin aux noix. Normalement on met du rhum, mais pour vous je n’en ai pas mis. J’espère que cela ne sera pas trop sec.
Mystères à Beynac chapitre 4
  • Ça ira, Madame, dit la rouquine. En quoi pouvons-nous vous aider ?
  • En rien, ma chérie. Si, prends ces tasses et mets-les sur la table. J’amène le chocolat.
  • Qui ne veut pas de chocolat ? demanda la rouquine. Personne ? Alors Matteo donne-moi un coup de main pour porter les tasses.
  • Ne te dérange pas, dit Hugo, je connais la maison. Je m’en charge.

Une fois le chocolat servi, la grand-mère demanda :

  • Alors ce séjour au centre équestre se passe bien ?
  • Oui, M’dame, dirent les enfants en chœur.
  • Pas de problèmes pour dormir ? insista-t-elle.
  • Un peu, répondit Marine.
  • Beaucoup, répondit Claire. Il y a de drôles de choses qui s’y passent.
  • Raconte-moi ça, dit la vieille dame.

Claire raconta alors ce qui s’était passé pendant la nuit et insista sur le fait que Marilyn niait l’évidence et refusait d’admettre la réalité.

  • C’est normal, répondit la grand-mère d’Hugo. Madame Vitrac est Sarladaise et n’est à Beynac que depuis peu. Elle a fait des études scientifiques et se refuse à croire au surnaturel.
  • Donc, nous n’avons pas rêvé ? demanda la rouquine.
  • Bien sûr que non. Cette maison est hantée depuis huit cents ans et plus personne ne voulait y habiter. Madame Vitrac l’a achetée, il y a un an, pour une bouchée de pain, elle vient de la restaurer et n’y habite que depuis peu. Elle devra se rendre à l’évidence.
Mystères à Beynac chapitre 4
  • C’est dû à quoi ? demanda la rouquine.
  • Ça va être long, commença la vieille dame. Buvez votre chocolat maintenant, sinon il sera froid quand je finirai.
  • D’accord Madame, on vous écoute, dit la rouquine en portant sa tasse à ses lèvres.

Les garçons préférèrent attaquer le gâteau d’abord, tandis que les filles dégustaient un délicieux chocolat confectionné dans les règles de l’art, avec du chocolat noir fondu dans du lait chaud. La grand-mère d’Hugo en prit une gorgée et commença :

  • Je pense que mon ami Alfred Capeyrou qui vous a fait visiter le château a dû vous parler de Richard Cœur de Lion.
  • Oui madame, dirent-ils en chœur.
  • Vous a-t-il parlé de sa captivité ?
  • Non M’dame, dirent-ils ensemble.
  • Mais si, réfuta la rouquine. Il nous a seulement dit que Mercadier avait gardé ses terres pendant que le roi était prisonnier.
  • Je vous raconte donc tout, en partant du début, reprit madame Bordas.
  • C’est préférable, chuchota la rouquine à Marine.
Mystères à Beynac chapitre 4
  • En 1 188, le royaume de Jérusalem fondé par les croisés depuis presque cent ans s’effondra devant les attaques des musulmans commandés par Saladin, un puissant chef militaire. La troisième croisade, dont le but était de reprendre la ville sainte, fut donc prêchée partout en Europe. Les plus grands monarques de leur temps, Richard d’Angleterre, Philippe Auguste de France et Frédéric Barberousse, empereur germanique, jurèrent tous de prendre la croix. Richard et Philippe partirent ensemble de Vézelay le 4 Juillet 1 190 vers la Terre Sainte. Je ne vais pas rentrer dans le détail de cette croisade où les rois se querellèrent et abandonnèrent progressivement Richard Cœur de Lion pour mieux le dépouiller en Europe. Richard, resté seul à la tête de la croisade, dut renoncer à prendre Jérusalem et rentra en Europe défendre son trône, attaqué par les Français et convoité par son frère.

A cet instant du récit la vieille dame finit sa tasse de chocolat et continua :

  • Le duc Léopold V de Babenberg captura Richard sur son chemin de retour, en Autriche, à l’automne 1 192. Richard l’avait en effet publiquement insulté durant la croisade. Il le livra ensuite à l’empereur Henri V, surnommé le cruel, qui avait succédé à Frédéric Barberousse. Le jeune empereur réclama, pour la libération de Richard, une rançon de cent cinquante mille marcs d’argent – l’équivalent de deux années de recettes du royaume d’Angleterre - et il le fit incarcérer au donjon de Trifels. La reine-mère Aliénor d’Aquitaine, réussit à rassembler péniblement cent mille marcs d’argent qu’elle confia au héraut de Richard, le troubadour Blondel. Personne ne savait où se trouvait le roi au courage de lion. Alors le fidèle Blondel alla chantant de château en château, pour rechercher son bon roi. Un jour il arriva devant le donjon de Trifels et entonna un chant connu de lui seul et du roi :
Mystères à Beynac chapitre 4

« Bien me plait le temps radieux,

Quand vois feuilles et fleurs venir ;

Me plait d'ouïr le bruit joyeux

Des oiseaux qui font retentir

Leur chant par le bocage ;

Il me plait de voir sur les prés

Tentes et pavillons plantés,

Et j’ai grande allégresse

Quand vois par campagne rangés

Chevaliers et chevaux armés.[1]

 

Chanta Madame Bordas qui continua :

 

[1] Voir en fin de volume le chapitre Notes.

Mystères à Beynac chapitre 4
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