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Littérature


Mystères à Beynac chapitre 4 (suite 2)

Publié par François Auberoche sur 3 Août 2015, 06:57am

Mystères à Beynac chapitre 4 (suite 2)
  • Pardon monsieur, demanda Timothée, c’est quoi un haubert ?

C’était une très grande robe de mailles métalliques protégeant le corps du cou aux jambes. Facilement transpercée par les carreaux d’arbalètes et très chère, elle fut remplacée à partir du XIVème siècle, par divers systèmes de protection, seuls les riches nobles eurent des armures. Même si Richard avait mis son haubert, il serait mort, le carreau d’arbalète vint se planter dans le haut de son épaule gauche, à la base de son cou. Richard arracha le carreau lui-même, mais la gangrène gagna sa blessure mal soignée et, onze jours plus tard, le 6 avril 1 199, Richard mourut en présence de sa mère, Aliénor d’Aquitaine.

Mystères à Beynac chapitre 4 (suite 2)
  • Celle-ci emporta le corps du défunt roi à l’abbaye de Fontevraud, près de Saumur, où le roi Henri II y était enterré. Richard y reposera aussi, ainsi que plus tard, sa sœur Jeanne et leur mère Aliénor d’Aquitaine, débutant ainsi la nécropole de la famille Plantagenêt.
Mystères à Beynac chapitre 4 (suite 2)
  • Plantagenêt ? Bizarre ce nom ! Pourquoi ? demanda la rouquine.
  • C’est le surnom de cette famille, répondit madame Bordas. Il faisait allusion au genêt qu’avait l’habitude de porter à son chapeau Geoffroy V, comte d’Anjou, père d’Henri II d’ Angleterre. Puis cela devint le nom de cette dynastie.
Mystères à Beynac chapitre 4 (suite 2)
  • Sitôt l’enterrement terminé, Mercadier ne perdit pas de temps, continua Alfred. Il galopa jour et nuit vers Beynac où il arriva trois jours plus tard épuisé, mais déterminé. Il appela aussitôt Blondel et le questionna :
  • Où est le trésor de Richard ?
  • Je ne sais pas, répondit le troubadour.
  • Si, tu le sais ! cria Mercadier, en le giflant avec son gantelet de fer.
  • Mais c’est au roi, gémit Blondel, jeté à terre par le coup.
  • Le roi est mort ! lui hurla Mercadier. Tout ce qui est dans ce château est à moi ! Alors, c’est où ?
  • Richard ne peut être mort ! pleura Blondel. Ce n’est pas vrai !
  • Je mens ? brailla de nouveau Mercadier. Tu vas me le payer, dit-il en le frappant encore au visage.
  • Blondel, les lèvres en sang, abasourdi par la nouvelle de la mort de son roi, ne savait que faire, continua Alfred. Il balbutia :
  •  C’est un trésor royal, il faut le remettre à …
  • Mais, dit Alfred, il ne put terminer sa phrase : d’un coup de poing Mercadier l’étendit au sol et donna l’ordre à ses hommes de conduire le pauvre troubadour à la salle de tortures pour le questionner. Escorté par deux brutes armées, Blondel sortit de la grande salle où Mercadier l’avait interrogé, il traversa la cour où Adeline le vit avec effroi. Elle voulut se jeter dans ses bras, mais Mercadier la repoussa brutalement en lui disant :
  • Arrière pucelle ! Je vais questionner ce damoiseau et s’il ne parle pas comme je veux, je continuerai avec toi.
  • La pauvre Adeline ne comprit qu’une seule chose, précisa Alfred : son fiancé allait être torturé. Pour quoi ? Dieu seul le savait, il fallait donc aller à la chapelle le prier de faire cesser cette vilenie.
  • Pardon monsieur, demanda Marine. C’est quoi cette vilenie ?
  • La dame du dictionnaire avec des pissenlits, te dirait que c’est une action ou une parole vile, basse et mesquine, répondit madame Bordas. Mais à cette époque la signification était plus forte, c’était une très mauvaise action commise par un être foncièrement mauvais.
  • Pendant que la belle Adeline priait la vierge à la chapelle, Blondel, dans la salle des tortures, subissait le supplice de l’eau, continua Alfred devant les enfants effrayés. Attaché sur une table de bois, un entonnoir enfoncé dans la gorge, il absorbait des pintes et des pintes d’eau versées de façon continue. Le pauvre Blondel qui ne pouvait respirer se mit à suffoquer et pensa défaillir. Mais lorsque ses tortionnaires arrêtèrent, il les brava :
  • Assez d’eau je vous prie. Versez du vin pour changer, demanda-t-il.
  •  Il fait le fier, ricana Mercadier. Il va comprendre maintenant, mettez-le pieds nus.
  • Et, continua Alfred, le pauvre Blondel, les pieds nus enduits d’eau salée, fut soumis à l’atroce supplice de la chèvre qui vint lui lécher les orteils.
Mystères à Beynac chapitre 4 (suite 2)
  • C’est une blague ça, intervint la rouquine. Je l’ai vu dans un film et l’acteur éclatait de rire.
  • Exact, dit Alfred. C’est dans François Ier, un film français réalisé par Christian-Jaque en 1937. L’acteur principal était Fernandel, un comédien célèbre de cette époque. Je n’ai pas voulu vous raconter les tortures horribles du moyen-âge et décidé de vous faire sourire. Sachez qu’au bout d’un quart d’heure Blondel comprit qu’il ne pourrait pas tenir longtemps. Il prit alors une décision héroïque pour tenir sa parole à Richard :
  • Assez, dit-il à Mercadier. Je vais vous indiquer le chemin.
  • C’est bien, répondit le chef des routiers. Tu auras la vie sauve. Alors, c’est où ?
  • Dans les grottes, répondit Blondel, qui ne crut pas un seul instant à la parole de Mercadier.
  • Où, dans les grottes ?
  • C’est très compliqué, je vais vous montrer.
  • Passe devant et ne fais pas de bêtise. Ta vie en dépend.

Alors, raconta Alfred, Blondel entraîna Mercadier dans les sombres cavités sous le château. Il s’ingénia à lui faire suivre un itinéraire complexe et embrouillé et l’emmena au plus profond du dédale de ces cavernes, là où il savait que le calcaire humide avait tendance à s’effondrer. Arrivé dans ce lieu dangereux, il fit tomber d’un coup d’épaule la poutre qui soutenait la voûte du passage en espérant envoyer Mercadier en enfer

Mystères à Beynac chapitre 4 (suite 2)
  • Et Blondel ? demanda Marine.
  • On pense, répondit Alfred qu’il a dû être écrasé par les énormes blocs qui se sont effondrés sur plusieurs mètres. En effet Mercadier qui avait échappé à la mort fit creuser ses hommes pendant des mois sans trouver le corps du troubadour ni le trésor.
  • Et Adeline ? le questionna Claire.
Mystères à Beynac chapitre 4 (suite 2)
  • Je suis au regret de vous dire, murmura madame Bordas que la pauvre enfant entendit les cris de rage du chef des routiers qui maudissait son fiancé de s’être donné la mort. Toute tremblante, elle quitta la chapelle pour vérifier cette affreuse nouvelle. Elle en eut la confirmation de suite en voyant Mercadier qui la montrait du doigt en demandant qu’on lui amène pour qu’elle prenne la place de son fiancé défunt. En pleurant, elle courut vers la falaise et sans hésiter plongea dans le vide en criant :
  • J’arrive mon amour, nous serons ensemble pour l’éternité !
Mystères à Beynac chapitre 4 (suite 2)
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