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Littérature


Mystères à Beynac chapitre 4 (suite 3)

Publié par François Auberoche sur 10 Août 2015, 05:53am

Mystères à Beynac chapitre 4 (suite 3)

Les quatre filles ne purent s’empêcher de réagir :

  • Quelle horreur ! hurla Marine.
  • La pauvre ! déplora la rouquine.
  • Chaque fois, c’est pareil ! pleura Julie.
  • En plus, pour un garçon ! râla Emma.

Les réactions des garçons furent différentes :

  • Oh la chute ! commenta Matteo.
  • Elle ne pouvait pas se louper, constata Timothée.
  • Le bruit que ça a dû faire ! imagina Thomas.
  • Elle aurait mieux fait de pousser Mercadier, suggéra calmement Hugo.
  • C’était il y a très longtemps, leur rappela madame Bordas. Elle serait morte depuis.
  • Et après, demanda la rouquine, que s’est-il passé ?
  • Le père d’Adeline jura de venger sa fille et son fiancé, répondit Alfred. Il vendit sa ferme, alla à Bordeaux et s’engagea dans la troupe des mercenaires de Brandin, un rival de Mercadier. Là, il apprit le métier des armes et promit une récompense à ceux qui le préviendraient de la venue de Mercadier dans la capitale girondine.
  • Ah oui, je me souviens, dit Timothée.
Mystères à Beynac chapitre 4 (suite 3)
  • En effet, je vous ai parlé de Brandin tout à l’heure. Un an plus tard, le dimanche de Pâques 9 avril 1 200, un de ses compagnons le prévint de la venue de Mercadier, à Bordeaux le lendemain. Il était prêt et monta son embuscade près du palais de l’Ombrière, le palais ducal. Le lendemain, alors que Mercadier se rendait au palais en empruntant une ruelle, il le poignarda à mort.
  • Il n’a pas été pris, j’espère ? demanda Marine.
  • Non, ses amis et complices, payés par lui, gênèrent les hommes de Mercadier, permettant au père d’Adeline de s’enfuir. Nul ne le revit jamais.
  • Et le trésor ? demanda Matteo.
  • Jamais retrouvé, répondit Alfred. Pourtant Mercadier avait obligé ses hommes à déblayer des tonnes et des tonnes de roche. Dès qu’ils progressaient un peu les éboulements reprenaient. Le secteur qu’avait choisi Blondel était vraiment pourri. C’était de la craie humide sans aucune consistance, les hommes de Mercadier étayèrent en vain la voûte, celle-ci tombait toujours. Les routiers étaient à deux doigts de se rebeller quand, heureusement pour eux, Mercadier fut assassiné. Le nouveau châtelain en entendit parler et fit faire quelques sondages et cessa aussitôt les recherches. Ensuite les croisés de Simon de Montfort rasèrent le château dont les ruines bouchèrent les entrées aux grottes. Puis le donjon que vous avez vu cet après-midi fut construit sur les ruines, rendant impossible toute recherche. Depuis la construction du nouveau donjon plus aucune fouille n’a été faite au château.
Mystères à Beynac chapitre 4 (suite 3)
  • Et ailleurs ? demanda la rouquine.
  • Pourquoi ailleurs ? demanda Alfred en souriant.
  • Parce que les fantômes n’apparaissent pas au château, mais dans la maison de Marilyn.
  • Ah oui, chez madame Vitrac. Quel serait le rapport avec le trésor ?
  • Madame Bordas vous nous avez bien dit que la maison était hantée depuis huit cent ans. Cela doit bien avoir un rapport avec les morts d’Adeline et de Blondel. Non ?
  • C’est ce que tous les anciens du village se répétaient en effet de génération en génération, répondit-elle. Au cours des siècles la maison a dû être reconstruite plusieurs fois et elle doit communiquer avec les grottes effondrées sous le château.
  • Je le pense aussi, dit la rouquine. Ces fantômes se sont enfuis à travers la porte de la cave de la maison. Pour moi c’est une preuve.
  • Vous avez vraiment vu des fantômes ? lui demanda Julie. J’aurais eu drôlement peur.
  • Moi aussi, avoua Emma. Je serais morte de trouille.
  • Pas nous, ce n’est pas notre genre, dit Marine avec aplomb. A Bordeaux, on a l’habitude de vivre dangereusement.
Mystères à Beynac chapitre 4 (suite 3)

En entendant ce mensonge éhonté, madame Bordas et Alfred ne purent s’empêcher de sourire. Timothée, Matteo et surtout la rouquine éclatèrent de rire.

  • Mais que feraient des fantômes dans cette maison loin du château ? demanda la rouquine.
  • A vol d’oiseau ce n’est pas très loin, répondit madame Bordas. Quelques centaines de mètres tout au plus. Evidemment par des grottes le chemin peut être dix fois plus long. Mais pourquoi y aurait-il une grotte sous cette maison ?
  • Elle est située sur une colline, fit remarquer Alfred. On trouve souvent un aven, sur une hauteur.
  • C’est quoi un aven ? demandèrent en chœur quatre Bordelais.
  • C’est un puits, plus ou moins grand, dû à l’effondrement de la voûte d’une grotte. Vous en avez un très beau à Proumeyssac, non loin du village du Bugue, à une vingtaine de kilomètres.
Mystères à Beynac chapitre 4 (suite 3)
  • Je l’ai vu, s’exclama la rouquine. C’était superbe, on est descendu par une nacelle, ben, si c’est comme ça chez Marilyn, on va s’amuser pour descendre !
  • Rien ne dit qu’il y ait un aven, dit sentencieusement madame Bordas. S’il y a des fantômes, ce sont peut-être des anciens habitants de cette maison et ils n’ont sans doute rien à voir avec le trésor, ni avec Adeline ou Blondel.
  • D’autant plus, ajouta Alfred, que le trésor peut très bien n’être qu’une légende, ou que Richard l’ait dépensé avant sa mort.
  • Une légende ? s’étonna Timothée. Pourquoi ?
  • Parce que les historiens réfutent l’histoire de Blondel en disant que c’est une invention. Richard fut capturé le 19 décembre 1 192, et l’empereur le libéra en février 1 194 contre un premier versement de cent mille marcs d’argent que sa mère, Aliénor d’Aquitaine, réussit à rassembler péniblement. L’empereur lui extorqua également un serment d’allégeance de la couronne d’Angleterre à l’Empire avec le devoir de payer un tribut de 5 000 livres sterling par an. Avec cet argent l’empereur fit de grands travaux.
  • C’était pourtant une belle histoire, soupira la rouquine.
Mystères à Beynac chapitre 4 (suite 3)
  • Alors Alfred, mon ami, peux-tu nous expliquer comment Richard a trouvé les fonds nécessaires à la construction de la série d’ouvrages militaires pour protéger la Normandie, comme l’énorme Château-Gaillard ? Chantier qu’il mit en œuvre en 1 196 et qui s’acheva en 1 198. La couronne aurait dû avoir des difficultés pour financer la guerre contre Philippe Auguste et construire ces châteaux aussi rapidement. Richard devait avoir une cassette bien pleine, sans doute grâce à sa délivrance gratuite par Blondel.
  • C’était quoi Château-Gaillard ? demanda Timothée.
Mystères à Beynac chapitre 4 (suite 3)
  • C’est, car il existe toujours au bout de huit cent ans, le reprit madame Bordas, tout au moins le château proprement dit. Car c’était un ensemble fortifié qui barrait toute la Seine. Seul le château a survécu aux siècles par sa taille.
  • Il était grand ? demanda encore Timothée.
  • Pas grand : GIGANTESQUE ! A tel point que lorsque Richard le vit terminé, il s’exclama : « Que voilà un château gaillard ! ».
  • Gaillard, ça ne veut pas dire, enjoué ? demanda Claire.
  • Si, mais aussi : personne de solide constitution physique qui est pleine de vigueur et d’allant.
  • Il est où ce gaillard ? demanda Timothée.
  • Sur la Seine à cent kilomètres à l’ouest de Paris.
  • Si je comprends bien, dit Matteo, s’il y a un trésor, il ne doit pas être très gros, après toutes les dépenses de Richard.
  • Tu parles d’or mon garçon, constata Alfred. Il y a une belle légende, mais la réalité doit être plus simple.
  • Il ne nous reste qu’à poser la question aux fantômes, conclut la rouquine.
  • J’aurais bien trop peur, dit Julie.
  • Un fantôme est un esprit, dit Claire, donc il ne peut pas faire d’actions, ni bonnes ni mauvaises. On ne doit pas avoir peur d’eux.
  • Oui, mais… commença Emma.
  • Si on demande poliment, la coupa Claire, et s’ils peuvent parler, je ne vois pas pourquoi nous n’aurions pas de réponse.

Après cette réflexion pleine de bon sens, ils prirent congé de madame Bordas et d’Alfred et se dirigèrent vers la maison de Marilyn en discutant de tout ce qu’ils avaient vu et entendu au cours de cet après-midi passionnant. Petit à petit les Beynacois les laissèrent pour rejoindre leur maison respective. Hugo fut le dernier à les quitter et il conseilla la rouquine :

  • Ne fais pas de bêtises cette nuit, Claire ! En allant dans les caves de la maison, marque ton chemin pour revenir et qu’on puisse te retrouver.
  • Comment sais-tu que je vais y descendre ?
  • Ça se lisait sur ton visage, gros comme une publicité d’hypermarché.
Mystères à Beynac chapitre 4 (suite 3)

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