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Littérature


Mystères à Beynac Chapitre 5 (suite)

Publié par François Auberoche sur 24 Août 2015, 06:05am

Mystères à Beynac Chapitre 5 (suite)
  • C’est gentil de nous prévenir, remercia la rouquine. Mais ce n’était pas la peine de venir en force. Pourquoi tout ce monde ?
  • Parce que, dit Hugo, en riant. Aucun d’entre nous n’a vu de fantômes. On s’est dit que c’était l’occasion ou jamais. On était sûr que vous seriez debout et que vous nous laisseriez entrer.
  • Pas sûr, répondit Matteo très pince-sans-rire. On discutait entre Bordelais et nous avions décidé de nous coucher car aucun fantôme ne pointait son nez.
  • Tu blagues, intervint Thomas. Vous êtes habillés pour sortir. Vous n’allez pas nous virer sinon on ne vous aide plus pour les chevaux.
  • Pas de chantage ! dit sèchement la rouquine. Nous n’y céderons pas, notre conscience nous l’interdit.
  • Vous avez la forme, s’esclaffa Hugo. Que s’est-il donc passé ?
  • Marilyn a regardé un film interminable, répondit la rouquine. Elle ne dort que depuis un quart d’heure. La seule solution pour bien le prendre est de plaisanter. Allez, entrez ! Mais je croyais que Julie et Emma avait peur de voir des fantômes.
  • Sem de Bainac e n’avem pas paur ! dirent ensemble Emma et Julie.
  • Et ça veut dire quoi ? demanda la rouquine.
  • Nous sommes de Beynac et nous n’avons pas peur, répondit Hugo. C’est la devise de Beynac qu’Alfred nous a rappelé.
  • Il a bien fait, conclut la rouquine. En plus, la peur n’évite pas le danger.

Au même instant, on entendit le même ricanement que la veille :

  • A, a, a A ! A, a, a A !

La même silhouette blanche se dressait au centre en ricanant :

  • Vòles te morir, gojat ?[1]

A ces mots, Marine chercha refuge dans les bras de Thomas, Julie dans ceux de Timothée, Emma dans ceux de Matteo où elle retrouva Claire serrée aussi par Hugo.

  • Chau de’vs morir abans l’òra, gojats ![2] menaça le spectre en disparaissant.

Marine résuma le sentiment de tous :

  • Ça suffit pour cette nuit. Cette saloperie nous a fait peur. On se couche et on en parle demain.

Tout le monde approuva et les Beynacois comme les Bordelais se dirigèrent vers leur lit respectif

 

[1] Veux-tu mourir, jeune homme ?

[2] Gare à une mort précoce, jeunes gens !

Mystères à Beynac Chapitre 5 (suite)

Le lendemain, les quatre Bordelais comme les Beynacois n’avaient pas tout à fait les yeux en face des trous et avaient autant de dynamisme qu’une limace goinfrée de guimauve. Comme Marilyn s’était, elle aussi, couchée plus tard que d’habitude, les humains présentaient un spectacle affligeant aux pauvres chevaux qui ne demandaient qu’à gambader.

Ces animaux prévenants se chargèrent rapidement de réveiller leurs cavaliers. Avec quelques croupades ils expédièrent en altitude les apprentis et l’écuyère. La loi de la gravitation n’ayant point été abrogée ce jour là, Marilyn et ses quatre stagiaires chutèrent lourdement sur le sol, ce qui les réveilla et revigora les spectateurs qui éclatèrent de rire.

Marilyn, n’ayant point trop le cœur à la plaisanterie mit en selle illico les quatre Beynacois qui offrirent un très beau spectacle de rodéo à leurs amis. Malheureusement pour les autochtones, ce furent les chevaux qui gagnèrent à la plus grande joie des Bordelais.

Finalement les chevaux se calmèrent, les humains se réveillèrent, tout rentra dans l’ordre et en fin de journée, les Bordelais se débrouillaient correctement au trot assis sans étriers. Pour ne pas affoler Hugo et ses amis, la rouquine ne leur dit pas qu’elle avait convaincu ses trois compères de renouveler l’expérience de la veille.

Mystères à Beynac Chapitre 5 (suite)

C’était ce soir ou jamais : Marilyn allait se coucher tôt, ils pourraient descendre tranquillement dans la cave, la fouiller, trouver l’entrée du gouffre, y descendre et explorer les galeries en prenant toutes les précautions possible.

Après le dîner, les stagiaires dirent bonsoir à leur hôtesse et gagnèrent leur chambre en bâillant ouvertement. Ils s’allongèrent sur leur lit tout habillés et s’endormirent aussitôt.

Heureusement la rouquine avait pris la précaution de mettre son réveil avant de sombrer dans le sommeil. Elle put ainsi réveiller ses complices et à vingt-trois heures précises les quatre amis, leurs chaussures à la main, quittèrent leur chambre sur la pointe des pieds. La maison était tranquille, on entendait seulement la respiration tranquille de Marilyn profondément endormie. Grincheux, en revanche, ne devait dormir que d’un œil car il se leva aussitôt dès que les explorateurs sortirent de leur chambre.

  • Chut Grincheux, chuchota la rouquine qui ouvrait la marche.

Le chien se leva sans rien dire et les suivit tranquillement. Marine le caressa et le garda près d’elle, rassurée par sa présence. Ils arrivèrent à la porte de la cave. Matteo mit la main sur la poignée et se tourna vers la rouquine pour avoir son approbation. Celle-ci d’un hochement de tête lui fit signe d’entrer. Matteo s’exécuta et la porte s’ouvrit doucement sans effort. Elle n’était pas verrouillée, ce qui soulagea Claire qui redoutait de devoir fouiller la maison de nuit, pour trouver la clef.

Elle passa devant Matteo, éclaira de sa lampe le mur et trouva un interrupteur. Elle l’actionna, des ampoules s’allumèrent éclairant un escalier de bois brut.

La rouquine fit signe à ses amis de la suivre et descendit doucement l’escalier. Elle avait demandé à Timothée de marcher le dernier et de fermer la porte. Celui-ci la tira simplement, pour ne pas faire de bruit, la laissant entrouverte.

Arrivée en bas des marches, Claire regarda la cave et se mit à chercher un indice pour trouver un chemin vers les grottes. Ses amis firent de même et passèrent en revue les quatre salles identiques de cette cave encombrée de meubles cassés, de caisses vides et de vieilleries. Au bout de cinq minutes de recherches inutiles, Claire rappela ses troupes.

Mystères à Beynac Chapitre 5 (suite)
  • Rien de rien, c’est désespérant, leur dit-elle. Avez-vous vu quelque chose de particulier ?
  • Pas de traces de pas, répondit Marine.
  • Normal, dirent les garçons, les fantômes ne marchent pas.
  • Pas de signes d’une vieille porte, non plus, dit Matteo.
  • Le pire, dit Claire, c’est que les esprits pouvant passer à travers les murs, nous ne verrons rien du tout.
  • Il faut casser les murs, proposa Timothée.
  • C’est ça ! persifla la rouquine. En deux minutes, nous aurons Marilyn sur le poil et ce sera fini. On cherche un passage secret.
  • Dans les livres d’aventure, dit Marine, il faut parfois pousser une pierre pour ouvrir une porte.
  • Ou tirer sur une torchère, et pousser sur une autre chose, se moqua Matteo. Non ça ne va pas, cherchons avec méthode.
  • Quelle est la pièce dont on ne voit pas les murs ? demanda la rouquine. La cave à vins ! Fouillons-la à fond.
Mystères à Beynac Chapitre 5 (suite)

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