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Littérature


La Quête du Saint Graal Tome 1 Chapitre 2

Publié par François d'Auberoche

La Quête du Saint Graal Tome 1 Chapitre 2

Où l’on fait la connaissance d’une belle capitale armoricaine et de ses aimables habitants.

Sous une pluie battante, Galaad arrêta Bowmore, son cheval, devant l’auberge du sanglier rieur dont l’enseigne, une hure hilare, se balançait au-dessus de sa tête. Il sauta prestement à bas de sa monture et confia les rênes à un domestique qui s’abritait sous le porche.

  • Occupe-toi de mon cheval et de mon mulet, je te prie, dit le paladin au valet en lui lançant une piécette en bronze. Je vais voir s’il y a une chambre libre et je te rejoins aux écuries.

Sans attendre de réponse, Galaad courut aussitôt se mettre à l’abri dans l’auberge. Celle-ci était noire de monde et bruissante de conversations, mais un silence de mort se fit à son entrée. Tous les clients se retournèrent pour le dévisager.

Une jolie servante le vit et se dirigea vers lui immédiatement, avec un sourire enjôleur.

  • Bonsoir, bel inconnu. Sois le bienvenu, roucoula-t-elle. Tu trouveras ici tout ce dont tu as besoin.
  • Bonsoir, beau chevalier, minauda une deuxième servante, toute mignonne elle aussi. Que cherches-tu ?
  • Bonsoir demoiselles, répondit Galaad en rougissant. Je cherche une chambre et un bon souper.
  • C’est tout ? demanda la première avec une moue ravissante.

« Et ça continue ! Vivement que je trouve ce sacré Graal de malheur. » soupira Galaad.

  • Ségolène et Mégane, arrêtez de parler avec le premier venu ! lança un homme gras, au ventre ceint d’un tablier, qui devait être l’aubergiste. A part tremper mon auberge, qu’est-ce qu’il veut celui-là ?
  • Salut l’ami, le salua Galaad. As-tu une chambre pour la nuit ? Et un bon souper pour un voyageur affamé.
  • Je ne suis pas ton ami, étranger, lui fut-il répondu. Qui es-tu ?
  • Je suis Galaad de Tintagel, chevalier de la table ronde, envoyé spécial de feu le roi Arthur pour retrouver le Saint Graal, lança-t-il d’une voix forte.

Aussitôt plusieurs clients se levèrent et l’entourèrent.

  • Un pays ! s’exclamèrent-ils. Bienvenue chez nous.
  • Comment va la Bretagne ? demanda l’un d’entre eux.
  • Et les envahisseurs ? questionna un autre. Arrive-t-on à les repousser ?
  • L’aubergiste va te donner sa meilleure chambre, affirma un autre. Pas vrai, Quatregros ?
  • Bien sûr, pour un pays, il y a toujours une bonne chambre, affirma ce dernier. Je t’avais pris pour un Franc, excuse-moi. Tu es trempé, je vais te faire monter tout de suite un bain chaud. On te servira ensuite un festin de roi. Après, tu pourras te distraire tout ton soûl. As-tu une monture ?
  • Oui, répondit Galaad. Un cheval et un mulet, je les ai confiés à un valet qui est dehors. Je vais aller les voir et je reviens.
  • Va prendre ton bain d’abord, répondit l’hôtelier. Tu viendras nous rejoindre après. Je vais donner des ordres pour qu’on s’occupe de tes bêtes et que tes bagages soient montés dans ta chambre.
  • Je vous prie de m’excuser Messires, dit Galaad en se dirigeant vers la porte. Je vais donner à votre valet des conseils pour ne pas se faire mordre par mes montures, je me lave et je reviens vous trouver.
  • Prends ton temps. Nous t’attendons, Galaad.
  • Ségolène ! cria Quatregros. Montre au chevalier où est l’écurie. Pendant qu’il y sera, prépare avec Mégane la meilleure chambre. Que l’on monte tout de suite un grand cuveau, de l’eau chaude en quantité, du savon, des brosses, des serviettes, etc. Traitez-le bien. C’est un hôte de marque.

Galaad sortit en suivant la servante, il entendit en passant la porte un consommateur ronchonner :

  • Toujours pareil. On bichonne des étrangers qui ne sont même pas du pays.

Pendant que la conversation reprenait dans la salle, Galaad arriva à l’écurie où il vit que l’on s’occupait déjà de ses montures. Il aida les valets à les bouchonner et à les nourrir. Ensuite, il les caressa, les borda, leur fit un petit bisou et quitta l’écurie. Il rentra dans l’auberge, se fit indiquer sa chambre et monta l’escalier.

Il trouva la chambre facilement, une noria de domestiques y montait de grands seaux d’eau chaude, pour remplir un immense cuveau, tapissé intérieurement d’un fin drap de lin.

Quand il fut seul, le chevalier se déshabilla et se glissa dans l’eau, délicieusement chaude. La porte s’ouvrit et deux énormes femmes entrèrent. Elles avaient l’allure de deux catcheurs sur le retour. Avec leurs moustaches de phoque, leurs bajoues énormes, leurs bras comme des cuisses et leurs seins hypertrophiés, il était difficile de voir en elles des femmes. Pour la première fois de sa vie Galaad, le valeureux combattant, découvrit la peur.

  • C’est toi le sieur Lagalade ? demanda la plus jeune qui aurait pu être sa grand-mère.
  • Presque. Moi c’est Galaad, ma brave dame. Que viens-tu faire céans ?
  • Te laver, tiens, c’te bonne blague, lui répondit-elle en retroussant ses manches sur des biceps d’haltérophile. C’est nous qui lavons les clients de l’auberge.
  • Mais je peux me laver tout seul, protesta le héros.
  • Ben voyons ! Tu peux te frotter le dos toi ? Tu ne peux pas te laver comme nous on va faire, insista l’autre dame qui était la jumelle de l’une. Nous, on est des spécialistes du lavage, tu vas être propre comme un sou neuf.
  • Bon, puisqu’il le faut, allez-y.
  • Où qui sont tes vêtements ? demanda l’une.
  • Sur le tabouret devant la cheminée, ma brave dame.
  • Bien. T’en as d’autres, des propres ?
  • Oui, pourquoi ?
  • Parce que je vais donner ceux-là à laver, mais, même devant le feu, y faudra du temps pour les sécher. Alors, tu mettras les autres tout à l’heure. Bon j’y va et je reviens aussitôt, dit-elle en emportant les vêtements du chevalier.
  • Bon, moi je mouille, dit la première en versant une gigantesque cruche d’eau sur la tête du petit baigneur.

Ensuite, les deux catcheuses se mirent au travail. Elles savaient laver, il fut oint d’un savon de très bonne qualité, certainement préparé avec de la bonne graisse de chèvre mélangée à des cendres fines de bouleau. Le savon ne piquait pas les yeux et moussait abondamment, ce qui préservait la pudeur du jeune héros. Les dames, en revanche, frottaient fort, surtout avec les brosses. Pas un pouce de son corps n’échappa à leurs mains expertes ni, surtout, aux poils des brosses en chiendent.

Il fut ensuite plongé dans le cuveau, noyé et rincé. Elles le sortirent du bain juste avant l’asphyxie, l’enveloppèrent de linge fin et le frictionnèrent. Une fois bien sec, elles l’astiquèrent au gant de crin, le briquèrent et le grattèrent pour le rendre bien rouge et le jetèrent sur le lit.

Il fut alors enduit d’une huile douce et massé avec la délicatesse d’un rouleau compresseur. Galaad s’attendait à chaque instant à ce qu’un bras se détache ou qu’un muscle ne s’arrache, mais il tint le choc. Au final, la plus mince l’immobilisa par une clef au bras, tandis que la plus forte entreprenait de lui marcher sur la colonne vertébrale.

  • Ne gueule pas, p’tiot, c’est pour ton bien, lui fut-il recommandé.
  • Mais je vais me casser.
  • Raconte pas de bêtises. Ça n’arrive qu’une fois sur deux. Le pauv' gars il est infirme mais ses muscles sont dénoués, rigola la marcheuse qui se mit à tenter d’arracher ses vertèbres cervicales avec les orteils.

Curieusement, quand ce fut fini, Galaad se sentit bien mieux.

  • Ouf, soupira-t-il. Ça fait du bien quand ça s’arrête.
  • On te l’avait bien dit, c’est pour ça qu’on le fait, approuva la plus mince en lui donnant une gigantesque claque sur les fesses. Allez, rhabille-toi, c’est fini.

Les mains en conque devant son bas-ventre, le paladin courut vers son sac prendre des vêtements avec ses dents. Les deux lavandières, les poings sur les hanches riaient comme des baleines en voyant les contorsions prises par Galaad, pour s’habiller en protégeant sa pudeur.

Finalement, les deux cétacés sortirent de la pièce en se tordant de rire, laissant un preux fort vexé. Il finit de s’habiller et descendit dans la salle. Il fut accueilli aussitôt par le petit plaisantin :

  • Alors le chouchou s’est bien amusé ?

Galaad l’ignora et tenta d’amener la conversation sur la météo pour éviter des disputes.

  • En tout cas, aujourd’hui, il fait beau. Il y a juste un peu de crachin.
  • C’est bien un Breton ! s’exclama Kerozen, un des clients. Trouver ce temps de chien, splendide, et cette pluie torrentielle, du crachin !
  • Quel été pourri ! râla Almanac’h, un autre consommateur.
  • Dans ma jeunesse, il faisait toujours beau, grogna Abiven, un troisième habitué.
  • Si on parlait plutôt d’autre chose, fit remarquer Anorac’h, un autre client. Les Bretons pourront-ils un jour bouter les Angles hors de Bretagne ?
  • Jamais, je le crains. Arthur a joué sa dernière carte en envoyant plusieurs chevaliers de la table ronde, dont moi-même, à la recherche de la solution miracle. Mais nous n’avons toujours pas trouvé.
  • Quelle solution ?
  • Arthur pensait que si nous ramenions le Saint Graal, le vase qui a contenu le sang du Christ, celui-ci nous aiderait à vaincre.
  • Et où est ce vase ?
  • C’est ce que je cherche depuis un temps fou. J’ai parcouru toute la Bretagne à travers les lignes saxonnes et la Calédonie, en fouillant toutes les îles, je n’ai rien trouvé. Je suis allé en Erin, là aussi rien du tout. L’Armorique est ma dernière chance.
  • Mais ailleurs ? A Soissons, par exemple, pourquoi n’y vas-tu pas ? Il y a des vases.
  • Parce que j’ai des renseignements m’assurant que j’aurai de ses nouvelles dans la forêt de Brocéliande.
  • Et tu comptes y aller ? demanda Abiven, affolé.
  • Bien sûr.
  • Tu es complètement fou. Kerozen, viens ici et explique à ce jeune homme ce qu’est la forêt de Brocéliande.
  • Pourquoi, c’est un conteur ? Il cherche des renseignements pour écrire un conte fantastique ? demanda Kerozen.
  • Non, ce dingue veut y aller.
  • Aïe, Aïe, Aïe. Le pauvre. Tu veux te suicider, jeune homme ?
  • Pas du tout, je dois y aller.
  • Eh bien, tout est foutu si les autres chevaliers sont aussi dingues que toi, commenta Almanac’h. Kerozen, convaincs-le de ne pas y aller, que la Bretagne ne perde pas un guerrier pour rien.
  • Almanac’h a raison, répondit Kerozen. C’est facile. C’est la forêt de tous les contes, de la magie, des sortilèges et des monstres. Là-bas tout est possible : les animaux et les choses peuvent te parler et te terroriser. Il y a des ogres, des goules, des dragons, des sorcières, des elfes, des korrigans, des nains, des fantômes, que sais-je encore. Même les arbres sont enchantés et maléfiques. En cinq minutes, il ne restera que tes os, et encore. Tu veux toujours la visiter cette forêt, maintenant ?
  • Ce n’est pas que je veuille, mais je dois.
  • Mais, pense à ta pauvre mère, à ton roi, à ta femme, qui vont te pleurer, insista Anorac’h.
  • Je suis orphelin, mon roi est mort et je suis célibataire. Je le fais pour la Bretagne. J’irai demain.
  • Mais ce n’est pas possible d’être têtu comme ça, lui dit Kerozen. C’est vrai que tu es Breton, mais là tu dépasses les bornes. Ségolène et Mégane ! cria-t-il, venez ici.
  • Oui, on nous demande ? répondirent les servantes en ondulant leurs hanches pour avancer.
  • Ce pauvre gars va mourir demain. Offrez-lui une nuit merveilleuse, des danses, des chants et même des baisers. Un condamné à mort a droit à un peu de chaleur humaine avant son trépas.
  • Oh, le pauvre chou ! s’exclama Ségolène. C’est cette méchante reine qui t'a condamné ?
  • Mais il faut faire appel, mon biquet ! cria Mégane. Tuer un bel homme comme toi, avec de si beaux yeux bleus, c’est un crime. Mais je vais te faire oublier ça, cette nuit, dans mes bras.
  • Dans les miens aussi ! hurla Ségolène. Je l’ai vu d’abord. Et ses yeux en premier. J’ai craqué tout de suite. Quel beau garçon tu es ! C’en est même écœurant. Et elle veut te tuer. Quelle saleté ! Je ne pourrai donc jamais t’épouser ?
  • Il y a un problème, répondit Galaad. Pour trouver le Saint Graal, je dois rester pur. Donc, grand merci demoiselles pour vos offres de services que j’apprécie à leur juste valeur. Mais je resterai seul cette nuit, en prières.
  • Quoi ! s’écrièrent-elles. Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?
  • Hélas oui. Seul quelqu’un ayant le cœur pur peut trouver le Saint Graal. Aussi, je ne dois commettre aucun péché, ni même me marier, si je veux le trouver.
  • Mais, pour une nuit, dit Ségolène. De plus, ce sera ta dernière.
  • Je me serre la ceinture, ce qui est une façon de parler, depuis des années, rétorqua le paladin. Ce n’est pas pour tout faire rater la veille.
  • Mais tu ne le diras à personne et nous non plus, d’ailleurs.
  • Peut-être que les humains ne le sauront pas. Mais le Seigneur, si, et je ne pourrai pas trouver ce sacré Graal.
  • Et quand tu l’auras trouvé, demanda Ségolène, tu pourras te marier ?
  • Bien sûr, je compte me rattraper.
  • Alors, ce sera moi. Je t’ai vu la première dès que tu es entré.
  • Et moi ? demanda Mégane.
  • On peut tirer au sort, proposa Galaad.
  • En tout cas, rigola Abiven, je me demande si tu ne pêches pas en les regardant. Les yeux te sortent de la tête.
  • Point du tout, riposta le chevalier de la table ronde. Mon cœur reste pur tandis que j’admire ces deux splendeurs de la nature et loue le seigneur de les avoir créées.
  • Ma doué, s’exclama Almanac’h. Tu parles comme un recteur. Tu es un guerrier ou un abbé ?
  • Un guerrier qui vit dans la paix du seigneur, répondit calmement Galaad en sifflant sa cervoise.
  • En tout cas, on te souhaite une bonne dernière nuit, s’esclaffa Abiven.
  • A ce sujet, reprit Galaad. Une des servantes croyait que c’était votre reine qui m’avait condamné à mort. On dirait qu’elle n’est pas très appréciée.
  • C’est le moins qu’on puisse dire, grommela Kerozen. Ce n’est ni une Gauloise ni une Bretonne. Je ne sais où feu le roi, son mari, l’avait trouvée, mais il aurait pu l’y laisser.
  • Elle adore tuer, poursuivit Anorac’h. Voilà la vérité. Pour un oui ou un non, elle fait exécuter le pauvre monde.
  • Et il faut voir comment, surenchérit Abiven. Elle les fait empaler, c’est horrible.
  • Moi, dit l’aubergiste qui s’était approché, je crois que c’est une sorcière. Elle m’a pris mon meilleur cuisinier il y a un an et l’a fait condamner pour avoir servi une viande trop cuite au goût de cette harpie.
  • A mort, pour une viande ? s’étonna Galaad.
  • Je ne sais. Du jour au lendemain il a disparu, comme ont disparu des dizaines d’autres.
  • Si seulement la fille du roi avait vécu, soupira Kerozen. Son père était si gentil et sa mère aussi. Elle ne pouvait être qu’adorable, mais elle est morte d’une grippe il y a un an.
  • Une grippe, mon œil ! affirma Almanac’h. Elle l’a fait tuer, voilà. D’ailleurs, personne au château n’a vu son corps.
  • Je connais des domestiques au château, intervint Ségolène. J’ai plein de copines qui pensent que la pauvrette a été jetée vivante dans une des oubliettes et qu’elle est morte de faim et de soif.
  • Oh oui, surenchérit Mégane. Il sort de drôles de bruits des prisons, paraît-il.
  • J’en arrive même à souhaiter que les Francs viennent nous débarrasser de cette horreur, soupira Abiven.
  • Moi aussi, s’exclamèrent la majorité des convives.
  • Il me semble qu’on dit du mal de notre bien-aimée reine, dit un convive de la table voisine en se tournant vers eux.
  • Ciel ! crièrent les clients en pâlissant.
  • Ah c’est toi, Norbert, dit Kerozen. On ne t’avait pas vu. Tu nous as surpris. Tu n’as rien vu, rien entendu, d’accord ?
  • Bien sûr, dit le Norbert en question. Tu sais bien que je n’ai jamais cafté. Mais vous parlez tous beaucoup trop fort. Et si le bourreau était dans la salle ?
  • C’est vrai ça, dit en tremblant Quatregros. On ne sait pas qui c’est, il travaille toujours avec une cagoule.
  • Il n’est pas de la ville, leur certifia Norbert. Il est arrivé l’an dernier de Béthune. Donc, méfiez-vous des étrangers.
  • Mais qui es-tu ? demanda Galaad.
  • Je peux te retourner la pareille, jeune homme, quoique j'aie suivi toute votre conversation. Je suis employé au château, je suis chasseur.
  • Alors tu connais bien la forêt de Brocéliande ?
  • Oui, j’y chasse souvent. J’ai entendu que tu veux y aller. Tu vas mourir jeune, chevalier.
  • Ne pourrai-tu pas m’y conduire demain ?
  • Non, ce n’est pas possible. Une voyante m’a prédit que demain serait pour moi une très mauvaise journée, aussi demain je ne bougerai pas.
  • Mais, intervint Abiven. Tu es pourtant l’homme le plus chanceux de cette cité. Ne dit-on pas d’ailleurs, avoir une veine de Norbert.
  • Je n’aime pas trop cette expression, car beaucoup me regardent en riant sous cape et en reluquant ma femme. Mais c’est vrai que j’ai beaucoup de chance. Tous les jours, sauf demain.
  • Ne peux-tu au moins, poursuivit Galaad, me donner quelques renseignements me permettant de me débrouiller dans cette forêt ?
  • Ce n’est pas facile à expliquer.
  • Mais si, lança Quatregros. Les nains ! Indique-lui où habitent les nains. Ils viennent ici assez souvent, ils sont très gentils, à part un râleur, et connaissent la forêt comme leur poche.
  • C’est vrai, je sais où ils habitent, mais c’est secret.
  • Allons, fais un beau geste, Norbert, lui demanda Anorac’h. Il est sympa ce petit Breton.
  • Bon, d’accord, mais allons dehors Messire, dit Norbert à l’intention de Galaad. C’est trop secret, les murs ont parfois des oreilles.

Galaad suivit le chasseur dans la cour de l’auberge. Il revint seul, un quart d’heure plus tard.

  • Alors, le questionna Anorac’h. Il t’a donné des renseignements ?
  • Oui, beaucoup. Mais peut-on lui faire confiance ?
  • Oui, c’est la crème des hommes, répondit Anorac’h. Mais il ne faut jamais jouer aux dés ou aux cartes contre lui, il gagne tout le temps.
  • Ses renseignements étaient très précis, je crois que je peux être optimiste.
La Quête du Saint Graal Tome 1 Chapitre 2

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