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Littérature


La Quête du Saint Graal Tome 1 Chapitre 8

Publié par François d'Auberoche

 La Quête du Saint Graal Tome 1 Chapitre 8

Où notre héros ira aux bains, où il en retira moult inconvénients et où nous entendrons un navigateur narrer une étrange histoire.

Ce matin là, le laconicum était sec et la visibilité correcte. Prof, Joyeux, Atchoum, Timide et Galaad étaient assis sur les plus hautes marches, là où il fait le plus chaud, et suaient à grosses gouttes.

  • Comment se fait-il, Prof, demanda Galaad, qu’aujourd’hui il n’y ait pas de vapeur ? C’est beaucoup plus agréable d’ailleurs.
  • Pour éliminer les toxines, il vaut mieux une chaleur sèche.
  • Vous en savez des choses, dit le héros en haletant, les poumons remplis d’acier en fusion.
  • Oui, nous autres nains, aimons la bonne chère et les bonnes boissons. Aussi, il nous arrive, pas souvent,...
  • Mais beaucoup, intervint Joyeux.
  • Quelquefois, disais-je, d’avoir des lendemains difficiles. Avec la potion que tu as avalée tout à l’heure et un bon séjour dans la chaleur sèche, on se retrouve frais comme un gardon.
  • A propos, dit Joyeux, il y en a plein le ventre en l’air, dans le ruisseau, je ne sais pas pourquoi.
  • Une pollution industrielle, peut-être ? dit Prof.
  • Même si nous sommes en forme dans cinq minutes, dit Galaad, il sera trop tard pour aller à la grotte aujourd’hui.
  • Oui, la matinée est bien avancée. Mais cela nous laissera le temps de préparer notre départ. Nous irons demain matin.
  • Et on demandera à Gourmand de nous préparer un dîner du tonnerre ce soir.
  • Ne me parlez pas de manger, dit le chevalier. Ma tête ne me fait plus mal, mais...

Nous ne saurons jamais ce que voulait dire Galaad, car il s’arrêta brutalement de parler, il venait d’apercevoir une personne qui pénétrait dans les bains. Il n’en crut pas ses yeux : Blanche Neige venait de faire son entrée. Elle avait ménagé sa pudeur en se drapant, comme tous les participants, dans une mince pièce de lin blanc, flottant librement sur ses épaules. Sa magnifique silhouette laissa Galaad bouche bée.

Elle vint s’asseoir à côté de lui, en poussant Prof pour avoir un peu de place.

  • Alors, comment va le chevalier ? demanda-t-elle.
  • Chaudement, Princesse, répondit l’intéressé en suant à grosses gouttes.
  • C’est le but du laconicum, dit-elle finement.
  • Oui, je sais, mais je ne me sens pas trop à l’aise.
  • Alors, va te rafraîchir, l’eau te fera beaucoup de bien.
  • Je vais suivre votre conseil.

Galaad se leva, dévala les marches et se rua vers le bain du caldarium, dans lequel il atterrit après un saut de l’ange remarquablement réussi. Il voulait sans doute attirer l’attention sur lui et il réussit à merveille. Il poussa un cri de douleur et ressortit en trombe. Le caldarium, comme vous le savez, est une piscine chaude et n’est pas faite pour rafraîchir.

Les hurlements qu’il se mit à pousser, dès que sa tête émergea, furent entendus à des dizaines de milles. L’onde de choc fut même perçue dans la capitale du royaume, où elle fut classée sans suite sur l’échelle du jardinier du château.

Tous descendirent en courant pour connaître les raisons de ces cris. Blanche Neige vit alors avec horreur que Galaad ressemblait à un homard (cuit). Sa peau était plus rouge que celle d’une Britannique après sa première journée de vacances aux Baléares. De plus, des cloques apparaissaient comme des champignons sur sa peau puis explosaient avec un bruit de pop corn.

La princesse regarda le bain et cria horrifiée à Prof :

  • Mais, ce n’est pas vrai, l’eau bout !
  • Nom de Zeus, mais c’est vrai et à gros bouillons. Où est ce cochon de Dormeur que je l’étripe ? Et Gourmand qui devait le surveiller ? Je crois que ce soir il y aura deux nains de moins dans cette maison. Vite, plongeons Galaad dans de l’eau froide, je le soignerais après.

Quelques instants plus tard, le chevalier hurlait de nouveau, mais moins fort, au contact de l’eau froide.

  • Désolé, mon pauvre Galaad, mais c’est pour ton bien, lui confia Prof, en le maintenant quelques instants dans l’eau. Bon, maintenant sortons-le.

Gourmand arriva en courant.

  • Que se passe-t-il ? demanda-t-il avec espoir. Vous égorgez un cochon ?
  • Attends que je t’attrape, répondit Prof, c’est toi qui vas y passer.
  • On tue quelqu’un ? demanda Grincheux, arrivé ventre à terre.
  • Va tout de suite avec ce couillon de Gourmand à la chaufferie. Je veux qu’il t’explique comment lui et Dormeur se sont débrouillés pour porter à ébullition l’eau du caldarium. Tu les feras remonter ensuite à coups de pieds dans le train pour que je les assassine. Nous, on amène Galaad sur son lit.
  • Oh, les sinistres abrutis ! Gourmand, passe devant moi et, en vitesse, direction la chaudière.
  • Ne me frappe pas, hurla Gourmand, qui s’enfuit aussitôt, poursuivi par un Grincheux déchaîné.

Propulsé par le pied de Grincheux, Gourmand dévala les marches de la cave et termina son périple par un remarquable roulé-boulé qui le mena au pied de la chaudière. Grincheux découvrit alors Dormeur qui, tout en dormant, remplissait d’un mouvement mécanique le foyer avec d’énormes bûches. Il les prenait dans un gigantesque tas à sa gauche et les enfournait dans le feu à sa droite. Le mouvement était régulier et semblait devoir durer jusqu'à épuisement complet des munitions.

  • DORMEUR ! hurla-t-il.
  • Ouais ?
  • Réveille-toi, imbécile heureux et regarde ce que tu fais.
  • Hé ben, dis donc, j’ai bien travaillé. Le tas de bûches a diminué de moitié. Je n’aurais pas cru pouvoir travailler autant. C’est fatiguant de voir ça.
  • Ce n’est pas vrai. Quel idiot dangereux ! Gourmand, explique ! Tu étais où pour le surveiller ?
  • Ben là.

Et il montra une table sur laquelle était posée un plat avec des restes de cochonnet, un verre, une amphore de vin, un poignard et une miche.

  • J’étais assis à côté. Je grignotais un peu pour m’occuper. C’est l’heure du casse-croûte.
  • Tristes crétins ! L’un se bâfre pendant que l’autre zombie travaille tel un soutier moyen.
  • C’est quoi un soutier ?
  • Je n’en sais rien. Ce n’est pas encore inventé sans doute, mais le problème n’est pas là. Vous avez tellement fait chauffer l’eau que vous avez fait cuire Galaad. Gourmand, si tu me dis qu’il fallait le vider avant, je t’attache cette nuit au pied d’un arbre pour que les goules se repaissent de ton lard. Arrêtez tout, on remonte, il faut essayer de sauver la vie du chevalier. On va donner un coup de main à Prof.

Dormeur ouvrit la marche, poussé par Gourmand qui tentait de le faire monter plus vite, car Grincheux avait entrepris de lui démolir le fondement avec le pied droit. Dormeur qui évidemment ne sentait rien, opposait sa force d’inertie habituelle et montait l’escalier de son train de sénateur.

  • Gros fainéant, va plus vite ! le suppliait Gourmand.
  • Doucement, lui répondait l’autre, je me réveille. Si je force maintenant, j’aurais des insomnies.

Arrivé au rez-de-chaussée, Gourmand le doubla et fonça vers le bureau de Prof. Ce fut alors au tour de Dormeur de subir la colère de Grincheux. Le premier coup de pied aux fesses le fit décoller de trois pieds et doubler Gourmand. Ce dernier affolé accéléra pour reprendre la tête, il ne mena pas longtemps, car sur un autre élan de Grincheux, Dormeur fut propulsé à deux pas devant lui. Une fois arrivé dans le bureau, Grincheux s’arrêta de cogner.

  • Prof, où es-tu ? cria-t-il.

En effet, le bureau, qui était noyé sous des vapeurs d’encens, était vide.

  • Nous sommes dans la chambre de Blanche Neige. Venez.

Pendant que Grincheux s’occupait des deux tristes sires, Prof, Blanche Neige, Joyeux, Atchoum et Timide avaient porté Galaad dans le bureau où était sa couche. Ce ne fut pas facile. Ils ne savaient comment le porter sans le faire trop souffrir. Heureusement pour leurs oreilles, le chevalier eut la gentillesse de s’évanouir et de cesser de hurler.

Atchoum qui était chargé de supporter la tête de Galaad, ouvrait la marche. Il était tourné vers les pieds du héros pour faire reposer le chef d’icelui entre ses deux mains réunies en coupelle. Il marchait donc à l’envers et ne vit pas les nuages de fumée d’encens qui remplissaient le bureau. Mais il les sentit tout de suite en entrant.

Il fut pris d’un éternuement gigantesque et lâcha prise. Les quatre autres porteurs, surpris, relâchèrent leur étreinte. L’anesthésie du chevalier fut donc largement amplifiée par le choc de son crâne sur le parquet de chêne.

  • Bougre de Bougre de Bougre d’imbéciles ! hurla Prof.
  • Vilain Atchoum qui casse Galaad, pleurnicha Blanche Neige, dont les idées n’étaient pas trop claires, tant elle était émue.
  • On le reprend et on le pose sur son lit, dit Prof.

Blanche Neige intervint :

  • Non, son lit est trop sale. On n’a pas encore changé ses draps. Portons-le sur mon lit où il sera bien mieux. Les draps sont propres et le lit sera plus doux pour un grand brûlé.

Il fut bientôt déposé sur les draps de soie, avec plus de précautions que n’en prend un artificier pour manier ses détonateurs par une belle journée d’août au Moyen-Orient.

  • Bon, dit Prof, pendant que je cherche de quoi le soigner, il faut le rafraîchir. Prenez des serviettes, mouillez-les avec de l’eau glacée et changez-les toutes les dix minutes.

Tout le monde s’affaira et bientôt on ne vit plus que les yeux du chevalier. Celui-ci s’agita bien vite et poussa des grognements étouffés. Prof qui fourrageait dans ses plantes arriva et hurla :

  • Vous voulez le tuer complètement ou quoi. Dégagez ses narines, bande d’incapables.

Il arracha les serviettes qui recouvraient la tête du chevalier, celle-ci apparut violette comme une aubergine ce qui stupéfia Blanche Neige. Pendant que Galaad inspirait et soufflait avec la violence d’un soufflet de forge, elle questionna Prof :

  • Mais pourquoi est-il violet maintenant ?
  • Quand quelqu’un s’asphyxie il devient bleu, ma chérie. Comme il était rouge, il est devenu violet, les deux couleurs se sont mélangées.
  • Alors, quelqu’un qui serait jaune et qui s’étoufferait, deviendrait vert ?
  • Ça n’existe pas des gens jaunes, ma puce, mais c’est vrai, il deviendrait vert.
  • N’empêche c’était joli cette couleur aubergine, mais ça part.
  • Heureusement, sinon il serait mort très vite.
  • Ouin, je veux pas qu’il meure. C’est lui que j’aime et j’ai failli le tuer, je suis une misérable.
  • Il faudra la soigner, cette petite, confia Joyeux à Prof, soit elle ne supporte pas cet accident, soit ses hormones la travaillent.

C’est alors que Grincheux fit son entrée, précédé de Gourmand et de Dormeur qui s’écrasèrent contre le mur du fond. Les derniers coups de pieds avaient, en effet, été bien dosés.

  • Alors, demanda Prof, quelles excuses avaient-ils ?
  • Aucune comme d’habitude ! L’un mangeait et l’autre mettait, en dormant, tout notre stock de bûches dans le foyer.
  • On va les réveiller. Joyeux, tu prends ces deux Ostrogoths, tu leur fais seller trois poneys et tu pars avec eux au village. Tu vas voir l’apothicaire et tu lui demandes un onguent pour un grand brûlé. Moi je n’ai vraiment pas grand-chose. Je vais lui préparer un calmant, mais cela ne le guérira pas. Prends ma bourse sur le buffet.
  • Pourquoi trimballer ces deux pignoufs au village ? Je n’en vois pas l’utilité.
  • Mais si, mais si. Si tu tombes sur des brigands, des ogres ou des goules, tu leur jettes ces deux salopiauds en pâture. Ça te sauvera la vie. Tu vois, ils te seront utiles.
  • Ah, oui, pas bête. Allez, avancez vite, je veux mon poney et les vôtres sellés dans trois minutes. Pendant ce temps-là, je m’habille. Grincheux, comment fais-tu pour les faire avancer aussi vite ?
  • Non, ne lui dis pas, dirent deux nains terrorisés qui coururent vers la sellerie.
  • Au fait, dit Grincheux, vous pourriez peut-être vous rhabiller tous.
  • Saperlipopette, c’est vrai, dit Prof, habillons-nous. Blanche Neige, tu es splendide, mais passe une robe.
  • Je m’en fiche, il faut sauver Galaad.
  • Oui, mais tu nous déconcentres.
  • Pourquoi ?
  • Arrête tes bêtises, Blanche Neige ! Ton drap de bain ne cache rien.
  • C’est vrai, dit Timide, j’ai, j’ai, l’air de quoi. Je fonce mettre une chemise.
  • Atch... Moi aussi.
  • N’oubliez pas le bas, recommanda Prof. Blanche Neige, tu n’as qu’à te faire une tenue plus légère, mais habille-toi. Tu as des aiguilles, du fil et du tissu. Ça t’occupera et moi je soignerai Galaad.
  • Bon, dit Grincheux, je retourne surveiller la vieille, mais envoyez vite quelqu’un me remplacer, je trouve le temps long.
  • Moi, dit Prof, je prépare le calmant.

Quelques minutes plus tard, Joyeux sautait sur Réglisse, son poney, tandis que Gourmand et Dormeur enfourchaient les leurs, Tsoin-tsoin et Praline. Ils foncèrent à bride abattue vers le village. A la grande joie de Gourmand et de Dormeur, ils ne rencontrèrent ni brigands, ni ogres, ni goules, ni même des loups. Pour une fois, Dormeur ne s’endormit pas sur sa selle, tant il craignait d’être jeté en pâture à la première saleté rencontrée. Il faut dire que Joyeux qui chevauchait en tête leur avait annoncé qu’il ne s’arrêterait sous aucun prétexte.

Moins d’un quart d’heure plus tard, ils sortirent de la forêt et, peu après, pénétrèrent en trombe dans le village tandis que sonnait l’angélus. Ils s’engouffrèrent dans l’unique ruelle qui serpentait entre les pauvres habitations de torchis, faisant fuir les enfants du village, les chiens, les chats et la volaille qui couraient aux abris. Derrière eux, s’élevait un énorme nuage de poussière, de poils et de plumes.

Ils étaient en vue de l’officine de l’apothicaire, le père Manganate, quand un bolide surgit en titubant de l’estaminet. Il s’agissait d’un remarquable exemple d’un représentant de l’espèce humaine imbibé de treize degrés supérieur. Des années de boisson avaient stylisé ses formes pour aboutir à deux boules superposées.

La boule supérieure, de la taille d’une citrouille, était d’une couleur à dominante rouge avec de belles variations dans toutes les teintes du vermillon, de l’incarnat, de la pourpre et, bien entendu, de la lie de vin. Pas un cheveu n’ornait le sommet luisant, presque plat. Sous des sourcils broussailleux démesurés, on apercevait à peine les petits yeux en boutons, injectés de sang, enfoncés au fond des replis graisseux.

Dessous, s’étalait un appendice rubicond et bourgeonnant, de la taille d’un gros concombre. Suivait une moustache de phoque, ruisselante de vin rouge, qui pendait sur des lèvres graisseuses. On discernait vaguement ce qui avait été un menton fuyant, dans le bloc de graisse qui reliait le visage couperosé à la sphère inférieure du corps.

Celle-ci, plus énorme, de la taille d’une bonne futaille, confondait thorax et abdomen. Deux membres supérieurs frêles en émergeaient, qui essayaient de boucler un baudrier orné d’un macaron portant les mots : « LE GUET ».

Sous la sphère, deux minces appendices lui servaient de moyen de locomotion. Malgré leur fragilité apparente, ils permirent à l’individu de se déplacer rapidement et de se planter devant les poneys. Il leva le bras gauche en un vague salut romain et, désignant Joyeux avec l’index de la main droite, hurla :

  • HALTE !

Les trois nains tirèrent à mort sur leurs rênes pour tenter d’arrêter leurs montures. Si Réglisse et Tsoin-tsoin y parvinrent, ce ne fut pas le cas de Praline. Dormeur n’avait pas les mêmes réflexes que ses collègues. Praline, après un splendide dérapage incontrôlé, vint donc s’écraser sur Tsoin-tsoin qui percuta Réglisse. Les trois poneys s’écroulèrent les uns sur les autres dans un mélange de corps, de pattes et de nains.

  • Ah, mes gaillards, votre compte est bon. Vitesse excessive en agglomération, chevauchée dangereuse, défaut de maîtrise de monture. Sortez de dessous ces chevaux ridicules, que je vous verbalise.

Après moult efforts, les trois nains parvinrent à se démêler les uns des autres et de leur poney et commencèrent à compter leurs abattis. Par chance, aucune monture n’était blessée et Joyeux n’avait rien. Pour les deux autres, il s’en fichait royalement. Eux, en revanche, étaient bien contents de savoir, qu’à part quelques coups de sabots, ils n’avaient pas trop souffert.

  • Tu pionçais encore, saleté, hurla Joyeux à Dormeur.
  • Je te jure que non.
  • Alors, peux-tu m’expliquer pourquoi nous nous sommes arrêtés sans problème, Gourmand et moi, à la demande de cet aimable représentant de l’ordre, alors que toi, tu es venu t’écraser sur nous. Comment aurais-tu fait, imbécile heureux, pour t’arrêter en notre absence ?
  • Ne détournez pas la conversation, gamins. Approchez et présentez-vous tous les trois.
  • Je ne suis pas un gamin, je suis sans doute plus vieux que vous, répondit Joyeux. Mes deux amis, ici présents, vont se faire un plaisir de vous expliquer ça. Moi je file voir l’apothicaire, il s’agit d’un cas de vie ou de mort. Gourmand, voilà un sol, dit-il en lui lançant une pièce. Amène Messire à l’estaminet avec Dormeur et arrange-moi cette affaire. S’il le faut, on laisse Dormeur en otage.
  • Compris, je vois comment faire. Allons capitaine...
  • Je ne suis que sergent.
  • Ce n’est pas possible ! Avec votre expérience et vos connaissances vous devriez être capitaine. Allons nous mettre à l’ombre dans l’estaminet, ici on risque de mourir de soif. Je vais tout vous expliquer devant quelques setiers, vous verrez, c’est tout simple.
  • Tu as raison jeune homme, attache tes bêtes avant qu’elles ne sèment la terreur à nouveau. Je suis tout disposé à écouter tes explications.

Joyeux n’avait pas attendu la fin de la conversation, il jeta les rênes de Réglisse à Gourmand et courut vers l’échoppe du père Manganate. Quand il arriva, celui-ci était en train de fermer la porte.

  • Ah, il est midi, mon enfant, je vais dîner. Repasse tout à l’heure.
  • S’il vous plaît, maître. C’est pour une urgence. Nous avons recueilli dans la forêt un chevalier de la Table Ronde gravement brûlé. Il est tombé dans de l’eau bouillante. Tout son corps est brûlé. Il faut le sauver à tout prix.
  • Louable pensée mon enfant, le cas est très grave. J’ai un onguent qui peut calmer ses blessures, mais ça ne suffira certainement pas pour guérir le patient. Je veux bien faire une exception pour un noble chevalier et rouvrir mon officine. Tu m’attends, je vais préparer l’onguent. Mais as-tu de quoi payer ?
  • Bien sûr, dit précipitamment Joyeux, et il lui fourra sous le nez la bourse de Prof. Il y a largement de quoi. Et je te paierai le double du prix, en remerciement.
  • C’est bien, tu sais vivre. Ce qu’il faut surtout à ton chevalier, c’est un guérisseur qui lui enlève ses brûlures. D’habitude, ils n’arrivent à enlever qu’une seule brûlure, je ne sais pas si c’est possible sur un corps tout entier.
 La Quête du Saint Graal Tome 1 Chapitre 8
 La Quête du Saint Graal Tome 1 Chapitre 8
  • En connaissez-vous un dans le village ?
  • Il y a la mère Denis, la lavandière.
  • Où puis-je la trouver ? demanda Joyeux qui commençait à avoir des doutes sur l’identité de leur prisonnière.
  • A cette heure, elle doit être à l’estaminet. Ça donne soif de laver.
  • J’y cours.
  • Attends-moi là-bas. Je ne serai pas long.

Aussitôt Joyeux le quitta et pénétra comme une flèche dans l’estaminet. Celui-ci était plein. Il aperçut attablé dans le fond, le sergent et ses deux compagnons. Ils étaient en grande discussion avec un homme d’âge mûr, aux cheveux blonds-gris, assez longs, qui parlait haut et fort.

  • Hé oui, disait-il, il y avait des pommes partout et des casse-croûtes. La mère Denis a ramassé un plein panier de pommes. J’ai pris les jambon-beurre.
  • Excusez-moi de vous interrompre, dit Joyeux en se penchant au-dessus de la table. Est-ce que la mère Denis est dans la salle ?
  • La mère Denis ? Tiens, c’est vrai, dit le sergent, je ne l’ai pas vue.

Il se leva et observa toute la salle.

  • Non, elle n’est pas là. Bizarre, elle est ponctuelle comme la cloche. Dès que l’angélus a fini de sonner, elle arrive et se boit quelques verres de rouge.
  • Où, habite-t-elle, s’il vous plaît ?
  • Et, qu’est-ce que tu veux à la mère Denis, Moussaillon ? demanda l’homme d’un air méfiant.
  • Nous avons recueilli dans la forêt un chevalier qui est grièvement brûlé. Comme il paraît qu’elle enlève les brûlures, je veux lui demander si elle peut venir le soigner.
  • Je l’ai vue ce matin, p’tit gars, mais depuis non. On va envoyer un gosse chez elle, voir si elle y est et un autre au lavoir. T’as des pièces à leur filer ? Ils iront encore plus vite.
  • Bien sûr.

L’homme se leva, siffla deux gamins et transmit l’ordre. Les deux mouflets, tout heureux, filèrent comme des lapins.

  • Comment vous remercier Messire ?
  • Appelle-moi amiral, Moussaillon. J’navigue plus très souvent à mon âge, mais j’suis encore l’amiral Kerbauzon. J’rends toujours service aux bâtiments en détresse. Aux terriens parfois, si j’suis bien luné. Mais à toi, ça va te coûter quelques setiers. TAVERNIER, A BOIRE ! hurla-t-il.
  • Autre chose, demanda Joyeux à Gourmand, as-tu réglé l’affaire avec le sergent ?
  • Oui, c’est fait. Il a admis que les poules et les canards nous avaient attaqués sans raison. Tu dois simplement faire un don pour les veuves et les orphelins du guet.
  • Y a-t-il beaucoup de veuves et d’orphelins du guet au village ?
  • Non, pas encore, répondit le sergent, mais on ne sait jamais. Comme je suis marié et que j’ai six enfants, un don de sept sous d’or serait le bienvenu.
  • Glups, répondit Joyeux, Prof va apprécier.

Il compta néanmoins sept pièces d’or au sergent qui les glissa dans sa propre bourse en souriant.

  • Tu es généreux, Messire, tu seras toujours le bienvenu au village.
  • Oui, mais la prochaine fois, j’attacherai mon poney à l’entrée. Ce sera plus économique.
  • Peut-être jeune homme, mais les taxes de stationnement ne sont pas données. Viens d’abord me voir, nous en discuterons.
  • Bon, Joyeux, maintenant que c’est réglé, il faut que tu apprennes ce que l’amiral nous a raconté avant que tu arrives.
  • Ah oui. Quoi ?
  • Je m’en vais te le dire, moussaillon. Mais, c’est marée basse maintenant, il faudrait se remettre à flot.
  • Prof va gueuler en voyant le fond de sa bourse. Mais allons-y. Tavernier !
  • Pas comme ça, Moussaillon, il est sourd. TAVERNIER ! UN SETIER POUR CHACUN.
  • Il faudrait peut-être aussi quelque chose à grignoter, proposa Gourmand. C’est plus sain de croquer quelque chose quand on boit.
  • T’as raison, Moussaillon. TAVERNIER ! UN JAMBON, DU FROMAGE ET UNE MICHE.
  • Glups. Il est cher le vin ici ?
  • Pas trop, un as de bronze le setier.
  • Ouf. Ils font des réductions quand on achète une amphore ?
  • Bien sûr, moussaillon. Si tu veux, on peut commander un tonneau, c’est encore plus économique.
  • Non, ça ira. Et le jambon, c’est cher ?
  • Oh, moussaillon, tu veux mon histoire, ou lire la carte ?
  • Non, non, je verrai bien. Contez-moi votre histoire, amiral.
  • Comme je l’ai dit à tes collègues et au sergent, ce matin, juste avant le lever du soleil, j’étions sorti dans le jardin pour pisser un p’tit peu. Faut dire que maintenant j’pisse beaucoup plus souvent qu’autrefois. J’sais pas pourquoé.
  • C’est normal, dit Dormeur, c’est l’âge.
  • Nom de Diou ! Y s’fout d’ma gueule maintenant ! J’suis un vieillard, p’tête ?
  • Dormeur, rendors-toi au lieu de dire des bêtises qui peuvent énerver l’amiral.
  • Bien dit, p’tit gars, donc j’étais en train de sacrifier à la nature…
  • Qui c’est nature ?
  • Dormeur, puisque tu ne dors pas, va garder les poneys.
  • Ce n’est pas la peine, je les ai confiés à trois gamins.
  • J’espère qu’ils sont honnêtes, sinon je t’empêche de dormir pendant une semaine.
  • Bon, je vais les voir un instant.
  • Vous pouvez y aller amiral, il ne nous embêtera plus.
  • Les setiers, c’est pour qui ? demanda l’aubergiste qui apportait la commande.
  • Ici. Mets-les sur la table, on se servira, répondit l’amiral.
  • Bien, j’apporte le reste.
  • Si tu as aussi du saucisson, tu peux le porter, intervint Gourmand.
  • C’est pas facile de parler avec vos deux collègues, fit remarquer l’amiral.
  • Je pense aussi qu’ils ont dû boire quelques urnes tout à l’heure. Ça délie les langues.
  • Ça c’est vrai, intervint le sergent, moi qui vous parle, quand il m’arrive, exceptionnellement d’avoir un coup dans le nez...
  • Ta gueule, tu vois pas que je parle à Messire le nain qui, lui, respecte ceux qui parlent. Bon sang, je continue. Je disais donc que j’avais à peine commencé, quand passe au-dessus de ma tête, à très basse altitude, une sorcière sur son balai. J’lai pas vue, mais j’connais bien ce bruit-là.
  • Ah, oui, comment tu fais ? demanda le sergent.
  • J’ai vécu suffisamment de temps à côté de Landivisiau pour reconnaître un bruit de balai, surtout en rase-mottes. Là-bas, il y en a un gros repaire. Tous les jours que Dieu fait, il fallait supporter le bruit de leurs décollages et de leurs atterrissages. Aussi, on n'interrompt pas un homme d’expérience, surtout un amiral, seul maître à bord après Dieu.
  • Mais on n’est pas à bord, ici, insista le sergent.
  • Il commence à m’énerver le sergot. On n’est pas dehors ici. Cré vingt dieux. Donc on est à bord. Mais toi, tu vas dehors, tu commences à me courir sur la grand vergue.

Et Kerbauzon se leva, attrapa le sergent par le col et le jeta dans la rue.

  • Voilà. Maintenant, rends-toi utile, tu gardes les Poneys des trois nabots et tu empêches l’autre zigoto qui dit que des bêtises de rentrer. Tu dois faire respecter l’ordre dans le village. T’es payé pour ça, pas pour boire un coup aux frais des contribuables. Toi, dit-il à Gourmand, tu bouffes, tu bois, mais tu fermes ta gueule. Je parle à Messire. Compris ?
  • MMFF, répondit Gourmand.
  • Donc, alerté par le bruit, je sors du jardin et, qu’est-ce que je vois ?
  • J’allais vous le demander, mais je n’osais pas.
  • T’es un brave p’tit gars, t’aurais mérité d’être moussaillon sur un de mes bâtiments. Mais t’aurais dû te raser. C’est pas normal un mousse barbu. Donc, je vois des lumières, à la lisière de la forêt, à ras de mon verger. Et tu sais ce que c’est, moussaillon, des lumières dans un champ, quand les sorcières volent ?
  • Ben, non.
  • Un terrain d’atterrissage pour sorcières. Certaines sont à terre, elles allument des lampes et elles guident leurs congénères vers le terrain pour qu’elles se posent. Ça m’a étonné, parce que j’ai pas souvenance que les sorcières fassent des sabbats maintenant et elles ne viennent jamais sur mes terres. Elles en ont fait un grand pour la Saint-Jean et elles étaient dans le champ du père Le Duff. Sacré Le Duff, un brave gars, toujours par monts et par vaux, et une p’tite femme toute mignonne. J’te raconte pas.
  • Dommage. J’aurais bien aimé que tu me racontes.
  • Une autre fois p’tit gars. Le père Le Duff est dans la salle. On n’est jamais trop prudent. Ça évite les coups de fourche dans le dos à la nuit tombante. Si tu vois ce que j’veux dire.
  • Pardon amiral, l’interrompit une petite voix. La mère Denis l’est pas chez elle à c’teure.
  • Merci Moussaillon. Le p’tit barbu va te bailler une pièce pour la peine.
  • Attrape petit, lui dit Joyeux, en lui lançant un as.
  • Merci, p’tit barbu.
  • Ah, ces mômes. Tiens voilà le père Manganate. Il vient vers nous. C’est peut-être pour toi.
  • Oui, je lui ai commandé un onguent.
  • Tiens Messire, voilà ta commande, dit l’apothicaire en lui tendant une fiole. Passe doucement sur le corps, sans appuyer, plusieurs fois par jour.
  • Mais, il n’y en aura jamais assez. Il est grand le chevalier.
  • Ecoute, je n’avais pas le temps de lui en faire une urne. Prends déjà ça et repasse me voir après les vêpres, tu en auras pour plusieurs jours.
  • Vous ne pouvez pas me livrer ?
  • Dans la forêt ? Tu es fou jeune homme. Non, repasse ce tantôt et règle-moi le tout d’avance. Ça fera deux sous.
  • Je vous en donne un maintenant et le reste à la livraison.
  • A ce que je vois la confiance règne ! En outre, tu m’avais dit que tu paierais le double du prix.
  • Je n’ai pas menti, vous aurez la somme convenue plus tard, quand j’aurai le tout. Mon papa m’a toujours appris à régler la somme convenue, mais seulement à la livraison complète. Je m’en suis toujours bien trouvé. A plus tard donc et encore merci.
  • Au revoir, marmonna l’apothicaire en partant.
  • Tu sais que t’es point sot mon gars. Tu l’as couillonné le potard. Bon continuons…
  • Pardon amiral, l’interrompit à nouveau une petite voix. La mère Denis l’est pas au lavouére à c’teure.
  • Tiens, attrape p’tit, lui répondit Joyeux en lui lançant une pièce.
  • T’en auras assez ? lui demanda Gourmand.
  • T’occupe, tais-toi et bâfre.
  • Ce que je disais, c’était pour t’aider. C’est quand même l’argent de la communauté.
  • Je me demande quand même ousse qu’elle est la mère Denis, c’est pas normal, dit l’amiral l’air inquiet.
  • Je crois que je commence à savoir dit Joyeux. Continuez, on verra.
  • Où j’en étais avec tout ça.
  • Vous aviez entendu un balai de sorcière vous survoler et vous aviez vu des lumières à côté de votre verger.
  • Merci, dit l’amiral en se resservant. Donc, j’voyons pas bien à c’teure. Y faisait noir. Mais j’ai entendu un grand boum qui venait de là-bas. J’ai couru m’habiller, j’ai pris une hache et je me suis dirigé vers mon verger. Je me suis approché à une cinquantaine de pas en faisant bien attention à pas me faire voir. Le jour se levait, alors j’ai vu un dragon qui a pris dans ses griffes une sorcière et qui s’est envolé. Il est parti vers le soleil levant. Et je ne l’ai plus revu. Là où le dragon s’était envolé, il y avait deux grosses boules, de trois ou quatre pieds de haut qui bougeaient. Puis les boules sont parties dans la forêt en courant.
  • Des goulottes, intervint Joyeux.
  • Des quoi ?
  • Des goulottes, des petites goules. Quand elles sont petites, elles sont toutes rondes, on voit à peine leurs mains et leurs pieds. Les yeux sont en haut de la boule et la bouche au milieu. De vraies saletés. Une goulotte de trois pieds de haut est capable d’avaler un nain d’une bouchée.
  • Et un homme ?
  • Elle lui arracherait une jambe sans problème.
  • Heureusement qu’elles m’ont pas vu. Je suis resté quelques minutes sans bouger, alors la mère Denis est arrivée. Elle aussi avait entendu le bruit. On est allé tous les deux là où s’était posé le dragon. On a vu ses traces de pas et une grande traînée de dix pas environ comme si quelqu’un avait labouré le sol avec ses pieds. Et il y avait des pommes partout. La mère Denis en a ramassé un plein panier. Moi j’en ai juste croqué une, elle était amère. J’ai tout recraché. Il y avait aussi des casse-croûtes au jambon, excellents, avec du beurre et des cornichons. Ensuite, je suis rentré chez moi.
  • Et la mère Denis ?
  • Elle m’a dit que puisqu’elle était près de la forêt et qu’il était tôt, elle allait chercher des fraises des bois.
  • T’as entendu ça, Joyeux ? dit Gourmand.
  • Oui, c’est bien ce que je pense.
  • Et qu’est-ce que tu penses p’tit gars ?
  • Je pense que nous, ce matin, on a vu la mère Denis avec son panier de pommes et on a cru que c’était cette cochonnerie de sorcière qui venait empoisonner Blanche Neige.
  • Qu’est-ce que tu me racontes, moussaillon. La princesse Blanche Neige est morte depuis près d’un an.
  • Zut, j’ai trop parlé. Il faudra jurer amiral de n’en parler à personne. Cette saloperie de reine a voulu faire tuer Blanche Neige, l’an passé. Heureusement, celui qui devait la tuer ne l’a pas fait. Depuis, nous la cachons loin de la reine. Mais nous savions, grâce au chevalier, que la reine, qui est sorcière, viendrait l’empoisonner. C’est pourquoi, ce matin, nous avons sauté sur la mère Denis et la gardons prisonnière.
  • Il faudrait être sûr que c’est bien la mère Denis que vous avez, moussaillons. Si c’est l’autre saleté, il ne faut pas la relâcher et l’éliminer. J’ai encore sur le cœur mon dernier contrôle fiscal.
  • Oui, mais comment en être sûr ?
  • C’est pas difficile, je t’accompagne chez toi et je te le dirai.
  • Grand merci, amiral.
  • Bon, tu payes ta note moussaillon, je passe chez moi prendre ma charrette et je te suis.
  • Mais, on va se traîner avec votre charrette.
  • Commande deux setiers de cervoise et tu verras.

Quelques minutes plus tard, l’amiral était de retour aux rênes d’une splendide charrette tirée par un magnifique cheval noir.

  • T’as la cervoise, Moussaillon ?
  • Oui, amiral.
  • Donnes-en au cheval. Je te le présente, il s’appelle Tonnerre. J’lai acheté c’te année au marché de Brest.
  • Un joli nom.
  • Et tu vas voir à quelle vitesse il galope. Allez, sers-le. Vous autres, montez en selle et soyez prêts à lui montrer la route.

Joyeux versa les setiers de cervoise dans un seau et présenta celui-ci au cheval. En dix secondes, le seau était vide et le cheval piétinait des quatre fers. Joyeux monta en selle sur son poney et cria :

  • En avant.

Le démarrage fut foudroyant, les poneys pourtant nerveux et peu chargés faillirent se laisser distancer par la charrette emballée. Le sergent, qui traînait bêtement au milieu de la chaussée, eut la chance de rouler devant le cheval, ce qui lui sauva la vie, mais plusieurs poules trépassèrent sous les sabots et les roues de cette cavalcade insensée.

Le retour ne fut qu’une simple formalité, les milles avalés comme par enchantement succédèrent aux milles et ils furent bientôt arrivés. Dormeur descendit de poney et avoua :

  • Je ne me suis pas ennuyé, c’était intéressant, mais cela ne permet pas de se reposer.
  • Gourmand et Dormeur, commanda Joyeux. Menez l’amiral à l’écurie et montrez-lui la vieille. Moi je porte cette fiole à Galaad.

Il était à peine arrivé dans la chambre où reposait le chevalier qu’il entendit Gourmand crier depuis les écuries :

  • C’était une erreur judiciaire !

Et l’on entendit un merle qui sifflait :

  • Il y a bien une mère Denis au village, mais elle est partie en forêt ce matin.
 La Quête du Saint Graal Tome 1 Chapitre 8

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