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Littérature


Pâris retrouve ses parents

Publié par François d'Auberoche sur 4 Avril 2013, 14:11pm

Entouré par son papa, sa maman et sa grande sœur, Pâris était couvert de baisers et c’est avec regret qu’il vit partir les dieux qui lui firent au revoir de la main.
Heureusement pour son moral, la déesse, dont il aurait préféré les étreintes à celles de sa famille, lui dit en pensée :
- A bientôt Pâris, nous allons nous revoir et je serai à tes côtés pour t’aider.
Arriva son grand frère Hector qui l’étreignit et le félicita :
- Bravo frérot ! Non seulement tu t’es débrouillé comme un chef pour survivre tout seul dans la montagne pendant vingt ans, mais tu as gagné ces jeux. Arrive Déiphobe, viens voir ton petit frère !
- Ve l’ai affez vu, fe falaud. Il m’a caffé ou hes mes hents.
- Et ce n’est pas toi qui as commencé à lui filer un croche-pattes ?
- Fi, mais lui y m’a filé un héchant houp de houclier hans la heule !
- Excuse-moi, Déiphobe, dit Pâris, mon bras est parti tout seul, c’est trop lourd à tenir ces boucliers. J’ai lâché.
- Tu vois, dit Hector, il ne l’a pas fait exprès. Il s’excuse.
- Voui, hais he hehais obligé de houffer de la houillie !
- On va te les replanter tes quenottes, dit Hector. Tu les a toutes ?
- Voui, ve clois.
- Viens avec moi, en quelques coups de marteau, ce sera réparé.
Pendant qu’Hector procédait à une délicate opération d’implantologie dentaire, à grand coups de maillet pour aller plus vite, Pâris eut la désagréable mission de seconder Priam à égorger une biche en hommage à Apollon, animal qui serait servi au banquet de clôture des jeux qui aurait lieu le soir même.
Il fut heureux de pouvoir, ensuite, se plonger dans un bain chaud pour se débarrasser de tout ce sang et se faire masser par un géant aussi monstrueux que celui qu’il avait combattu à la lutte. Après que ce dernier lui eut bien étiré la colonne vertébrale en marchant dessus et en lui faisant connaître le délicat massage avec les orteils, il fut enchanté de constater qu’il n’était pas tétraplégique et pouvait tenir sur ses jambes.
Une jeune et belle esclave le sécha avec une douce serviette et l’aida à mettre un chiton. Puis il gagna le mégaron où se tenait le banquet. C’était une vaste salle de 40 mètres de long sur 15 mètres de large. Des banquettes étaient disposées en U tout autour de la pièce, face à des tables où des oenochoés, des hydries, des kylix et des assiettes en céramique attendaient les convives. Toutes ces pièces étaient sobrement décorées de lignes simples, les assiettes, elles, étaient pleines d’olives, de fromage, de petits poulpes grillés et autres mézès qu’il ne connaissait pas. Cassandre l’appela :
- Viens ici Pâris ! On va se mettre ici. Je te protégerai des radotages des parents et Hector se mettra de l’autre côté pour te protéger de Déiphobe. C’est bizarre, on dirait qu’il a une dent contre toi.
- Je ne comprends pas, maintenant il ne devrait plus, répondit-il en souriant.
A cet instant arriva Hector suivi de Déiphobe. Ce dernier faisait manifestement la gueule. Cassandre lui demanda :
- Alors, cette opération s’est bien passée ?
- Mmm, répondit Déiphobe la bouche fermée.
- Non, ajouta Hector. J’ai réussi pour les canines et les molaires, mais les incisives n’ont pas tenu. Les trous ne sont pas assez profonds et Déiphobe n’a pas voulu que je creuse dans sa mâchoire.
- Zut, s’exclama Cassandre. Pour sourire ça ne va pas être génial.
- Ni pour manger, ajouta Hector. Je pense à un moyen pour les faire tenir en les accrochant aux autres dents.
- Avec quoi, demanda Pâris.
- Avec des fils d’or. Je vais attendre que ce soit bien cicatrisé et j’essaierai. Mais pour l’ambassade c’est râpé. Je vais prévenir Papa. Il faut qu’il envoie quelqu’un d’autre.
- Quelle ambassade ? demanda Cassandre.
- Papa voulait envoyer Déiphobe à Sparte pour conclure un accord commercial. Moi je ne veux pas y aller, Andromaque est sur le point d’accoucher. C’est notre premier je veux être là.
Pâris, qui n’était pas bête, saisit la balle au bond.
- Je peux y aller à sa place, c’est ma faute si Déiphobe ne peut pas s’y rendre. Il reste, tu le soignes, tu t’occupes de ta femme et moi je répare les pots cassés.
- NON ! cria Cassandre, ce serait terrible !

Archer troyen dit « Pâris », sculpture du fronton ouest du temple d'Aphaïa, v. 505-500 av. J.-C., Glyptothèque de Munich

Archer troyen dit « Pâris », sculpture du fronton ouest du temple d'Aphaïa, v. 505-500 av. J.-C., Glyptothèque de Munich

Une beau chant de Μάνος Χατζιδάκις / Mános Hadjidákis vous est offert en plus : Μίλησέ μου / milissè mou Parle-moi !

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