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Littérature


Liane de Pougy

Publié par François d'Auberoche sur 25 Avril 2013, 11:37am

Née à La Flèche (Sarthe) le 2 juillet 1869 et morte à Lausanne (Suisse) le 26 décembre 1950.

Fille de l’officier Pierre Chassaigne et de Marie Aimée Lopez, Anne-Marie Chassaigne reçoit l'éducation d'une jeune fille de son milieu au couvent de Sainte-Anne-d'Auray dans le Morbihan. Elle est également mariée très tôt à un officier, le lieutenant de vaisseau Joseph Armand Henri Pourpe. Celui-ci se révèle un homme violent. Il la frappe et ses coups laissent à sa ravissante épouse des cicatrices qu'elle conservera toute sa vie. Au cœur de cet enfer conjugal, Anne-Marie donne le jour à un fils prénommé Marc Marie Edmond Armand. Né en 1887 et devenu l'un des premiers pilotes d'avion, il mourra prématurément au champ d'honneur en décembre 1914. Après deux ans de mauvais traitements, Anne-Marie s'enfuit, s'installe à Paris et demande le divorce, au scandale de sa famille. Elle a 19 ans.

Elle rencontre Henri Meilhac, auteur dramatique à succès septuagénaire mais amateur de jolies femmes, qui succombe à son charme et la lance dans le monde du théâtre en la faisant engager aux Folies Bergère. Anne-Marie prend des leçons de danse sous la direction de Mariquita. Sous le pseudonyme de Liane de Pougy, elle commence alors une carrière de danseuse de cabaret ce qui revient à se lancer dans la courtisanerie. Elle se lie d'amitié avec Sarah Bernhardt qui lui donne quelques courts d'art dramatique et lui fait comprendre qu'elle n'a aucun talent dans ce domaine. Elle révélera plus tard un certain don pour l'écriture. Ouvertement bisexuelle, elle a des amants des deux sexes qui la couvrent de bijoux et lui offrent des équipages et le luxueux "nécessaire" à la vie d'une courtisane d'alors. Sa rivalité avec la Belle Otero contribue à la célébrité de l'une comme de l'autre. Le guide Paris-Parisien la considère bientôt comme une « notoriété de la vie parisienne ». L'édition de 1896 la décrit comme une « demi-mondaine connue pour ses beaux bijoux » : celle de 1899, comme une « demi-mondaine connue pour ses ventes, son suicide, ses essais littéraires et dramatiques ».

La même année, Liane, qui, à 30 ans, a tous les hommes à ses pieds, rencontre l'amour de sa vie, l'écrivain d'origine américaine Natalie Clifford Barney (1876-1872). Celle-ci se présente chez Liane déguisée en "page de l'amour" et Liane, touchée par tant de fraicheur et de spontanéité, se prend d'une réelle affection pour la jeune femme. Leur liaison qui ne dure qu'une année défraie la chronique, mais Natalie est rapidement infidèle et vit une liaison avec la poétesse Renée Vivien. Liane raconte cette expérience dans un livre intitulé Idylle saphique (1901). Présenté comme un roman, le livre à la réputation sulfureuse est un grand succès de librairie.

En 1910, alors au sommet de sa carrière, Liane de Pougy, quadragénaire, rencontre le prince Georges Ghika, d'origine roumaine, de quinze ans son cadet, très noble mais fort désargenté, qui l'épouse. Le mariage est parfaitement heureux durant seize ans, jusqu'à ce que Georges quitte Liane pour une femme plus jeune. Pour se consoler, la princesse prend plusieurs amantes. Le prince finit par lui revenir, mais leur relation devient difficile et chaotique.

En 1928, la princesse Ghika se lie d'amitié avec la mère supérieure de l'asile Sainte-Agnès à Saint-Martin-le-Vinoux près de Grenoble. Elle récupère auprès de ses amis parisiens des fonds pour l'entretien des pensionnaires de cet institut auquel elle demeure très attachée par la suite et exprime le désir d'y être inhumée. Après la mort du prince, vers 1945, la princesse septuagénaire entre comme novice dans le Tiers-Ordre de Saint-Dominique. Elle se repent et abjure sa vie dissolue. Elle finit sa vie dans la prière à Lausanne.

« Elle est morte à quatre-vingt-deux ans, gardant sur son visage et dans son regard admirable les signes encore visibles de sa beauté passée. Elle avait souhaité de mourir un soir de Noël ; la divine Providence a exaucé ce vœu. Elle avait désiré que nul ne suivît le cercueil de celle qui n'entendait plus être que Anne-Marie-Madeleine de la Pénitence. Cette dépouille terrestre tant vantée, tant aimée, s'en alla solitaire. Liane de Pougy était bien morte. »

Carte postale de l'époque la représentant avec un diadème d'or.

Carte postale de l'époque la représentant avec un diadème d'or.

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