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Littérature


La Quête du Saint Graal Chapitre 10

Publié par François d'Auberoche sur 17 Novembre 2014, 06:30am

La Quête du Saint Graal Chapitre 10

Où l’on prendra un petit en-cas et où l’on verra le peu d’efficacité des talents de Blanche Neige et d’une guérisseuse par rapport à un simple morceau d’acier.

La mère Denis était penchée sur Galaad et l’examinait. Brave femme, elle acceptait les explications gênées des nains et leur avait pardonné. Maintenant, elle ne se souciait que de la santé du bel héros de Blanche Neige, cette si gentille jeune fille.

  • Ce sera difficile. Il est complètement brûlé de partout et risque d’y passer avant demain. Je vais déjà tenter de sauver son cœur. Mais je ne peux pas tout faire aujourd’hui, c’est au-dessus de mes forces. S’il est fort et si je récupère vite, on le sauvera petit bout par petit bout. Mais ce sera très long.
  • Ce n'est pas vrai, pleurnicha Blanche Neige. C’est un héros, il ne peut pas mourir.
  • Mais si, ma petite, comme tout le monde. Des fois, plus vite, des fois, plus lentement. C’est la vie. Bon, moi avant d’attaquer, j’ai besoin de prendre des forces. Y a-t-il de quoi manger ici ?
  • Sans problème, répondit Gourmand. Que vous faut-il ?
  • Ben, on a passé midi depuis longtemps, j’ai une faim de loup et une soif d’enfer. Amenez-moi n’importe quoi, du moment que c’est solide et liquide, sauf de l’herbe et de l’eau.
  • Suivez-moi, dit Gourmand, vous serez mieux à table. Que penseriez-vous d’un setier de Brouilly ? Il nous en reste encore, vous le dégusterez pendant que je vous prépare à manger.
  • Je vous suis, dit l’amiral. J’ai le même problème que la mère Denis.
  • Nous aussi, hurlèrent une meute de nains affamés.
  • Comment pouvez-vous penser à manger dans un moment pareil ? pleurnicha Blanche Neige.
  • Toi aussi, dit Prof, tu dois te nourrir pour mieux soigner Galaad.
  • Tout à l’heure ! Je vais lui passer tout de suite le baume que les trois bouffons ont rapporté, je mangerai ensuite.
  • Tiens le voilà, dit Joyeux. Tu dois le passer sur la peau en frottant doucement sans appuyer. J’irai en chercher un autre pot tout à l’heure.

Et tandis que toute l’assistance se dirigeait vers la salle commune, Blanche Neige penchée sur son héros lui passait délicatement la crème sur le visage, espérant le voir guérir miraculeusement. Mais si la forêt de Brocéliande est la forêt de tous les contes, de la magie, des sortilèges et des monstres, elle n’est pas la forêt des miracles.

« Pourtant, pensait Blanche Neige, ici tout est possible. Que puis-je faire pour le sauver ? Il était si beau »

Blanche Neige avait raison d’employer l’imparfait car le spectacle offert par le chevalier était hideux. Imaginez une viande bouillie, à la peau craquelée et boursouflée d’où coulait déjà un pus jaunâtre, voyez des cheveux partant par touffes entières montrant un crâne crevassé, un nez dont la chair partait au rythme de son souffle. Bref, notre ami Galaad avait l’air d’un pot au feu trop cuit et n’avait rien pour inspirer l’amour.

Pendant que Blanche Neige se désolait en massant le visage du chevalier, toute l’assemblée avait pris place autour de la table. Joyeux servait à boire, tandis que Gourmand apportait une énorme terrine de lièvre et quelques miches de pain.

  • Ça vous occupera pendant que je m’occupe des plats de résistance, annonça-t-il, avant de retourner en cuisine.

Il revint aussitôt avec quelques jambons, des saucissons, des andouilles, d’autres terrines et des truites fumées. « De quoi attendre, le civet de sanglier ! » précisa Gourmand qui revint vite avec une omelette aux cèpes de trente-six œufs et annonça que douze poulets étaient en train de rôtir et précéderait le civet. Après le sanglier, un peu petit pour toute l’assemblée, il proposa un joli quartier de bœuf, suivi par quelques carpes, une gigue de chevreuil, et treize douzaines de cailles. Il proposa ensuite des côtelettes d’agneau.

  • Il en faudra une bonne demi-douzaine par personne, dit l’amiral.
  • Sans problème, répondit Gourmand.
  • Et ensuite ? demanda la mère Denis.
  • Ben là, il ne me restera plus grand-chose, une roue de gruyère, une dizaine de camemberts, autant de fromages de chèvres, j’ai aussi trois ou quatre Maroilles et quelques fromages d’Epoisses. Je n’aurai pas le temps de vous faire un gâteau pour finir, mais il y a les pommes de la mère Denis.
  • Ouais, ça sera juste un p’tit en-cas, mais à la guerre comme à la guerre, moussaillon.
  • Ça ira, mère Denis ?
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